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Sommaire
  • La Chronique Agora

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    • Mensonges statistiques sur le chômage et l'inflation US - 06/05/2011

      ▪ "Un taux de chômage à 9% est un mensonge statistique". Voilà un titre assez accrocheur. Etant donné que je suis méfiant de nature, et que je soupçonne la traîtrise et la trahison à tous les coins de rue, je me propose naturellement de me pencher sur cette affirmation pour confirmer mes pires soupçons.

      La mauvaise nouvelle est que c'est en effet une donnée qui fait peur ! Greg Hunter de Etats-UnisWatchdog.com affirme dans un article que, selon John Williams de ShadowStats.com, "si le chômage était calculé de la façon dont le Bureau of Labor Statistics (le Bureau américain des statistiques du travail) le faisait avant 1994, le véritable taux de chômage serait de 22,2%".

      La perspective que plus d'un cinquième de la population active est inactive est assez effrayante. Mais l'inflation des prix à la consommation l'est encore plus, en particulier pour les uns inactifs sur cinq susmentionnés. Et tandis que Michael Pento d'Euro Pacific Capital ne mentionne pas les chômeurs ni leur situation critique face à l'inflation des prix, il remarque : "selon l'analyse économique actuelle, l'inflation est en grande partie quelque chose de subjectif et selon le point de vue choisi, des histoires très différentes apparaissent".

      A ce moment-là je pensais qu'il mentionnerait les chômeurs, ou les pauvres, et leurs difficultés à payer des prix plus élevés sans aucun revenu. Mais il ne l'a pas fait.

      ________________________

      PRET POUR L'ONDE DE CHOC ?
      Ça vaudrait mieux pour votre portefeuille, en tout cas, puisqu'elle pourrait vous rapporter des gains de l'ordre de 28% en moins de trois jours... 24% en 48 heures... 20% en huit jours... 25% en trois jours... et encore 22% en trois jours.

      Toutes ces plus-values ont été engrangées depuis la mi-avril -- mais comment ?
      Toutes les réponses sont ici...

      ________________________

      Au lieu de cela, il a observé que la situation est pire que je ne le croyais, à cause de la manière dont le gouvernement américain calcule l'inflation. "Aux Etats-Unis", observe-t-il, "la nourriture et les boissons ne représentent que 16,4% du calcul de l'indice des prix à la consommation. Apparemment, les Chinois pensent que les produits de première nécessité devraient représenter plus, allouant une part de 33% aux produits alimentaires. Ces différences de mesure sont en partie responsables du climat d'inflation divergent dans les deux pays et font que la plupart des gens croient que l'inflation est volatile et localisée".

      Elle ne l'est pas et M. Pento le reconnaît. Dans une phrase quasiment poétique il affirme : "de mon point de vue, l'inflation est une vague mondiale qui en fin de compte submergera tous les rivages".

      Je suis certain que M. Pento a raison parce que chaque pays Sur Cette Terre (SCT) est, de façon désespérante, en train de créer encore et encore plus d'argent. Et l'argent trouvera finalement son chemin jusqu'au lieu où il sera le mieux traité et/ou aura les meilleures perspectives ; et dans ce cas, ce lieu, c'est Bob.

      Oups ! Je voulais dire "la Chine". Désolé ! Bob est juste un type qui appartient à mon sombre passé et qui a mieux traité ma petite amie que moi. De façon inattendue, elle m'a quitté pour s'enfuir avec lui. Tout ça pour vous dire que l'argent va là où il est le mieux traité, lui aussi. Vous pouvez voir à quel point j'ai pu être déconcerté, en colère et j'ai fait le voeu de les retrouver pour leur faire payer le prix terrible leur trahison, un serment que vous aviez presque oublié jusqu'à présent.

      ▪ En parlant de la Chine, Terry Lawrence, rédacteur d'une lettre d'information, nous rappelle qu'Obama est le 44e président des Etats-Unis, et qu'en dialecte cantonais, le chiffre quatre ressemble au mot qui désigne la mort.

      Naturellement, je désapprouve les gens qui ont peur du chiffre quatre. Ils devraient plutôt avoir peur du chiffre 13, en particulier des vendredi 13, comme tout le monde. Ou sinon, ils devraient avoir au moins peur de la création excessive d'argent par le gouvernement parce que cela signifie une telle inflation des prix alimentaires et de l'énergie que les gens finiront par en mourir !

      Au contraire, je n'ai jamais entendu que quelqu'un ait jamais été tué par le chiffre quatre, à moins que ce ne soit à cause d'un chiffre en métal apposé sur un immeuble qui se soit subitement détaché, et qui, en tombant, frappe la tête d'un pauvre type qui marchait sur le trottoir en dessous, le tuant sur le coup. Il y a du sang partout et c'était, j'en tremble d'effroi, le chiffre quatre ! Croyez-le ou pas !

      Apparemment, personne n'a apprécié ma digression ou comment cette histoire atroce d'une étrangeté superstitieuse que je viens de vous raconter est l'un des nombreux mystères de l'univers, y compris comment "en dialecte cantonais, 44 est la double mort".

      A nouveau, j'ouvre une parenthèse pour remarquer que cette "double mort" est déjà connue par tous ceux qui ont deux enfants ! Ha ha ha !

      Bien, personne n'a ri à mon trait d'esprit. C'est pourquoi, pour ajouter un peu de punch à mon discours, j'ai décidé de faire dans le style Las Vegas ! "Et notre malheureux concurrent Louie à une table de craps sur le Glamour Strip de Las Vegas essaie d'impressionner deux belles filles dotées de magnifiques longues jambes en 'faisant huit avec un hard way'. Il affronte la roulette russe de la mort avec une chance sur 36 de tirer un double quatre, tout en risquant la mort à un contre six par tirage d'un craps, tout ça pour gagner un minable enjeu de un pour 10 s'il réussit !  Mais même alors, c'est mieux que la probabilité de la Réserve fédérale de créer de l'inflation dans la masse monétaire sans générer une inflation des prix, pour laquelle les probabilités sont littéralement infiniment proche de zéro !"

      "Et même alors, la probabilité d'éviter la catastrophe est supérieure à celle d'avoir des gosses et espérer ne pas devenir complètement fou ! Ha ha ha !"

      A nouveau, personne n'a ri. Je reconnais que ce n'est pas là mon meilleur niveau mais, de mauvaise humeur, j'ai injustement décidé de les punir tous en ne leur conseillant pas d'acheter de l'or et de l'argent-métal pour se protéger de l'horrible inflation assurée par cette Réserve fédérale Qui Crée Tant d'Argent (QCTA).

      Ainsi, ce sera moi qui rirai le dernier ! Moi ! Ha ha ha ha ! Moi ! Ha ha ha !

      Soudain, je me rends compte : "youpi ! Investir et se venger, c'est facile !"

    • Les riches ont des problèmes - 06/05/2011

      ▪ Nous nous attendons à une phase de vente... soit à la fin du QE2... soit en anticipation. Quand arrivera-t-elle ? Nous n'en savons rien, mais elle ne nous fera pas attendre éternellement.

      En attendant, nous voyons de plus en plus de tirades anti-riches dans la presse. La plupart des gens détestent les riches. Pourquoi pas, après tout ?

      Les riches sont doués pour s'accaparer toutes les bonnes choses de la vie. C'est pour ça qu'ils sont riches, finalement.

      A eux les belles maisons. Les belles voitures. Les belles filles.

      Vous les voyez profiter de la vie en classe affaires, tandis que vous vous faites des courbatures en économie. Vous les voyez ranger leurs Mercedes et leurs Audi dans leurs grands garages, tandis que vous devez vous contenter d'un humble monospace. Leurs épouses ont toujours l'air de sortir d'un institut de beauté...

      Leurs actions grimpent... tandis que vous avez toutes les peines du monde à trouver un travail !

      Les riches apprennent à manipuler le système à leur avantage. C'est comme ça que marchent toujours les choses. L'argent aime le pouvoir. Le pouvoir aime l'argent. En général, ils trouvent le moyen de fonctionner ensemble.

      Les riches gémissent sur la quantité d'impôts qu'ils paient. Ils se lamentent sur les propositions de "ponctionner les riches". Ils râlent au sujet des "distributions" aux zombies. Mais ils ont probablement plus de contrôle qu'il apparaît.

      Prenez Mark Zuckerberg, par exemple, P-DG du site Facebook. Voilà quelqu'un qui dit qu'il serait "OK" si on augmentait ses impôts sur le revenu. Sous cet aspect, il rejoint le choeur constitué de Warren Buffett, Ted Turner et autres bonnes âmes.

      Eh bien, devinez quoi. Vous savez pourquoi une augmentation du taux d'imposition sur les revenus ne les dérange pas ? C'est parce qu'ils sont si riches que l'utilité marginale de l'argent frôle le zéro pour eux. Ils ne remarqueront même pas cette hausse. L'argent compte à peine quand on en a autant qu'eux. C'est comme une boule de neige en plus pour un Esquimau. Ça ne fait aucune différence.

      De toute façon, ils ne paient pas grand-chose en impôts sur le revenu. Leur richesse est généralement en actions. Et la majeure partie de leur argent provient de plus-values boursières, qui ne sont pas taxées comme des revenus normaux.

      ▪ Nous avons vu passer un article de Vanity Fair, il y a quelques semaines. Il expliquait que 1% des ménages américains gagnaient désormais près d'un quart de tous les revenus... et contrôlait 40% de la richesse du pays. Les gens les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 18% au cours de la dernière décennie. Aux niveaux intermédiaires et bas, en revanche, les revenus ont en fait baissé. Un grand nombre des meilleurs emplois sont passés à l'étranger... tandis que le coût de la vie continue de grimper.

      Les riches deviennent plus riches que jamais. Les classes moyennes ont du mal à joindre les deux bouts. Prenez le carburant à 4 $ le gallon. Pour un riche de New York ou San Francisco, ça n'a guère d'importance. Mais c'est quasiment vital pour un fermier d'Alabama ou de Géorgie.

      Si vous êtes riche, faites attention. Parce que tôt ou tard, les foules vont piger ce qui leur est arrivé. Elles vont alors se soulever et vous courir après. Ce ne sera pas joli.

      Les gens vont finir par comprendre comment les choses fonctionnent. Ils verront comment les "riches" -- ou au moins quelques-uns d'entre eux -- ont comploté avec le gouvernement pour dépouiller les classes moyennes et inférieures. Pas exactement intentionnellement. Cela impliquait plus de stupidité que de ruse. Mais voilà ce qui s'est passé.

      Les autorités ont créé le système monétaire basé sur le dollar en 1971. Les gains en termes de salaire ont pris fin trois ans plus tard.

      La Fed a maintenu les taux d'intérêt artificiellement bas... et sapé le pouvoir d'achat du dollar. Il était plus raisonnable de dépenser que d'épargner.

      Cela a érodé les avantages de la construction de capital -- que ce soit sous la forme de machines ou de formation des travailleurs. L'argent facile a dévalorisé le labeur, la patience et l'épargne nécessaires pour créer une industrie à haute valeur ajoutée. Les Américains sont devenus de bons consommateurs, non de bons producteurs. Dans la mesure où ils ne produisaient pas des produits de haute qualité, ils ne pouvaient exiger des salaires élevés. De plus en plus, la main-d'oeuvre est passée à des emplois de service à salaire bas demandant peu de formation et peu d'investissement... tandis que les travailleurs faisaient leurs courses dans des magasins discount.

      Pendant ce temps, les impôts sur les plus-values ont été réduits, et les profits des entreprises ont augmenté à mesure que les emplois étaient délocalisés vers des économies où les salaires étaient moins chers.

      Les classes moyennes et inférieurs ont été prises au piège par la dette, en particulier des prêts hypothécaires subventionnés par le gouvernement fédéral. Les autorités ont ensuite transformé l'industrie financière en gigantesque hedge fund.

      Le génie d'un hedge fund est dû aux mathématiques. Si j'investis votre argent et que je prends 20% des gains, ça ressemble à un accord honnête. Je ne gagne d'argent que si vous en gagnez. Et vous gardez la part du lion. Mais au cours du temps, je finirai par avoir tout votre argent. Parce que vous encaisserez toutes les pertes tandis que je grignote vos gains, année après année.

      Les crédits du secteur financier ont mal tourné ; les autorités sont alors intervenues pour les renflouer. A présent, Wall Street profite de l'existence typique d'un hedge fund : "face, je gagne, pile, tu perds". Le dollar -- tout comme le yen -- est devenu la devise finançant la spéculation partout dans le monde. Si les spéculations se passent bien, le secteur engrange de gigantesques honoraires. Si elles tournent mal, les autorités prêtent encore plus d'argent aux spéculateurs en détresse -- à taux zéro.

      Evidemment, nous prenons toujours le parti du plus faible. En plus, nous avons été riche et nous avons été pauvre. Etre riche n'est pas forcément plus amusant, mais au moins, quand vous êtes faible en plus d'être riche, vous n'avez pas de problèmes d'argent.

    • Les cycles des matières dépendent du dollar - 06/05/2011

      ▪ Les matières à des points hauts historiques
      Vous le savez, les cours des matières premières ont flambé, poussés à la hausse par La Niña et des stocks étroits pour les softs ; et par des fondamentaux porteurs pour les métaux et le brut. Le tout saupoudré d'une bonne dose de spéculation, ce qui a exacerbé les tendances haussières.

      Il fallait bien que les amas d'argent gratuit distribués par le brasseur de dollars (la Fed !) aillent s'investir quelque part. Quand ensuite les autorités de marchés relèvent massivement les appels de marge sur les futures argent, soi-disant pour casser la spéculation, nous nageons en pleine contradiction... pour ne pas dire en plein délire. C'est le côté Jekyll & Hyde des Américains. On ressent cela aussi à chaque fois qu'ils nous disent qu'ils veulent un dollar fort...

      Mais revenons au sujet : la plupart des matières sont revenues à leurs sommets historiques ou les ont dépassés. Et pendant que les matières grimpaient à des niveaux record, le dollar lui, s'enfonçait dans les abysses...

      ▪ Le dollar à des points bas historiques
      Le billet vert s'est enfoncé jusqu'à 1,49 $ pour un euro. Le Dollar Index, qui exprime la valeur du dollar contre un panier de monnaies (yen, livre sterling, euro...) est revenu à son point bas historique de 73. Un support qui pour l'instant résiste.

      Il y a une loi en Bourse qui, de tout temps, a toujours prévalu : après un excès, il y a toujours un retour vers la moyenne. Nous pourrions bien assister un mouvement de balancier de ce type. Au moins temporairement.

      Jekyll & Hyde nous ont poussés vers les extrêmes en "anesthésiant" les investisseurs, le marché pourrait décider unilatéralement de remettre un peu d'ordre dans la maison...
      Surtout que...

      ▪ Les matières premières sont cycliques
      Une année, vous verrez une matière gagner 50% à 100%, et l'année suivante, elle chutera de 25% ou 50%. C'est dans la nature même des matières premières. Et c'est aussi ce qui fait leur intérêt. Nous avons la plupart du temps des directionnels forts dont on peut profiter, tant à la hausse qu'à la baisse.

      Revenons au côté cyclique des matières... Qu'est-ce que cela recouvre au juste ?

      Lorsque les prix sont élevés, les producteurs investiront et produiront plus pour "profiter" des prix élevés. Le surplus d'offre arrivant ainsi sur le marché fait baisser les cours. Et lorsque les prix deviennent trop bas, les producteurs ferment leurs mines qui ne sont plus rentables. Moins de capacité de production = moins d'offre sur le marché, les cours finissent alors par remonter.

      ▪ Haut de cycle ?
      Outre la hausse récente des prix des matières, le marché nous a donné deux signaux allant dans le même sens :
      - l'introduction en Bourse de Glencore, géant des matières ;
      - et le rachat à prix d'or par la minière aurifère Barrick Gold, du producteur de cuivre Equinoxe Ressources.

      Maîtrisez vos émotions ; évitez les sur-réactions
      Dans la situation actuelle :
      - Il ne faut pas être trop confiant. Non, les cours ne montent pas jusqu'au ciel. Que ce soit les commos ou les marchés actions. De même, les cours du dollar ne peuvent pas tomber en ligne droite et sans interruption dans des profondeurs inconnues.
      - Il ne faut pas sur-réagir, tout vendre et partir en courant non plus.

      Nous n'avons pas beaucoup de visibilité sur ce que sera la politique monétaire américaine au second semestre. Mais nous savons que les situations actuelles sont extrêmes. Donc soyons prudents, et préparons-nous.

      L'idée est de glisser d'un cran pour venir s'asseoir sur le siège près de la sortie, au cas où il faudrait sauter de l'avion. Mais pas de sauter de l'avion.

      ▪ La tendance haussière de fond des matières premières reste intacte, mais...
      Mais comme dans toute tendance de fond, aussi solide soit-elle, il y a des corrections temporaires. Nous pourrions assister à l'une d'entre elle.

      Voilà pourquoi je recommande depuis un mois à mes lecteurs :
      - de prendre partiellement des bénéfices sur vos lignes qui offrent de belles plus-values ;
      - de verrouiller vos gains en remontant bien vos stops (à 15%) ;
      - de dégager du cash pour réduire l'exposition au marché et donc votre risque, mais aussi pour avoir de quoi acheter à bon compte le moment venu ;
      - de vous préparer une liste d'actions/titres survalorisés et fragiles à vendre en cas de retournement ;
      - de vous tourner vers le trading qui permet de gagner autant, que les marchés montent OU baissent. Je dirais même qu'ils gagnent plus quand les marchés baissent, car les mouvements de baisse sont plus rapides et violents d'une façon générale.

      En clair et sans décodeur, nous restons bien assis dans l'avion. Mais nous préparons notre parachute de manière à être prêt à le déployer, au cas où. Dit autrement : tant que Jekyll & Hyde nous pilotent vers les extrêmes, attachons nos ceintures et profitons-en !

      [Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises, une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché, ainsi que celui du Forex.]

      Première parution dans l'Edito Matières Premières & Devises le 05/05/2011.

    • Flash krach : un an déjà ! Pour fêter ça, mini-krach des matières premières ! - 06/05/2011

      ▪ Ceux qui lisent les blogs boursiers américains ou qui sont familiers des portails économiques anglo-saxons les plus fréquentés connaissent bien le néologisme permabulls (mot-valise formé des termes permanent et bull, haussier).

      Il désigne ces admirateurs béats de l'entreprise de destruction systématique du dollar par la Fed. Selon eux, cela devrait entraîner une hausse éternelle de la Bourse puisque la seule alternative envisageable consiste à arbitrer massivement les bons du Trésor contre des actions... au prétexte que leur capacité à générer de la valeur depuis deux ans n'est qu'un échantillon de ce qui se profile à l'horizon 2015.

      Plus les catastrophes ou les bouleversements géopolitiques s'accumulent (Fukushima, faillite des Etats, inflation dans les pays émergents, désintégration du monde arabe), plus les actions démontrent leur caractère de refuge inexpugnable pour l'épargne mondiale.

      Les taux se mettent à s'envoler vertigineusement au Brésil, en Russie, en Inde ou en Chine ? Achetez encore plus d'actions. Si elles grimpent encore, c'est que les mauvaises nouvelles sont dans les cours !

      Mieux même : une récession en double creux pourrait se confirmer aux Etats-Unis, comme semblent le démontrer les toutes dernières statistiques. De sorte que la Fed ne devrait pas entretenir très longtemps le mystère sur ses intentions d'étendre indéfiniment son programme de rachat de la dette américaine, sans limite de temps ni de quantité.

      Cette fausse monnaie sapera encore plus profondément la confiance dans le dollar et les T-Bonds. Cela alimentera un transfert historique de liquidités des fonds de retraite vers Wall Street (ou des émissions obligataires du secteur privé au détriment des titres du Trésor US).

      Croulant sous des flots d'argent d'une ampleur jamais observée, en quête de rendement, les entreprises cotées pourront lever en masse tous les fonds qu'elles désirent. Elles pourront investir partout sur la planète sans aucune entrave d'ordre financier et lancer des kyrielles d'OPA.

      Et pourquoi pas acheter des pays entiers (terres et gouvernement), comme le fait la Chine sans même chercher à s'en cacher en Afrique ou en Amérique du Sud ? On peut même citer le sud de l'Europe : Pékin s'est offert le port du Pirée... Ce n'est qu'un début : la Grèce est à vendre ou le sera ouvertement dès que débutera la restructuration de sa dette car ses créanciers se montreront alors moins regardants sur la façon dont Athènes les rembourse.

      ▪ Comme vous le constatez, nous savons notre catéchisme permabull sur le bout des doigts. Nous pourrions même vous en livrer, au risque de vous écoeurer, une version encore plus furieusement optimiste.

      Il nous suffit d'imaginer que le Tea Party et les lobbies ultra-libéraux obtiendront du Congrès US la suppression de tous les programmes sociaux, la privatisation quasi intégrale du système de santé (une administration tentaculaire presque soviétique et budgétivore), l'instauration du laisser-faire intégral en matière de transactions financières.

      De toute façon, la SEC vient de reconnaître ce mardi qu'elle ne dispose pas des moyens d'assurer ses missions. A quoi bon continuer de financer un organisme inutile à force de prouver sa constante inefficacité... Madoff ne vous a pas suffi ?

      La vulgate permabull s'appuie principalement sur le postulat de l'aléa moral. C'est-à-dire la conviction que Ben Bernanke c'est assigné comme mission (et se sent capable) de dominer les cycles économiques comme un bon onduleur régule le courant électrique.

      Il suffit pour cela d'ajouter de l'argent -- peu importe la quantité -- lorsqu'il en est besoin. Ensuite, on éponge les liquidités (n'essayez pas de les convaincre que cela n'arrive jamais) lorsque l'économie repart spontanément sur ses deux jambes.

      Oui, le permabull a bien compris -- à la différence de certains esprits chagrins qui se cramponnent des principes d'un âge révolu -- qu'assigner à une Banque centrale (semi-privée en l'occurrence) la mission de créer de la fausse mornifle, c'est la solution à tous les problèmes et le garant d'une prospérité éternelle des entreprises.

      Si vous refusez d'admettre les bienfaits de la monnaie de singe, vous perdrez tout aussi éternellement de l'argent en ne vous ruant pas vers la Bourse dès que vous percevez votre paye mensuelle.

      ▪ C'est pourquoi Wall Street, malgré un déluge de mauvais indicateurs économiques (ou grâce à eux !), revenait à l'équilibre à la mi-séance hier. Les marchés américains avaient pourtant chuté jeudi matin jusqu'à perdre 1% après deux heures de cotation.

      Mais la lourdeur refaisait surface à deux heures de la clôture. Quand cela commence à partir "dans tous les sens", c'est un signe de nervosité et de remise en cause de la tendance sous-jacente.

      Paris et les places européennes ont, il est vrai, limité la casse, avec un repli moyen inférieur à 1% (-0,95%). C'est tout de même une troisième séance de repli consécutive : la correction ramène le CAC 40 au contact du seuil des 4 000 (alors qu'il culminait encore vers 4 115 points hier midi) -- c'est-à-dire sur ses niveaux du 20 avril dernier.

      Les détenteurs d'actions s'en tirent donc à peu près bien. Ce n'est pas le cas de ceux qui spéculaient contre le dollar car l'euro rechutait jeudi soir de 2% vers 1,4550 $. Certains appels de marge vont faire très mal, mais il y a encore plus violent, attendez de lire la suite !

      ▪ L'écart le plus spectaculaire concerne le pétrole avec une chute de 8% vers 100,5 $, et même 100,4 $ au plus bas du jour. Le baril avait ricoché lundi sous les 115 $ sur le NYMEX : voilà qui commence à ressembler à l'éclatement d'une bulle.

      Aucune matière première n'est épargnée, et pas davantage les métaux précieux. L'or chute de 2,5% à 1 475 $. L'argent-métal a pour sa part perdu 8% à 36 $ l'once après un second relèvement des deposits à Chicago.

      Ceux qui connaissent par coeur le film Le sucre se souviennent de cette célèbre réplique de Michel Piccoli voyant affluer des boursicoteurs frénétiques : "lundi, on tire la trappe !"

      Il a fallu que les derniers acheteurs se fassent découper à la tronçonneuse pour que les matières premières commencent à faire part de leurs interrogations sur la fragilité apparente de la croissance, la vigueur de la demande, le caractère indésirable des pressions inflationnistes et l'attitude divergente des banques centrales de part et d'autre de l'Atlantique.

      La BCE a laissé comme prévu inchangé son taux directeur à 1,25%. Cependant, si le communiqué final lu par Jean-Claude Trichet fait bien référence à une inflation durablement installée au-dessus des objectifs, il ne contient pas la formule clé -- "forte vigilance" -- qui préfigure chaque mouvement de hausse des taux.

      Cela incite les cambistes à supposer que la BCE pourrait attendre que la Fed agisse à son tour avant de donner un second tour de vis (le consensus tablerait sur début juillet). Il en résulte une rechute de 1,5% de l'euro (qui aura donc frôlé les 1,50 $ à 0,5% près la veille) sous le palier des 1,46 face au dollar.

      L'autre information clé du jour, ce fut la troisième hausse consécutive du nombre d'inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis. Le score de la dernière semaine d'avril (+43 000 à 474 000) a laissé les marchés pantois. Ils anticipaient en effet une contraction de 25 000, alors que le nombre total de chômeurs indemnisés repasse de 3,6 à 3,7 millions, au lieu de se stabiliser. Belle entrée en matière pour les statistiques de l'emploi publiées ce vendredi !

      ▪ Mais l'échec définitif de l'assouplissement quantitatif, l'opium des permabulls, est gravé dans la pierre tombale de l'immobilier. Le rapport de Clear Capital publié hier montre que le prix des logements vient de rechuter sous son précédent plancher historique de mars 2009.

      La chute sur les 12 derniers mois est de 5%, ce qui n'est déjà pas brillant. Et la dégringolade atteint en fait 11% sur les neuf derniers mois, c'est-à-dire très précisément depuis que les marchés ont commencé à anticiper la mise en oeuvre du QE2 par la Fed. Ce sont de nouveau plus de 25% des acquéreurs qui perdent de l'argent sur leur maison. Vertigineux !

      Quelle note accorderiez-vous au bilan de la Fed, qui se compose aujourd'hui à 70% de créances immobilières douteuses provenant des banques ou des organismes hypothécaires parapublics (et désormais nationalisés) ?

      Quelle chance donnez-vous aux permabulls de ne pas se faire hacher menu lorsque la méga-bulle d'actifs actuelle aura fini d'éclater, désintégrant l'argent fictif injecté par la Fed depuis deux ans ?

       

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    • La reprise née du QE2 pourrait vite se transformer en crise économique - 05/05/2011

      ▪ Il ne s'est pas passé grand-chose sur les marchés cette semaine -- sinon que l'or a reculé.

      La mort d'Oussama ben Laden était censée faire grimper les cours. En particulier le cours du dollar. Le billet vert baisse depuis trois ans. Il est désormais à quelques cents de son plus bas historique, enregistré dans les années 70.

      Nous étions prêt à encourager plus de morts, voire un massacre, si ça faisait baisser le taux de chômage... mais cette hausse a vécu. Elle n'a duré que quelques heures, puis les choses sont revenues à la normale.

      Sauf que "la normale" est très étrange. Peu importe ce qui arrive, les investisseurs considèrent que ce sont les bonnes nouvelles.

      Le sentiment des investisseurs est en majorité haussier. Les cours des actions sont indubitablement hauts. Les rendements des actions sont bas.

      Il y aurait presque de quoi penser qu'on n'est plus vraiment dans une Grande Correction, en fin de compte. Pourtant, pour autant que nous puissions en juger, la Grande Correction se poursuit.

      Et donc...

      Si nous avons raison, la plupart des investisseurs se trompent.

      Si nous avons raison, les prix des actions vont chuter -- sévèrement.

      Si nous avons raison, les rendements obligataires réels vont radicalement grimper.

      Si nous avons raison, les matières premières sont surévaluées.

      Si nous avons raison, l'or devrait corriger.

      ▪ Mais attendez. Ce n'est pas tout.

      Si nous avons raison... la Grande Correction n'est qu'une partie de l'histoire. L'autre, c'est la réaction des autorités.

      Voilà pourquoi tous ces composants de la Grande Correction pourraient bientôt céder le pas à un autre -- l'inflation.

      Si nous avons raison, les autorités attendent juste de voir ce qui va se passer ensuite. Elles savent que quelque chose ne va vraiment pas avec leur "reprise". Mais elles ne savent pas quoi. Les dirigeants espèrent juste que la reprise prendra assez d'élan pour continuer seule, sans qu'on ait besoin de la remorquer.

      Parce que les autorités aussi observent les prix grimper. Bernanke dit que cette inflation est "temporaire". Il a probablement raison... jusqu'à un certain point. L'inflation grimpe à cause des autorités. Lorsqu'elles cesseront de gaver le système de liquidités, les prix devraient chuter à nouveau.

      Lorsqu'on lui demanda ce qui grimperait après l'annonce du QE2, un analyste plus rusé que les autres avait répondu : "tout". A présent, tout grimpe -- sauf l'immobilier. Et la Fed déclare que son programme de QE2 prendra fin en juin.

      Nous posons donc la question. Qu'est-ce qui baissera quand le QE2 s'achèvera ? La réponse arrive aussi vite qu'une pizza : tout.

      Si nous avons raison, les autorités américaines n'ont pas vraiment mis en place les fondations d'une reprise économique authentique. Elles ont plutôt augmenté les dépenses gouvernementales... et regonflé le secteur financier. Ce qui a mis plus d'argent dans les poches des électeurs. En général, environ 12% des revenus personnels proviennent des programmes gouvernementaux -- comme la Sécurité sociale, les allocations chômage, les bons alimentaires, etc. Aujourd'hui, ce chiffre est à 18%.

      En 1949, 70% du revenu national américain provenait des salaires. A présent, ce chiffre atteint à peine les 50%... Le reste provient de la finance et des subventions gouvernementales. Le problème, avec les revenus provenant de la spéculation et des allocations, c'est qu'ils ne reflètent aucune augmentation réelle de la richesse. C'est de "l'argent bidon". Pour chaque gain spéculatif, il y a une perte spéculative. Et pour chaque dollar distribué par le gouvernement, un dollar est prélevé ailleurs.

      Il n'y a pas d'argent plus bidon que celui provenant du QE2. Il a été créé -- par ordinateur -- afin de "payer" Wall Street pour les achats d'obligations US. Si nous avons raison, c'est cet argent bidon -- combiné à d'autres gags comme les prêts à taux zéro et les déficits à 1 000 milliards de dollars -- qui a causé la hausse de "tout". Et si nous avons raison, tout baissera quand il disparaîtra.

    • Le compartiment matières premières chute en même temps que le dollar - 05/05/2011

      ▪ "Achetez tous les creux", reprennent en choeur tous les stratèges depuis septembre dernier. Le seul problème c'est qu'il y a les petits creux -- ils attirent prématurément ceux qui ont gros appétit pour le risque... et les gros creux, ceux qui sont destinés aux investisseurs dotés d'un bon coup de fourchette.

      Et n'oublions pas une troisième catégorie que chacun s'efforce d'oublier depuis l'automne 2008 : le trou noir.

      Les marchés s'y précipitent volontiers en période d'excès de confiance et de sentiment d'invulnérabilité. Lorsqu'ils sont convaincus que la Fed sortira toujours le remède miracle de son chapeau si ses complices et actionnaires viennent se plaindre qu'ils perdent de l'argent.

      Difficile de déterminer quelle sorte de creux se dessine depuis que les indices américains ont battu des records historiques (Nasdaq, Dow Transportation, Russel 2000) avec des marges de sécurité jugées convenables, sinon convaincantes.

      ▪ Faut-il accueillir comme une bénédiction une chute de 1,6% de l'Euro-Stoxx50 dans le sillage de Francfort (-1,7%) et Milan (-1,8%) ? Les chartistes se montrent pour une fois assez prudents, même s'ils soulignent à l'envi que la tendance haussière n'est pas menacée.

      Le CAC 40 n'a pas clôturé au plus bas du jour hier, mais il s'en est fallu de peu. Le repli de 1,3% est en réalité bien moins frappant que le volume d'échanges, qui atteint six milliards d'euros (le double de lundi). C'est la journée la plus active à Paris depuis le 15 mars dernier ; les 6,4 milliards d'euros du 18 ne comptent pas, puisqu'il s'agissait de la fameuse journée des "Quatre sorcières".

      Le marché n'a pas rendu les armes sans combattre. Toutefois, il semble que l'incursion du CAC 40 dans le vert au beau milieu de la matinée (jusqu'à +0,5% à 4 116,6 points) n'ait été destinée qu'à permettre le comblement du gap des 4 108,8 points du 2 mai.

      Ce sursaut inattendu des indices européens vers 11h a surpris beaucoup d'observateurs. Le lien avec la hausse de l'activité économique en France en mars n'est pas si évident car dans le même temps, l'indice PMI des services en Zone euro était annoncé en recul à 56,7 en avril contre 57,2 au mois de mars.

      ▪ L'accord de refinancement conclu avec le Portugal (78 milliards d'euros sur trois ans) n'est pas vraiment une surprise -- c'est juste une incertitude sur le calendrier qui disparaît à court terme.

      L'exemple grec prouve que les injections d'argent ne résolvent que les problèmes ponctuels de trésorerie. Elles ne font rien pour les déséquilibres structurels ou l'insolvabilité d'un pays à moyen terme ; rappelons que le 10 ans grec se traite au-delà de 15,5%, tandis que le deux ans gravite autour de 25%, c'est vertigineux !

      ▪ La perspective d'un rééchelonnement imminent de la dette grecque (même Baudouin Prot, le P-DG de BNP Paribas, l'évoque ouvertement) n'enraye pas les achats d'euro au détriment du dollar. Ce dernier chutait sous les 1,493/euro peu après le très mauvais chiffre de l'ISM des services avant de se redresser un peu mercredi soir vers 1,4850/euro.

      Wall Street a été clairement déçu à deux reprises ce mercredi. En cause, la publication de l'enquête mensuelle ADP concernant l'emploi aux Etats-Unis au mois d'avril (de mauvais augure avant le chiffre du chômage vendredi). Selon ADP, le secteur privé n'a créé que 179 000 emplois au mois d'avril alors que le consensus en attendait 195 000.

      Le second temps fort de la séance, ce fut la publication d'un indice ISM non manufacturier (activité dans le secteur tertiaire) en chute de 4,5 points à 52,8, au lieu d'une hausse symbolique vers 57,8.

      Ceci confirme le ralentissement économique au premier trimestre, et démontre que le deuxième trimestre s'engage sur des bases tout aussi mauvaises.

      ▪ L'autre "événement" marquant de cette journée caractérisée par le retour de la volatilité, c'est le plongeon de 6% de l'argent-métal (vers 40 $/once) et du pétrole. Ce dernier a perdu 1,5%, passant sous les 109,2 $ alors que les stocks hebdomadaires -- pour une de leur dernière parution -- sont ressortis en hausse.

      Le compartiment des matières premières dans son ensemble subit un dégonflement de la bulle spéculative née des arbitrages au détriment du dollar. Le pétrole rechute de 5% en 72 heures sur le NYMEX. Il est passé de 115 $ jusque sous 109 $, avec des stocks de brut en hausse, comme souvent à cette période de l'année.

      Les parapétrolières font pour la seconde séance consécutive l'objet de dégagements appuyés avec des écarts de -3% en moyenne. Toutefois, Wall Street a fait mieux que résister, en regard du stress qui régnait quelques heures auparavant sur l'ensemble des places occidentales, avec un VIX qui a bondi de 20% en 48 heures, de 14,7 à 17,7 environ (en fin d'après-midi).

      Les indices américains ont repris la moitié du terrain perdu à la mi-séance. Au final, le Dow Jones et le S&P lâchent environ 0,7% ; le Nasdaq est à -0,5%, à 2 828 points -- contre 2 810 points au plus bas.

      ▪ Fidèle à sa logique contre-intuitive, Wall Street limite grandement son repli en considérant que les mauvais chiffres du jour accroissent les probabilités de voir la Fed prolonger d'une manière ou d'une autre le recours à la planche à billets. Et peu importe qu'elle qualifie son prochain programme de rachats de bons du Trésor d'assouplissement quantitatif ou de soutien ciblé aux émissions de dette fédérale.

      Les QE1 et QE2 n'ont pas fonctionné : la croissance rechute, l'emploi stagne, l'immobilier déprime dans des proportions historiques. Mais visiblement, ce n'est pas une raison pour rejeter la mise en oeuvre d'un QE3.

      Si cela ne relance pas l'économie américaine, cela évite le défaut de paiement des Etats-Unis et c'est tout ce qui compte... Le reste n'est que littérature.

      ▪ Le Congrès a commencé à discuter du montant de l'extension du déficit budgétaire. N'oublions pas que démocrates et républicains ont bataillé en vain durant un mois autour du concept d'un maintien du statu quo sur la dette moyennant une cure d'austérité sociale extrêmement impopulaire.

      Ne rien lâcher -- aussi bien sur les économies à réaliser que sur le train de vie de l'Etat -- était une posture politiquement suicidaire pour l'un et l'autre des deux camps. Seul le Tea Party s'oppose encore et toujours au rôle redistributif de l'Etat ; il réclame aussi bien des baisses d'impôts (toujours au profit des plus favorisés) que l'enterrement de Medicare (institué au profit des plus faibles).

      Les pauvres n'ont qu'à pas attraper des maladies de riches, un point c'est tout.

       

       

      PS : Que nous réserve la séance d'aujourd'hui ? Comment vous positionner pour en profiter au mieux ? Retrouvez Philippe Béchade au 0899 88 20 36* pour une analyse exclusive des coulisses boursières... et des conseils pour y adapter votre portefeuille.

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    • Qui est armé contre la faillite de la Grèce ? - 05/05/2011

      ▪ Ça y est : comme prévu, la Grèce est sur la route de la faillite. Ce ne sera pas la première fois, la Grèce possède le triste record du nombre de faillites dans l'Histoire de l'Europe : 1826, 1843, 1860, 1893, à égalité avec le Portugal et juste derrière l'Espagne.

      Mais cette fois, c'est différent.

      Rappelez-vous, il existe un produit dérivé génial : le CDS souverain -- ou credit default swap. Cette assurance garantit le souscripteur contre un défaut de paiement. C'est ce qui a permis à nos brillants financiers de toujours souscrire aux emprunts grecs dont les rendements n'arrêtaient pas de monter. Pas grave, puisqu'ils sont assurés, ils pouvaient en truffer votre assurance-vie !

      Mais au fait, n'y aurait-il pas des "petites lignes" dans ces assurances financières -- et comment les garanties vont-elles s'actionner ?

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      Investissez dans les Cobras !
      Le potentiel des BRIC n'est plus celui qu'on croit -- désormais, les profits potentiels se trouvent ailleurs. Où exactement ? Quelques éléments de réponse sont ici...

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      ▪ Les trois formes de défaut couvert par les CDS
      - Défaut de paiement
      - Répudiation ou moratoire
      - Restructuration

      Contrairement aux contrats qui couvrent des pays dits douteux (Amérique latine, Europe émergente et Moyen-Orient) les contrats sur l'Europe occidentale (réputée solide) ne couvrent pas un événement spécifique tel que l'"obligation acceleration".

      Vous trouvez, comme moi, curieux qu'un truc aussi pépère qu'une obligation puisse accélérer ? Il s'agit en fait de l'extension du concept de défaillance croisée.

      La définition de cet événement de crédit est donnée par l'ISDA -- l'organisme qui norme la cuisine financière des dérivés. Si l'obligation A devient payable en raison d'un incident de crédit sur l'une des autres obligations de l'emprunteur, alors le CDS qui couvre l'obligation A est aussi activé.

      Donc, en principe, en Europe, il ne pourrait pas y avoir une cascade de CDS qui se déclenchent à cause de la Grèce. Mais cela ne signifie pas pour autant que tout est clair...

      L'agence britannique CreditSights fait remarquer que si un défaut de paiement ou une répudiation sont des événements faciles à interpréter, il n'en est pas du tout de même d'une restructuration.

      "Une restructuration est, nous pensons, plus applicable à la situation de l'Eurozone et pourrait être suffisamment sujette à interprétation pour permettre aux dettes souveraines de se restructurer sans déclencher une assurance CDS selon les termes du contrat".

      En clair, ceux qui se croient bordés par des CDS vont se retrouver Gros-Jean comme devant pour parler poliment...

      Et vous comprenez beaucoup mieux pourquoi c'est ce terme de restructuration (et non celui de moratoire ou répudiation) qui s'étale à la une de vos journaux.

      ▪ Les cinq critères qui définissent une restructuration
      - Une réduction dans le taux ou le montant des intérêts payables ou le montant programmé des charges à payer.
      - Une diminution du principal ou de la prime payable à maturité ou aux échéances des remboursements échelonnés.
      - Un délai dans le paiement de l'intérêt ou du principal.
      - Un changement dans le rang de priorité d'une quelconque obligation, causant la subordination de l'obligation à n'importe quelle autre obligation.
      - Tout changement dans la devise de tout paiement de l'intérêt ou du principal

      Ces cinq critères s'accompagnent d'une clause qui stipule que ces causes doivent résulter de la détérioration de la qualité de crédit ou des conditions financières de l'entité de référence.

      Cette dernière condition est très intéressante. Ainsi, CreditSights explique que "si l'Allemagne sortait de l'euro et revenait au deutschemark ce ne serait pas un incident de crédit car l'Allemagne ne quitterait pas l'euro en raison de la détérioration de la qualité de son propre crédit ou de sa situation financière, mais en raison de la détérioration de celles des autres membres".

      Bref, l'Allemagne pourrait nous laisser dans notre bourbier ce qui nous conduirait à la faillite et les CDS ne s'activeraient pas.

      ▪ Mmmmm, que retenir de tout ceci ?
      - Ceux qui croient être abrités par des CDS ne le sont probablement pas, à savoir des fonds obligataires (ou autres d'ailleurs) qui déclarent pratiquer des couvertures sans préciser de quel type de couverture il s'agit. Vérifiez vos fonds, si vous en avez.
      - Les SICAV de trésorerie dites tranquilles vendues par votre "conseiller commercial" au guichet de votre banque sont pourries.
      - Les contrats en euro des assurances-vie sont dangereux et votre assureur risque bien lui-même de ne pas être couvert.
      - Lorsque les choses deviennent incompréhensibles, il vaut mieux s'abstenir. Pensez au vieux principe qui consiste à n'investir que dans ce qu'on comprend.
      - L'or a encore de beaux jours devant lui.

       

      [Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart's... Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l'or, les minières Simone Wapler est passionnée par les investissements "tangibles" et c'est ce qu'elle met chaque semaine au service des abonnés de L'Investisseur Or & Matières. Elle analyse chaque mois le secteur aurifère dans la lettre d'investissement Vos Finances, et est également rédactrice en chef du magazine MoneyWeek.]

      Première parution dans La Quotidenne de MoneyWeek le 04/05/2011.

       

    • Warren Buffett, l'or et son utilité - 04/05/2011

      ▪ Et ça continue ! L'investisseur le plus prospère au monde a des choses à dire sur notre métal préféré. Warren Buffett au sujet de l'or :

      "On peut le caresser, on peut le polir, on peut l'admirer. Mais il ne va rien faire".

      Sauf vous empêcher de perdre jusqu'à votre dernier sou !

      "L'or n'a vraiment pas d'utilité", a déclaré l'octogénaire à ses actionnaires durant l'assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway. "Je parierais qu'une entreprise ayant une production solide aura de meilleures performances que quelque chose qui ne fait rien du tout".

      Oui, nous aussi. Et nous préférerions avoir une veste faite sur mesure par un tailleur... plutôt qu'un gilet de sauvetage. De même, nous préférons voir un camion de livraison dans notre allée, plutôt qu'un camion de pompiers. Nous préférerions aussi passer la nuit avec Julia Roberts en costume d'Eve plutôt qu'avec un chirurgien cardiaque vêtu d'une blouse immaculée.

      Mais devinez quoi ? Il y a un temps et un endroit pour tout.

      Pourquoi est-ce que Dieu s'est donné la peine de créer l'or, de toute façon ? N'est-ce qu'à des fins ornementales ?

      Historiquement, l'or a eu un seul usage très important. Et, s'il est inutile la plupart du temps... à l'occasion, il est indispensable. La majeure partie du temps, l'or est aussi idiot et inanimé qu'une session plénière du Congrès. Buffett a raison : la plupart du temps, l'or est aussi inutile qu'une ceinture de sécurité.

      Mais il y a des occasions où un vulgaire bateau de sauvetage a plus d'utilité qu'un yacht de luxe.

      Serait-ce l'une de ces périodes ?

      Eh bien, il se passe quelque chose qui transforme ce métal tire-au-flanc en champion de l'investissement. Le prix de l'or a grimpé de 10% rien que cette année. Il a grimpé tous les ans depuis une décennie. Inutile de chercher bien loin pour voir de quoi il s'agit.

      Que pensez-vous de 4 500 milliards de dollars de déficits ces trois dernières années ? Que pensez-vous du triplement du bilan de la Fed depuis la fin 2008 ? Que pensez-vous du TARP, du TALF, du QE1, du QE2... et des taux d'intérêt zéro ?

      Comment les autorités vont-elles couvrir ces dettes... et les futurs déficits ? Pensez-vous qu'elles vont freiner... augmenter les taux d'intérêt... réduire les dépenses... et augmenter les impôts ? Si oui, vous ne devriez pas posséder d'or. Si elles appliquaient de telles mesures, l'or baisserait et le dollar grimperait. Bien entendu, le marché obligataire s'effondrerait et l'économie entrerait elle aussi en dépression. La désintoxication, ce n'est pas fait pour les mauviettes. Corriger sa conduite peut être douloureux.

      Plus probable, selon nous : les autorités continueront leur vol plané... jusqu'au crash.

      "Il y a quelque chose de bizarre dans un actif qui ne grimpe vraiment que quand le monde va tout droit en enfer", a déclaré Charlie Munger.

      Oui. Très bizarre, même.

      Mais à l'occasion, le monde va quand même tout droit en enfer.

      ▪ Il y a un autre problème avec l'or. A mesure que le danger d'inflation augmente, il en va de même pour le coût de vous protéger. Lorsque vous réalisez enfin que vous avez besoin d'un gilet de sauvetage, vous êtes déjà sous l'eau.

      L'or s'échange à 1 546 $ environ à l'heure où nous écrivons ces lignes. Si vous en avez acheté quand nous l'avons recommandé pour la première fois au début des années 2000, vous pouvez vous féliciter. Votre gilet de sauvetage a grimpé plus que n'importe quoi -- à part les grands vins.

      Mais si vous n'avez pas acheté à l'époque, est-ce qu'il est trop tard maintenant ? Eh bien, ce n'est pas si simple. Il y a de quoi hésiter -- le prix est plus de trois fois plus élevé.

      Alors que faire ? Attendre une correction. Sauf qu'une correction n'arrive pas quand on le souhaite. Et quand elle arrive, on hésite. On regarde où on en est. On lit la presse financière. On entend parler de ces "pauvres fanatiques de l'or" qui se font laminer. On hésite un peu plus. On se pose des questions : peut-être que la hausse de l'or n'était qu'un coup du hasard. Peut-être que le problème a disparu. On s'inquiète de ce que ce ne soit pas une correction dans un marché haussier, mais un nouveau marché baissier qui fera reculer l'or pendant les 10 à 20 prochaines années.

      Et avant qu'on ait eu le temps de dire ouf, le métal a repris le chemin de la hausse. Il ne tarde pas à être plus cher qu'il l'était lorsque vous avez décidé de ne pas acheter la dernière fois.

      ▪ Et nous répétons : que faire ? Nous ne donnons pas de conseils. Donner des conseils, c'est pour nos collègues, qui savent ce qu'ils font. Mais nous répéterons le non-conseil que nous avons offert ces 11 dernières années :

      Achetez de l'or pendant ses creux. Vendez les actions pendant leurs rebonds.

      Nous avons un rebond du marché boursier, ça ne fait aucun doute. Mais un creux de l'or ? Pas maintenant. Pas encore. Restez à l'écoute -- ça va venir.

    • L'argent-métal en surchauffe - 04/05/2011

      ▪ Les forces spéciales américaines ont tiré une balle dans la tête d'Oussama ben Laden. Involontairement, cette force armée d'élite aurait tout aussi bien pu enfoncer un pieu dans le coeur du marché de l'argent-métal.

      Nous laisserons à d'autres commentateurs le soin d'expliquer la signification géopolitique du rendez-vous de Ben Laden avec quarante vierges. Nous, nous nous intéressons au côté financier... et dans ce domaine, la mort de Ben Laden semble être une excuse parfaite pour un rally du dollar longtemps attendu... et une vente massive d'argent-métal.

      Le marché de l'argent-métal a chauffé... peut-être même trop. Le dollar, pour sa part, a plongé toujours plus bas au fil des jours. Les deux actifs méritent amplement leur tendance respective. Autrement dit, le marché de l'argent-métal mérite de grimper en flèche par rapport au dollar américain. Et au cours des prochaines années, je ne serais pas surpris de voir le prix de l'argent-métal atteindre 100 $... voire 200 $.
      [NDLR : Vous voulez accompagner la hausse de l'argent (et de l'or, accessoirement...) pour en faire profiter votre portefeuille ? Faites confiance à une spécialiste pour vous y aider...]

      Mais au cours des prochaines semaines, les métaux précieux vont vraisemblablement devenir un peu moins précieux pour un certain temps. Je ne dis pas cela pour vous conseiller de vendre votre argent-métal. Je le dis plutôt pour vous suggérer d'acheter de l'argent-métal... moins cher.

      ▪ Pour commencer la brève analyse du marché de l'argent-métal, il faut tenir compte d'un fait essentiel : les remarques qui suivent ne sont que des suppositions. Des suppositions éclairées, certes. Mais uniquement des suppositions. Pour continuer cette analyse, il faut prendre en considération quelques données fascinantes :

      1) A ce jour, l'argent-métal a grimpé de plus de 50% depuis le début de l'année, et de 150% au cours des 12 derniers mois.

      2) Le graphique des prix de l'argent-métal a développé une trajectoire parabolique, typique d'un marché à ses plus hauts.

      3) L'activité de trading spéculatif domine plusieurs parties du marché de l'argent-métal. Par exemple, le récent volume de trading sur SLV, le tracker de 13 milliards de dollars qui correspond à des avoirs en lingots d'argent, a dépassé le volume de trading sur SPY, l'énorme tracker de 89 milliards qui suit l'indice S&P 500. Avant cette récente excitation sur l'argent-métal, SLV ne générait environ qu'un quart du volume quotidien de SPY. Mais aujourd'hui, c'est le volume de trading de SLV qui régulièrement dépasse celui de SPY !

      L'argent brûle

      4) Divers indicateurs du sentiment des investisseurs montrent clairement des visions extrêmement haussières pour l'argent-métal. Le Daily Sentiment Index d'Elliot Wave montre que 95% des investisseurs sont haussiers sur l'argent-métal. De même, le Bullish Consensus de Market Vane montre que 93% des traders en matières premières sont haussiers sur l'argent-métal. Lorsqu'une telle majorité écrasante de participants au marché a une opinion haussière à propos d'un actif particulier, cet actif a tendance à décevoir ses fans... du moins pendant un certain temps.

      Pris ensemble, ces divers signes, indicateurs et présages clament haut et fort qu'une correction importante sur le marché de l'argent-métal est très probable, très bientôt. D'un autre côté, l'imprudente politique monétaire de Ben Bernanke -- guidée par des vagues d'impressions de monnaie tellement stupides que seul un diplômé en économie pourrait les concevoir -- clame haut et fort que l'argent-métal (et l'or) sont des investissements sur le long terme bien plus intéressants que le dollar américain.

      Pourquoi alors s'inquiéter des risques court terme sur le marché de l'argent-métal ?

      Bonne question. Peut-être ne le devriez-vous pas... à moins que vous n'ayez intérêt à transformer ces risques court terme en une opportunité d'achat long terme. Le rally de l'argent-métal "tient encore sur ses jambes" même si de temps en temps il vacille.

    • Nikkei, euro, SandP 500, CAC 40, tout grimpe : merci la Fed ! - 04/05/2011

      ▪ Le genre de série de séances haussières qui se succèdent depuis l'avertissement de Standard & Poor's sur la notation de la dette américaine anesthésie littéralement l'intérêt des investisseurs pour les marchés financiers.

      Tout monte de façon inexorable : le pétrole, l'or, les indices américains, le CAC 40, l'Eurotop 100... C'est à tel point que l'irruption d'une séance de consolidation est perçue comme une simple péripétie, balayée des esprits par l'impératif catégorique induit par les injections massives de liquidité de la Fed : "achetez tous les creux".

      Celui de mardi n'était pas bien profond, avec -0,3% en clôture et -1% de repli au pire en milieu de matinée. Cependant, les acheteurs n'ont même pas réussi à patienter jusqu'à l'heure du déjeuner avant de procéder à quelques "rachats à bon compte" -- dans les niveaux actuels, l'expression consacrée nous semble surréaliste.

      ________________________

      Il y a quelques jours, Total a annoncé une OPA sur Sunpower.
      Conséquence immédiate : le cours de Sunpower s'est envolé... prenant 50%.

      Vous voulez faire pareil ? Ça tombe bien... nous avons déniché pour vous trois opportunités de fusions-acquisitions qui pourraient se révéler tout aussi profitable que l'OPA Total/Sunpower.

      Pour vous positionner sans attendre, continuez votre lecture !

      ________________________

      Il était peut-être possible d'accrocher les 4 100 points au fixing de clôture... mais cela ne faisait pas partie du plan ce mardi. Il ne vous a pas échappé que les volumes se sont nettement étoffés en fin de journée puisqu'il s'est échangé 4,4 milliards d'euros sur les 40 vedettes de la cote française.

      ▪ Le fait que les traders de la City ont repris du service après un long week-end de quatre jours caractérisé par un mariage (royal) et un enterrement (d'ennemi public numéro un) y est certainement pour quelque chose !

      Vu des bords de la Tamise, la hausse se poursuit. Si ça continue comme ça, les golden boys vont pouvoir assister à la quinzaine complète de Wimbledon sur les écrans géants des salles de marché en surveillant épisodiquement leurs positions acheteuses d'un oeil distrait : les robots algorithmiques, c'est aussi fait pour ça !

      ▪ Le pilote automatique (haussier) a été branché au lendemain de l'explosion de Fukushima. Comme nous l'expliquions hier, les réacteurs détruits continuent d'irradier les environs de la centrale dans des proportions dignes de Tchernobyl après son explosion... les sans-abri japonais sont toujours sans abri (à 90%)... et les finances japonaises s'enfoncent dans le rouge comme un hameçon dans la bouche d'un thon de la même couleur -- le plus apprécié des amateurs de sushis. Les marchés ne sont protégés de ces tristes réalités que par un épais mur de silence concernant ces sujets.

      La menace de dégradation de la dette nippone mercredi dernier par Standard & Poor's s'est soldée par une envolée de 2% du Nikkei vers les 10 000 points.

      Comme par un heureux miracle printanier, la Bourse japonaise a été arrachée à la hausse à la veille d'une fermeture de trois jours de la Bourse de Tokyo, qui ne rouvrira que vendredi... De quoi s'en aller admirer les cerisiers en fleur l'esprit serein !

      Et la pollution radioactive dans un rayon de 50 kilomètres autour de Fukushima, dans tout ça ?

      Bof, ça leur vaudra peut-être l'apparition de cerises grosses comme des pastèques et qui brillent comme des lampions la nuit : ce serait du plus bel effet !

      De quoi faire oublier les fortes tensions inflationnistes en Chine ou en Inde. Delhi a d'ailleurs décidé de relever son taux directeur non plus de 25 mais de 50 points de base mardi matin.

      ▪ Aux Etats-Unis, nous nous demandons ce que Ben Bernanke attend pour envoyer un commando -- si possible pacifique -- réduire au silence son collègue Thomas Hoenig, président de la Fed de Kansas City. Ce trublion soutient l'idée que la Banque centrale américaine devrait relever son taux directeur à 0,5% afin de tempérer les anticipations inflationnistes.

      Thomas Hoenig ne vote pas cette année et s'apprête à prendre sa retraite en octobre prochain. Malgré tout, ce n'est pas une raison pour débiter des insanités de ce type -- même pour plaisanter -- devant la fine fleur des journalistes économiques.

      Bon, accordons-lui les circonstances atténuantes : sa région a été touchée par un nombre anormalement élevé de tornades particulièrement destructrices ces dernières semaines. Cela a dû lui vriller les idées !

      Une hausse de taux, c'est tout simplement inconcevable, inenvisageable, impossible à mettre en pratique. Rappelons que les Etats-Unis sont déjà au bord du défaut de paiement ; c'est techniquement avéré depuis que la Fed ramasse 70% des émissions du Trésor US, c'est-à-dire depuis six mois. Ils le seraient officiellement le 16 mai prochain faute d'un accord au Congrès sur le montant de l'extension de la dette.

      Un débat complètement stérile d'ailleurs, dans tous les sens du terme : quelle que soit la taille du découvert autorisé, les Etats-Unis tout simplement incapables de rembourser.

      Les républicains et le Tea Party ne sont pas aussi catégoriques que nous. Selon eux, les Etats-Unis peuvent tout à fait honorer leur signature si le Congrès vote dans un élan de clairvoyance et de courage patriotique la suppression de Medicare, des allocations chômage, des aides au logement pour les mères célibataires et des postes de complaisance grassement rémunérés à Washington (ils savent de quoi ils parlent : ce sont eux qui ont institué ce système sous Nixon !).

      La seule suppression qu'ils ne s'empressent guère de réclamer, c'est celle des budgets finançant de la présence des troupes américaines dans des pays où elles n'auraient jamais dû être expédiées.

      ▪ Il reste inutile d'évoquer les périls et les impasses vers lesquels les Etats-Unis se dirigent depuis l'automne 2008. Wall Street se croit à l'abri de tout désagrément issu de la sphère du réel du fait du rempart d'argent irréel dressé par la Fed.

      Les opérateurs en sont convaincus, le marché est encore loin d'avoir épuisé son potentiel haussier. Le scénario de la séance de mardi s'est une nouvelle fois largement inspiré de celui observé quelques heures auparavant en Europe.

      Une phase de consolidation un peu appuyée en fin de matinée (le Nasdaq perdant 1,3%, le Dow affichant -0,5%) a été suivie d'un rebond très finement dosé. Le Dow Jones Industrial a en effet "gagné" 0,15 point d'indice (soit 0,0001%) à 12 807,5 points.

      L'épargnant qui déambule sur Times Square et ne cherche pas à rentrer dans des considérations superflues retiendra que Wall Street a clôturé à l'équilibre pour la seconde séance consécutive (après -0,02% la veille). Il oubliera bien vite que le Nasdaq a corrigé de 0,78% et le Standard & Poor's 500 de 0,34%, à 1 356,6 points.

      Si ces baisses devaient l'indisposer, il se rassurerait bien vite avec la hausse de 3% des commandes à l'industrie au mois de mars. Il s'agissait de la cinquième progression d'affilée : il faut bien que la chute du dollar serve à quelque chose...

      Elle a donc servi à faire mûrir un consensus unanimement haussier sur l'euro. C'est le moment que nous avons choisi pour vous conseiller ce mardi d'agir de façon contrarienne sur le Téléphone Rouge, au 0899 88 20 36* : le rééchelonnement de la dette d'Athènes ne saurait être éternellement remis aux calendes grecques.

       

      *1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
      Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

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    • Le VIX au plus bas : la correction boursière est imminente - 04/05/2011

      ▪ Le S&P 500 en train de tester une zone de résistance majeure ; j'aimerais aujourd'hui examiner avec vous la situation du VIX, l'indice de volatilité du S&P 500, que j'ai pour habitude d'analyser dans mon service, Levier 7, puisque la volatilité est un élément crucial quand vous tradez les turbos.

      La configuration du VIX est en fait tout à fait cohérente avec celle du S&P 500. Malgré une situation de plus en plus incertaine depuis le début de l'année (révoltes arabes, Fukushima, ou encore dettes des Etats), les indices sont finalement moins volatils que ces dernières années.

      Ils réagissent peu face aux mauvaises nouvelles et le VIX, l'indice de la peur, est revenu sur ses plus bas de l'année dernière : il faut donc le surveiller de très près. Regardez le graphique ci-dessous, qui représente le VIX en données hebdomadaires.

      ▪ Au plus bas depuis un an

      L'argent brûle
      Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

      Le VIX montre la nervosité des opérateurs sur le marché. Après la catastrophe nucléaire au Japon, il a ainsi brusquement grimpé à plus de 29 points tandis que les indices corrigeaient, avant de brusquement corriger au fil du rebond des indices. Comme vous le savez, cet indice contrarien est particulièrement intéressant à suivre : ses points hauts précèdent souvent les points bas des marchés (comme fin 2008) et ses points bas précèdent souvent des plus hauts sur le S&P.

      Qu'en concluez-vous pour ces prochains jours ?

      ▪ Nous sommes entrés dans la zone rouge
      Exact. Le S&P ne devrait pas tarder à corriger. Le VIX est revenu sur la zone de support majeur des 15 points, précisément là où il avait rebondi l'année dernière, du 12 au 16 avril 2010, quelques jours avant le point haut du 26 avril 2010 sur les indices et la correction significative de 20% qui avait suivi.

      Le niveau actuel de la volatilité illustre donc un excès d'optimisme à court terme des opérateurs. Certes, le VIX peut rester dans cette zone pendant quelques semaines, c'est ce qu'il avait fait par exemple en février, avant de se "réveiller" brutalement. Mais cette faible volatilité qui s'accompagne en outre de volumes faibles doit retentir comme un signal d'alarme pour vous.

      Nous sommes désormais dans la zone rouge sur les indices et une correction importante est, en théorie, imminente. L'histoire pourrait d'ailleurs se répéter pour les mêmes raisons : la problématique des dettes souveraines.

      ▪ Attendez-vous à un regain de la volatilité
      Vous le voyez sur le graphique, le RSI a bien réagi sur une oblique ascendante depuis un an : cela aussi plaide pour un vif rebond du VIX dans les prochaines semaines.

      L'objectif serait dans un premier temps les 29 points, plus haut récent du mois de mars et résistance horizontale, puis au-delà, nous aurions une accélération vers les sommets de l'année dernière à 48.

      La configuration technique de cet indicateur est d'autant plus pertinente que nous attaquons le mois de mai... mois de tous les dangers. Je vais donc surveiller cela de très près et saisir les opportunités de trade, surtout à la baisse.

      Première parution dans le Billet du Trader du 02/05/2011.

    • La mort d'Oussama ben Laden fait grimper l'indice VIX - 03/05/2011

      ▪ Ce week-end, nous discutions avec quelques amis qui jettent un regard de plus en plus blasé sur les indices boursiers qui grimpent sans discontinuer depuis l'explosion de Fukushima. La radioactivité au quotidien reste toujours aussi intense mais elle est désormais contenue par... une épaisse muraille de silence. Nous évoquions les motifs qui pourraient permettre d'inscrire une huitième, neuvième, dixième séance de hausse consécutive à Wall Street.

      Nous sommes tous tombés d'accord sur l'impact irrémédiablement haussier d'une poursuite de la désintégration du dollar sous 1,49/euro puis 1,50/euro. Bien entendu, en cas de statistiques consternantes concernant l'activité économique aux Etats-Unis, le processus pourrait s'accélérer.

      En deuxième position, nous avons évoqué l'inexorable alourdissement des déficits américains : il témoigne du transfert de richesse des contribuables vers les entreprises bénéficiant des commandes ou des subventions fédérales. Cet argent public contribue pour 50% à la croissance du PIB, mais la proportion devrait avoisiner 60% au premier trimestre 2011.

      En troisième position, nous avons suggéré la démission de deux ou trois membres de la Fed qui critiquent ouvertement la politique monétaire laxiste du "Boss" -- l'inestimable Monkey Business Ben. Toujours plus d'argent gratuit, toujours plus de billets de Monopoly, moins de voix discordantes et c'est le bonheur garanti !

      Comme toutes ces raisons manquaient un peu de fantaisie, nous en avons évoqué d'autres beaucoup moins sérieuses. Nous avions pensé par exemple au surgissement en plein Manhattan d'une tornade remontant du Middle West et composée de billets de 100 $ ; au passage, cette dite tornade aurait arraché le toit d'une grange servant de cache secrète pour la famille de Bernie Madoff.

      ▪ La plus improbable des suppositions avait trait à la capture de Ben Laden.

      Tout juste une semaine après l'annonce d'un changement majeur à la tête du Pentagone et des services secrets américains, ce n'est pas dans ce genre de période de transition que les Etats-Unis peuvent mener avec le plus d'efficacité des opérations stratégiques majeures.

      A moins que l'opération n'ait été confiée à une tierce organisation secrète, chapeautant des "forces très spéciales", pour des questions de confidentialité et de risque de non-coopération entre de puissantes entités historiquement jalouses de leurs prérogatives.

      Même dans nos élucubrations les plus absurdes, nous n'aurions pas misé un dollar sur un recul de Wall Street un jour comme celui qui s'est levé sur Ground Zero ce lundi matin.

      C'est bien parce que cela apparaissait presque inconcevable que cela s'est produit. Les acheteurs de la première heure doivent se sentir floués, au moins autant que ceux ayant joué le baisse des marchés américains jeudi dernier. Rappelons que durant cette journée, les commentateurs -- même les plus béatement optimistes -- peinaient à trouver une seule raison valable à la septième hausse consécutive des indices US.

      Il y a eu ensuite une huitième vendredi, histoire de finir avril en beauté, avec un oeil qui traine du côté de l'abbaye de Westminster. Mais à la surprise générale, pas de neuvième hausse consécutive en cette séance inaugurale du mois de mai.

      ▪ Le Nasdaq s'effrite de 0,33% à 2 864 points, alors que les places européennes avaient montré le bon exemple quelques heures plus tôt avec un CAC 40 ou un Eurotop 100 qui s'adjugeaient 0,05%.

      Le Dow Jones a terminé sur le plus petit écart à la baisse possible (-0,02% à 12 807 points) après avoir établi un nouveau record annuel à 12 875 points moins de 45 minutes après l'ouverture. Le Standard & Poor's 500 a laissé 0,18% à 1 361 points.

      Avec la disparition de l'ennemi public numéro un et compte tenu de la systématisation des coups de pouce de dernière minute lors des huit précédentes séances, l'absence d'un tel phénomène s'avère plutôt déroutant.

      Malgré un petit coup de fatigue en seconde partie de journée, tout le monde s'attendait à une clôture dans le vert. Les marchés américains ont-ils rencontré depuis Fukushima des circonstances plus favorables pour entretenir la flamme de la hausse ?

      Le large consensus a pourtant été démenti ; le VIX, le baromètre de l'aversion pour le risque, a bondi de 8,5% à 16 (contre 14,75 vendredi).

      L'annonce solennelle de la mort d'Oussama ben Laden par Barack Obama s'est en effet accompagnée d'un relèvement du niveau d'alerte concernant la menace terroriste, dans la crainte de représailles orchestrées par des membres d'Al Qaida.

      ▪ Cette peur et le sentiment que la sécurité des Etats-Unis reste toute relative ont éclipsé des chiffres économiques plutôt meilleurs que prévus. Les dépenses de construction ont rebondi de 1,4% en mars (après leur plancher de février) et l'indice PMI manufacturier s'est replié plus modestement que prévu (de un point à 60,4 contre 59,5 anticipés).

      Parmi les éléments d'actualité systématiquement évacuées des commentaires de fin de séance depuis 10 jours, il y a la question non résolue du relèvement du plafond maximal de la dette publique (fixé à 14 294 milliards de dollars).

      Il sera atteint dès le 16 mai. Une hausse opportune des recettes fiscales (grâce aux taxes sur les groupes pétroliers) a conduit le gouvernement à repousser jusqu'au 2 août la date fatidique où le pays pourrait faire défaut sur certaines obligations. Cela se produira si le Congrès des Etats-Unis ne trouve pas un compromis dans les 15 jours qui viennent -- les positions des démocrates et des républicains apparaissent à ce jour inconciliables.

      Le secrétaire d'Etat au Trésor, Timothy Geithner, prend les devants pour rassurer les créanciers. Il a annoncé la suspension de l'émission de toute une série d'emprunts destinés à financer les collectivités locales, déjà exsangues depuis la faillite des monoliners [les réhausseurs de crédit chargés de garantir certains emprunts, notamment ceux liés aux subprime, NDLR].

      Ce sont donc des milliers de fonctionnaires qui ne seront plus payés, des centaines de millions de dépenses d'équipement ou de réparation qui ne seront plus honorées. Cela risque probablement d'accélérer l'état de délabrement social et matériel de nombreuses villes et régions.

      Voilà une spirale négative qui risque de se perpétuer jusqu'à fin 2012, tant les républicains semblent déterminés à raboter tous les budgets à connotation sociale (anéantir Medicare) et à mettre l'Etat au régime sec.

      L'une des seules issues serait la privatisation de nombreux services publics, à commencer par la santé. Ce serait le moyen privilégié de se débarrasser -- sans légiférer de façon trop stigmatisante -- de Medicare, la réforme phare de l'administration Obama qui garde une certaine popularité car elle sauve des vies.

      Des milliers de vie, mois après mois... Un montant qui devrait frapper les esprits ultra-conservateurs les plus obtus, en ce jour où l'Amérique rend spontanément hommage aux 3 500 victimes du 11 septembre 2001.

      PS : Que nous réserve la séance d'aujourd'hui ? Comment vous positionner pour en profiter au mieux ? Retrouvez Philippe Béchade au 08 99 88 20 36* pour une analyse exclusive des coulisses boursières... et des conseils pour y adapter votre portefeuille.

      *1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
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    • Quoi qu'en disent les chiffres du PIB US, une récession est bien en cours - 03/05/2011

      ▪ Les derniers chiffres du PIB US ont été publiés la semaine dernière. Au premier trimestre 2011, l'économie américaine s'est développée au taux annuel de 1,8%, selon les estimations. C'est l'équivalent de la croissance moyenne réelle de l'économie US depuis 1925. Le seul problème, c'est que cette croissance n'est pas réelle. Elle est contrefaite. Elle est bidon.

      Les autorités ont accusé la météo d'avoir causé le déclin de la croissance. Krugman affirme que les autorités ont été trop timides. Bernanke dit que la croissance n'était pas si épouvantable. Il a dit qu'elle était "modérée".

      Prenons un peu de recul. Que voyons-nous aux Etats-Unis ?

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      L'immobilier continue de baisser -- ça ne fait aucun doute.

      Le taux de chômage baisse aussi... mais la majeure partie de cette amélioration provient du fait qu'on a retiré des listes les personnes qui ne réussissent pas à trouver un emploi ! Ça semble fou, mais c'est comme ça. Si vous ne trouvez pas d'emploi dans un délai donné, ils en déduisent que vous avez abandonné.

      Est-ce que ça signifie pour autant que vous n'êtes plus au chômage ? Bien sûr que non. Ça signifie que la situation est pire encore. Vous faites partie des chômeurs "de long terme"... sans emploi depuis si longtemps que les employeurs hésitent à vous reprendre. Ils pensent que vous avez perdu l'habitude de travailler... et que vos compétences sont dépassées.

      Pour vous donner une idée du nombre de personnes cherchant du travail, McDonald's vient de faire une grande campagne de recrutement. L'entreprise cherchait à embaucher quelques milliers de nouveaux employés -- elle s'est retrouvée avec 932 000 candidats !

      Même ceux qui ont du travail voient leurs revenus diminuer. Les salaires stagnent... voire chutent quand on les ajuste correctement à l'inflation.

      Les prix à la consommation ont grimpé au taux annuel de 7,4% au premier trimestre, selon le Billion Prices Projet du MIT. Hmm... combien d'Américains ont obtenu une augmentation de 7% ou plus ?

      Le PIB grimpe au taux de 1,8%. Si l'on tient compte de la croissance démographique... et d'une mesure correcte de l'inflation... on s'aperçoit que l'individu moyen s'appauvrit. Une croissance "modérée" ? Il n'y a pas de croissance du tout.

      ▪ Ces faits ne vont PAS avec les perspectives économiques des autorités américaines. Mais ils VONT avec nos perspectives de Grande Correction.

      Les autorités américaines pensaient pouvoir lutter contre le ralentissement de la manière habituelle -- c'est-à-dire avec plus de crédit et d'argent facile. A présent, elles s'aperçoivent qu'aucun de leurs programmes -- TARP, TALF, QE1, QE2 et taux d'intérêt zéro -- n'a fonctionné.

      Pourquoi ? Parce que l'argent facile fait partie du problème, non de la solution.

      Selon nous, l'économie (avec l'aide de M. le Marché) corrige un certain nombre de choses...

      ... un demi-siècle d'expansion du crédit (les augmentations de dette étaient en majeure partie prudentes et productives dans les années 50 et 60... mais plus du tout dans les années 90 et 2000).

      ... une bulle de l'immobilier et de la finance, causée en grande partie par de l'argent facile.

      ... un marché boursier surévalué (la correction a commencé en janvier 2000... mais le plancher n'a toujours pas été trouvé) -- également causé par l'argent facile.

      ... un marché haussier de 30 ans sur les obligations.

      ... un système monétaire idiot mis en place par Richard Nixon en 1971.

      Voilà qui semble bien assez de travail -- même pour une Grande Correction.

      Mais attendez... il y a plus...

      Il y a près de 10 ans, nous avons écrit un livre sur le sujet (avec Addison Wiggin). Nous y prédisions que les Etats-Unis suivraient le Japon dans un long marché baissier. C'était plus une intuition qu'une vraie analyse. Et elle était fausse -- ou du moins c'est ce qu'il paraissait.

      Les autorités sont intervenues de manière si agressive en 2001 (et après) que notre théorie semblait défectueuse. Les actions ont rebondi... et ont atteint des sommets plus glorieux encore. Il en est allé de même pour l'économie américaine... qui est passée en mode bulle en 2005-2007.

      Mais notre intuition ne semble plus si mauvaise, en fin de compte. Le Japon est entré en récession en 1990. Il n'en est pas sorti. L'emploi y est à peu près le même aujourd'hui qu'il y a 21 ans. Les actions se vendent au tiers de leurs cours des années 90. L'immobilier est encore en perte de 50% à 70% par rapport à ses plus hauts.

      Aux Etats-Unis, ôtez les déficits gouvernementaux... et la consommation insoutenable financée par la dette... vous verrez que l'économie du secteur privé américain n'est allée nulle part ces 10 dernières années. Il n'y a pas de "vrais" emplois. Pas de revenus réels. Pas de vrai PIB per capita.

      Et le marché boursier, si l'on tient compte de l'inflation, est plus bas qu'en janvier 2000.

      On dirait désormais que la Grande Correction a commencé au tout début du XXIe siècle, en janvier 2000. Durant 10 ans, elle a été déguisée par les autorités américaines. Aujourd'hui, sa fausse moustache commence à glisser.

      Nous sommes dans une correction depuis déjà plus d'une décennie. Et si l'on suit le modèle japonais, nous serons encore dans une Grande Correction en 2021.

      Si les autorités ne font pas tout sauter avant...

    • J.-C. Trichet va-t-il envoyer le dollar à l'échafaud ? - 03/05/2011

      ▪ Nous y sommes. Maintenant, l'Europe affiche un taux d'inflation de 2,8%. La situation était très délicate, elle devient aujourd'hui infernale à gérer pour monsieur Trichet. Car il va devoir relever le taux directeur en juin...

      En effet, difficile d'y couper. La BCE a toujours fait de l'inflation sa priorité. La croissance passant après. Et c'est bien là que le bât blesse.

      Car un pays robuste comme l'Allemagne, qui affiche un taux de chômage au plus bas depuis 20 ans et dont l'économie tourne à plein régime, peut encaisser cette remontée du taux. Mais qu'en est-il d'un pays comme l'Espagne dont l'économie moribonde et exsangue affiche un taux de chômage de 21% ? Ce serait le coup de grâce...

      ▪ Elargissons à présent notre angle...
      Si le taux directeur devait être relevé en juin, ce sera alors le dollar qui plongera à nouveau d'un cran face à l'euro. Vous verrez alors l'or et les matières premières flamber un peu plus encore... et les actions suivre en fanfare.

      Car oui...

      ▪ ... le dollar est pris en étau
      Il est détruit de l'intérieur depuis des mois par l'équipe de Bernanke aux manettes de la Fed, et par le colossal endettement public de la nation qui deviendra absolument INSUPPORTABLE au moindre relèvement des taux.

      Et il est détruit à l'extérieur par Trichet qui se met à relever la rémunération de l'euro pour tuer l'inflation avant qu'elle ne passe le "second tour"...

      ▪ Comme le dit Marc Faber, la valeur intrinsèque du dollar est égale à ZERO...
      Ce en quoi il n'a pas tout à fait tort...

      Regardez ce graphique du Dollar Index (valeur du dollar contre un panier de six monnaies clés : voir en bas à gauche du graphique). Il illustre la longue tendance baissière du dollar, qui a déjà perdu 90% de sa valeur depuis l'abandon de l'étalon or sous Nixon.

      Graphique du Dollar Index
      Cliquez sur l'image pour l'agrandir

      Nous en sommes à 73 points, soit à une encablure du point bas historique de 2008 (à 71,32). Va-t-il rebondir sur ce support majeur ? Ou va-t-il le casser et déclencher un signal vendeur fort ?

      Avec un tel graphique sous les yeux, impossible à notre ami Bernanke de prolonger son quantitative easing (QE) après le 30 juin. Ce serait envoyer le dollar à l'échafaud direct.

      Il cessera donc son QE.

      Pour combien de temps ? La vraie question est là.

      Ce qui me laisse penser que le bourreau du dollar pourrait bien être Trichet, avec son probable relèvement de taux en juin. Peut-être assisterons-nous alors au saut de l'ange du billet vert...
      [NDLR : Vous voulez jouer l'évolution du dollar et les fluctuations des devises ? C'est probablement beaucoup plus simple que vous le pensez -- à condition d'avoir le bon guide !]

       

      [Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises, une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché, ainsi que celui du Forex.]

      Première parution dans l'Edito Matières Premières & Devises du 02/05/2011.

    • De l'inflation à la croissance en passant par l'emploi, la relance économique ne sert à rien - 02/05/2011

      ▪ C'est prouvé : le président Obama est un Américain pur jus, né en Amérique.

      Ouf ! Quel soulagement !

      Honnêtement, nous n'avons jamais compris tout le battage autour de cette affaire. Pour nous, peu importe où Obama était né. Après tout, inutile d'avoir vu le jour aux Etats-Unis pour couler une économie. Plein d'étrangers y sont arrivés. Plein d'Américains également.

      Oui, cher lecteur, M. le Marché croit en l'égalité des chances, en matière de désastres. Hommes, femmes, blancs, noirs, chrétiens, juifs, musulmans... peu importe. On récolte ce qu'on a semé -- qui que l'on soit.

      Voici ce que dit l'Associated Press des derniers chiffres de la "croissance" américaine :

      "Le taux de croissance annuel de 1,8% enregistré durant le trimestre janvier/mars était plus faible que la croissance de 3,1% du trimestre précédent, a rapporté le département du Commerce US. Et c'était le pire chiffre depuis le printemps dernier, date où la crise de la dette européenne a ralenti la croissance au taux de 1,7%".

      "Selon le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke et d'autres économistes, ce ralentissement est un recul temporaire. Ils s'accordent généralement à dire que les prix du carburant vont se stabiliser, et que l'économie se développera au rythme de 3% au cours de chacun des trois prochains trimestres".

      "Cependant, les prix du carburant continuent de grimper. Le marché de l'immobilier montre peu de signes de reprise. Et les législateurs proposent les coupes budgétaires parmi les plus sévères depuis une génération. Ces réductions s'insinueraient jusqu'aux gouvernement locaux, qui luttent déjà contre leurs propres crises budgétaires".

      "'L'économie a perdu son petit élan à la hausse, et des vents contraires comme la hausse des prix du carburant et de nouvelles coupes budgétaires suggèrent que la reprise continuera à un rythme modéré seulement à l'avenir', a déclaré Sal Guatieri, économiste senior chez BMO Capital Markets".

      ▪ Si ça continue comme ça, l'or atteindra les 1 600 $ dans quelques semaines. Et les actions ? Elles sont au-dessus du sommet atteint le 14 janvier 2000, quand le Dow avait touché les 11 723 points. Mais si l'on tient compte de l'inflation... elles sont encore largement dans le rouge.

      Le grand retournement a commencé en janvier 2000, pas en 2007.

      Depuis janvier 2001, ni le PIB réel des Etats-Unis ni leurs marchés boursiers n'ont enregistré de gains réels. Oh... et il en va de même pour leur main-d'oeuvre ; on ne trouve pas plus de gens travaillant aujourd'hui qu'il y a 10 ans, et ils n'empochent pas plus de revenu disponible.

      Concernant les marchés boursiers, nous ne vous apprenons rien. Quant au manque de croissance du PIB US, notre vieil ami Jim Davidson souligne que même si le PIB total a augmenté... ça n'a pas été le cas pour la partie que l'on peut attribuer à l'activité du secteur privé ; elle a quasiment stagné. Et ce alors que la population augmentait de près de 10%. En d'autres termes, la production per capita du secteur privé a chuté de près de 10% depuis que le marché boursier a craqué en janvier 2000.

      Ce qui est franchement dommage. Parce que ça montre que les autorités sont impuissantes. Leurs trucs de "relance" ne fonctionnent pas. L'administration Bush a réagi au petit ralentissement de 2001 avec le plus grand programme de relance contre-cyclique depuis que les Japonais ont bombardé Pearl Harbor. Si nous nous souvenons bien des chiffres, les Etats-Unis sont passés d'un surplus fédéral de 200 milliards de dollars à un déficit de 300 milliards en un an. Ce qui n'a pas servi à grand-chose. L'économie réelle ne s'est pas développée. Elle n'a fait qu'accumuler les dettes ; la dette du gouvernement fédéral a plus que triplé au cours des 10 années.

      Le secteur privé ajoutait lui aussi de la dette à un rythme effréné. Si l'on y additionne la dette du secteur public, la dette totale a atteint plus de quatre fois le PIB.

      Ensuite, pour relever le défi de la liquidation en 2007/2009, les autorités ont ajouté plus de cash, plus de crédit et plus d'argent facile. Même aujourd'hui, 11 ans après le début du ralentissement... et quatre ans après le début de la crise d'insolvabilité, ils injectent toujours 36 milliards de dollars par semaine de relances budgétaires (déficitaires) et 25 milliards de dollars par semaine d'impression monétaire par le biais de l'assouplissement quantitatif. Et tout ça ne prend pas en compte les prêts à taux zéro.

      ▪ Et à quoi est-ce que tout ça a servi ?

      La dernière fois que la Fed en a parlé, elle a déclaré que la croissance de l'économie américaine était "sur un pied plus ferme". A présent, selon la conférence de presse de Bernanke, elle est juste "modérée".

      De quoi parle-t-il ? L'économie ne va nulle part. Après 10 années de lent recul, elle commence maintenant à glisser plus vite. Les derniers chiffres montrent que l'économie américaine, durant le premier trimestre, "se développe" à peine moitié aussi vite qu'au précédent trimestre. Il faut en outre ajuster cette croissance -- 1,8% selon les estimations officielles -- à la croissance de la population et à une mesure réelle de l'inflation. La population se développe à un rythme de 1% environ... ce qui laisse environ 0,8% de "croissance". Mais au cours de ce même trimestre, selon le Billion Prices Project -- qui suit les prix sur Internet en temps réel --, les prix ont grimpé au taux annualisé de 7,4%. Ce qui signifie que l'ajustement effectué par le département du Travail US -- 2,1% -- n'est qu'un tiers de ce qu'il devrait être. Et cela signifie que l'économie réelle se réduit, per capita, d'environ 5,3% par an.

      Et rappelez-vous que ce serait bien pire sans les injections vertigineuses des autorités.

      "Voilà qui n'est pas très clair", a noté Elizabeth hier. "Tu dis que les autorités font une erreur. Mais tu dis aussi que ce serait bien pire si elles le la faisaient pas".

      "Oui... c'est un paradoxe, mais c'est vrai", avons-nous expliqué. "Si les dirigeants sont prêts à injecter des milliers de milliards de dollars supplémentaires dans l'économie, comme le souhaite Paul Krugman, ils peuvent faire en sorte que l'économie semble se remettre. Plus de gens auront plus d'argent en poche. Plus de gens auront des emplois. A très court terme, ça semblera aller mieux. Comme une économie de guerre. Ou une économie soviétique".

      "Mais la croissance sera bidon -- construite sur des dépenses gouvernementales et un crédit insoutenable. En fin de compte, les taux d'inflation finiront par grimper -- rendant tout le monde plus pauvre. A moins que le système tout entier ne s'effondre, s'enfonçant dans une dépression bien pire".

      Les autorités ont pu créer une gigantesque bulle en 2003/2007. A présent, elles mettent à nouveau les prix en ébullition. Mais il y a très peu de vraie croissance. Les gens ne gagnent pas plus d'argent. Ils ne font qu'augmenter la production réelle, ce qui ne suffit pas à suivre le rythme de la croissance de la population ou de l'inflation. Il n'y a pas de reprise. La Grande correction se poursuit.

    • Fed et hausse des matières premières : des conséquences très concrètes... - 02/05/2011

      ▪ Notre famille a un laitier. Oui, un laitier, comme dans le bon vieux temps.

      Chaque vendredi, il nous livre une caisse pleine de bouteilles remplies de lait, ainsi que des petits pots de yaourt et de beurre, des fromages et parfois de la viande. Il me suffit de passer commande sur Internet et mes achats sont déposés devant ma porte, des produits frais en provenance directe d'une ferme locale familiale non loin de chez moi.

      Je vous raconte tout cela parce que j'ai reçu un mail intéressant de la ferme ce week-end. Selon moi, ce courrier résume bien la situation économique actuelle. Le problème auquel nous devons faire face est particulièrement insidieux parce que beaucoup de gens ne comprennent pas vraiment quelle en est la cause, ce qui lui permet de demeurer. Mais avant d'en venir aux abstractions, lisons l'e-mail que j'ai reçu de mon laitier.

      Cela commence ainsi : "nous aimerions prendre le temps de vous dire que, du fait d'importantes hausses de prix auxquelles nous devons faire face sur les matériaux que nous utilisons pour embouteiller le lait... nous sommes obligés d'augmenter les prix de nos produits présentés dans des emballages en verre".

      Puis l'e-mail montre, dans le détail, à quelles hausses de prix exactement la ferme est confrontée. Ce laitier est un modèle de communication et de transparence. Beaucoup de nos banques et de nos entreprises devraient s'en inspirer pour communiquer avec le public.

      A l'origine de ces augmentations douloureuses, on trouve une hausse de 4% du coût des bouteilles en verre et une hausse de 6% du coût des bouchons en plastique. La ferme a également dû faire face à une hausse de 14% de ses frais de transport rien qu'au cours de ces six derniers mois du fait de l'augmentation du prix de l'essence. Ce n'est pas tout : une hausse de 2% du matériel tels les gants en latex et les filets à cheveux, une hausse de 5% du matériel technique de contrôle du lait et une hausse de 8% des produits chimiques utilisés pour nettoyer les bâtiments et les équipements.

      "J'espère que vous pouvez tous comprendre que nous avons au total vécu une forte hausse", continue l'e-mail. "C'est pourquoi aujourd'hui, il est devenu nécessaire pour nous d'augmenter de 7% le prix de nos produits embouteillés. C'est toujours une décision difficile à prendre pour nous mais parfois inévitable".

      Nous pourrions appeler cela "l'Indice du Laitier". Je peux vous dire que c'est ce qui se passe dans toute l'économie en ce moment même. Je suis beaucoup d'entreprises et la hausse du coût des matières premières représente la principale source d'inquiétude pour celui qui fabrique quelque chose.

      ▪ Naturellement, en tant qu'investisseur, l'idée serait de jouer ceux qui tirent avantage d'une telle hausse du coût des matières premières et de laisser tomber ceux qui ne peuvent faire porter ces coûts à leurs clients. Ainsi, par exemple, la hausse du prix des bouteilles en verre me fait penser à Owen-Illinois. Cette entreprise est le plus gros fabricant mondial d'emballages en verre. Je l'ai conseillée dans ma lettre d'investissement, Capital & Crisis en décembre. Une partie de la thèse ici est que la hausse des prix en 2011 aiderait à augmenter les marges et les bénéfices. Jusqu'ici, l'action n'a pas beaucoup progressé mais l'idée centrale pour en posséder demeure tout à fait d'actualité.

      Cela a en fait été un mini-thème dans Capital & Crisis, où j'ai recommandé plusieurs producteurs spécialisés sur des matériels dont le prix augmente. Une autre idée est de posséder les producteurs des matières premières dont le prix augmente, comme la plupart des actions dans l'exploitation minière et dans l'énergie que j'ai déjà conseillées.

      ▪ Ce phénomène de hausse des prix des matières premières nous amène à aborder le pourquoi. Pourquoi est-ce que cela arrive ?

      Une réponse courte est que la Réserve fédérale fait beaucoup fonctionner la planche à billets. C'est amusant, je peux expliquer cela à mon fils de 12 ans en utilisant des billets du Monopoly -- et il le comprend. Pourtant il semble que des économistes diplômés et bardés de titres ronflants dans les think tanks et les agences gouvernementales n'y comprennent rien du tout.

      Lorsque vous créez beaucoup d'argent, cet argent perd de sa valeur. Il achète moins qu'avant. C'est essentiellement ce à quoi nous assistons.

      Le principal baromètre de la création monétaire est le bilan de la Fed. Lorsqu'il s'accroît, c'est aussi le cas de la quantité d'argent répandu. Tout cet argent doit bien aller quelque part. Les gens achètent des actions, des matières premières et de l'or.

      Par conséquent, QE2 est l'appellation fantaisiste donnée à un acte de base très simple : imprimer de l'argent. Et vous pouvez voir que le bilan de la Fed a gonflé, les actions et l'or ont surfé sur la vague d'argent. Le dollar s'est également affaibli (permettant d'acheter moins), et les taux hypothécaires sont montés.

      Ce n'est là que le commencement. Nous savons comment, par le passé, se sont terminées les périodes d'impression de monnaie : mal.

    • La Fed fait pleuvoir une avalanche de dollars pour contrer les tornades du Middle West - 02/05/2011

      ▪ Et de  sept ! C'est par l'écart minimum (+0,05%) et acquis à la dernière seconde de cotation que le CAC 40 a terminé la dernière semaine d'avril sur un carton plein à la hausse et un gain hebdomadaire de 2,15%, ; le tout dans un volume d'une étroitesse digne d'un jour de mariage royal à Londres.

      Après une noce sans fausse note, comment les marchés auraient-ils pu faire grise mine à l'heure du vin d'honneur ? La Bourse de Londres avait revêtu la redingote pour l'occasion, et certains traders faisaient partie de la haie d'honneur, une bouteille de champagne à la main.

      Ils pouvaient célébrer l'événement avec le sentiment du devoir accompli. Ils avaient littéralement arraché tous les indices à la hausse jeudi -- à commencer par le DAX et le CAC 40 --, histoire de prendre un peu d'avance avant l'entame du mois de mai qui pourrait s'avérer plus délicate.

      Wall Street de son côté était accablé de mauvais chiffres (croissance, emploi, immobilier) et déçu par des trimestriels mitigés (EXXON, Microsoft). Pourtant, la place américaine avait suivi le mouvement de façon si enthousiaste que beaucoup d'observateurs se sont demandé s'il ne s'agissait pas d'une hausse sur commande -- une sorte de cadeau de mariage de Wall Street à la City à la veille du mariage royal. Un jour comme celui-là, même si le ciel économique est gris, il doit y avoir du soleil dans tous les coeurs !

      ▪ A propos de ciel assombri... celui du Middle West américain prend des teintes d'apocalypse avec un record historique absolu et planétaire de 150 tornades pour la seule journée de mercredi (le 28/04).

      Nous avions évoqué le sujet 15 jours auparavant, dans le cadre d'une réflexion plus générale sur le réchauffement climatique. Ce qui relevait de l'anecdote concernant la sphère du monde agricole s'impose désormais à la une des quotidiens américains avec un bilan humain vertigineux qui dépasse les 400 morts et le millier de blessés.

      Les sans-abri se comptent désormais par dizaines de milliers tant les dégâts sont importants. Mais Wall Street est tellement déconnecté du monde réel que les assureurs et réassureurs américains n'accusent même pas le coup, alors que les dommages se chiffrent désormais en milliards de dollars.

      Une catastrophe naturelle, c'est d'abord une bonne excuse pour imprimer encore plus d'argent ou demander l'aide de la Fed sans soulever d'objections. Voilà comment une pluie de débris se transforme en pluie de dollars.

      ▪ Toutefois, Wall Street n'est pas le seul lieu où les investisseurs semblent planer au milieu de la quatrième dimension. En Europe également, les marchés semblent pris dans une véritable "tempête de ciel bleu".

      Personne ne semble plus lire les bulletins de météorologie économique. Francfort a littéralement ignoré vendredi la chute de 2,1% des ventes de détail en Allemagne -- au lieu de -0,5% anticipé. Quant à la hausse du taux de chômage en Espagne (+1% à 21,3%), elle a laissé Madrid de marbre.

      Les indices européens engrangeaient ainsi 0,2%. C'est dans le sillage du record annuel du DAX 30 qui atteint 7 515 et engrange 6,7% sur le mois d'avril -- soit la meilleure performance mensuelle depuis mars 2010. Pendant ce même temps, le dollar, lui, a chuté de 5,3%.

      Le CAC 40 gagne beaucoup plus modestement 3% sur l'ensemble du mois d'avril. Le Dow Jones s'adjuge 4,5% -- il s'est hissé au-dessus des 12 800 points vendredi dans le sillage de Caterpillar principalement.

      Le Nasdaq aligne une série record de huit séances de hausse consécutive, ce qui n'a même pas soulevé la moindre marque d'incrédulité de la part des commentateurs vendredi.

      Même si les derniers gains sont respectivement de 0,09% et 0,04% (soit un point d'indice), du point de vue d'un robot gavé de critères empruntés à l'analyse technique, la tendance reste indéfectiblement haussière et les programmes d'achats seront poursuivis.

      Le Nasdaq Composite a inscrit sa deuxième clôture d'affilée au-dessus du zénith du 24 janvier 2001 et le Dow Transportation inscrivait, lui, un nouveau record historique absolu !

      ▪ Le billet vert continue d'enfoncer des planchers annuels ; les 1,50/euro pourraient être testés dès cette entame du mois de mai. Le pétrole, quant à lui, s'avance gaillardement au-delà des 113 $. L'or inscrit un nouveau record à 1 550 $ ; l'argent-métal retrace son zénith des 49 $ du début des années 80.

      Nous avons le sentiment d'assister à un scénario de type tsunami. Les cambistes qui aperçoivent au loin une crête écumante partent chercher refuge sur les hauteurs (des matières premières)... tandis que les spécialistes des actions foncent ramasser les coquillages qui ne sont jamais découverts en temps normal ; ils se fichent de ceux qui quittent précipitamment la plage en laissant sur place les chaises longues et la glacière.

      Depuis quand un mur de liquidités de 3 000 milliards de dollars devrait-il effrayer les gérants de portefeuilles ? C'est au contraire une occasion inespérée de sortir le surf et d'en jeter plein la vue aux chroniqueurs de la Chronique Agora !

      Nous regardons le spectacle qu'ils nous offrent avec intérêt, car au bout du rivage se dresse une muraille de défiance vis-à-vis du dollar dont le sommet se perd dans les nuages... Les Chinois n'en veulent plus, les Russes non plus.

      Les traders de Wall Street savent-ils effectivement surfer sur les promesses d'argent éternellement gratuit de Ben Bernanke ? En tout cas, nous leurs conseillons d'apprendre en plus à voler (pas leurs clients) au-dessus des vagues (de dégagement sur le dollar) qui ne vont pas tarder à emporter la crédibilité de la Fed comme une tornade de force cinq emporte les toitures dans le MiddleWest.

       

      PS : Que nous réserve la séance d'aujourd'hui ? Comment vous positionner pour en profiter au mieux ? Retrouvez Philippe Béchade au 08 99 88 20 36* pour une analyse exclusive des coulisses boursières... et des conseils pour y adapter votre portefeuille.

      *1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
      Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

      Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute

    • Stop loss : seulement profitable pour le banquier ? - 02/05/2011

      ▪ Imaginez que vous allez à Las Vegas avec une stratégie -- enfin, avec de l'argent ET une stratégie. Vous arrêterez de jouer quand vous perdrez 500 $. Vos pertes potentielles seront limitées à ces 500 $ et vous pensez avoir à peu près les mêmes chances de gagner au moins 500 $. Ce n'est hélas pas vrai. Dans le monde de la finance, une telle stratégie s'appelle un stop loss et, je vais vous surprendre car en tant que trader vous n'avez pas pour habitude que l'on vous dise cela, elle ne produit pas de performance supérieure. Pas de panique, je vais vous expliquer.

      Avec un stop loss, l'investisseur a la fausse impression d'être protégé contre la baisse des marchés. L'idée de base est pourtant simple : quand une position baisse d'un certain pourcentage, par exemple de 1%, elle est automatiquement vendue. Intuitivement, on se dit qu'à part quelques accidents de parcours, le portefeuille ne perdra pas plus de 1%, et profitera de toutes les hausses à venir. Ce n'est pas comme cela dans la réalité ; c'est ce qu'ont démontré des chercheurs de l'université de Washington.

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      Comment faire des gains sur le Forex ?
      Simple : il suffit d'avoir un peu de temps... de discipline... et surtout les conseils d'un spécialiste du domaine ! Si vous avez les deux premiers ingrédients, nous avons le troisième : profitez-en sans plus attendre...

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      Dans la réalité, la performance du portefeuille tend à se concentrer au point de stop loss (-1% dans notre exemple), selon les recherches de Kira Detko, Wilson Ma et Guy Morita, de la Michael G. Forster School of Business, à l'université de Washington. Utiliser des stop loss revient à croire qu'ils n'auront qu'un effet : limiter les pertes à un certain niveau prédéfini.

      Mais une autre conséquence est que le portefeuille multipliera les prises de perte à ce niveau, justement. Ce qui nuit à la distribution des performances, puisque sans ces stop loss, ces petites pertes n'auraient pas été prises.

      L'originalité du papier de Detko, Ma et Morita est qu'ils raisonnent en termes de coûts et bénéfices face à l'utilisation des stop loss. Utiliser un stop loss revient à croire au Père Noël, pour ce qui est des coûts et bénéfices.

      Un enfant qui croit au vieux bonhomme barbu sait qu'il recevra un cadeau s'il est sage. C'est le bénéfice. Le coût est celui du cadeau, qui est à la charge des parents -- car le Père Noël n'existe pas, du moins pas dans le monde de la finance. Un investisseur qui veut gérer son risque grâce aux stop loss (c'est son bénéfice) doit aussi en supporter les coûts, qui sont cachés. J'ai déjà mentionné le premier -- les performances sont pénalisées. Il en existe d'autres que le graphique ci-dessous vous permet de visualiser, et qui explosent près du niveau auquel est fixé le stop loss.

      Graphique de performances avec et sans stop loss
      Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

      Dans le cas d'un marché sans direction (la performance est proche de zéro), nous voyons que les bénéfices du stop loss sont anéantis par ses coûts. Dans un marché haussier, les stop loss réduisent la performance, car ils ne permettent pas à un actif de corriger puis de se reprendre. Dans les marchés baissiers, enfin, ils limitent les pertes.

      Globalement, démontrent ces chercheurs américains, l'utilisation de stop loss n'a pas d'impact significatif sur la performance. C'est pourquoi ceux qui les utilisent doivent prendre en compte d'autres facteurs que leur perte maximale souhaitée, comme la liquidité, les coûts de friction, la stratégie et la structure du portefeuille. Conclusion, la technique du stop loss n'apporte aucun avantage en elle-même...

      En 2005, Robert Macrae, d'Arcus Investments, avait démontré qu'une stratégie impliquant des stop loss augmentait la volatilité, ce qui est l'inverse de l'objectif recherché. La raison : avec des stop loss, l'effet de levier doit être plus important pour assurer une exposition constante. D'où le regain de volatilité.

      Cette technique est néanmoins particulièrement appréciée par les gérants de portefeuille pour deux raisons. Un : elle endort le client, qui a la fausse sensation de connaître son risque et d'être protégé. Il sait qu'il n'a pas besoin de passer son temps devant les cours boursiers, le doigt sur le bouton de sa souris pour être prêt à vendre.

      Deux : elle multiplie les opérations (ventes automatiques quand le seuil est atteint, puis achats), ce qui génère des commissions de transaction pour la banque.

      L'investisseur, là-dedans, est encore une fois le dernier des soucis du banquier. Seriez-vous le pigeon ?

       

      [Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché"). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders"', qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse). Marc Mayor met également toute son expertise financière, ses analyses et ses recommandations au service des investisseurs particuliers dans le cadre de sa lettre d'information, La Lettre de Marc Mayor]

      Première parution dans le Billet du Trader le 29/04/2011.

       

    • L'or a-t-il atteint son sommet ? - 30/04/2011

      ▪ Ça y est ! Enfin, le grand événement a eu lieu. Il y a eu liesse et champagne dans les bureaux de la Chronique, et peut-être même quelques larmes d'émotion discrètement essuyées ici et là.

      Comment ? Quel mariage ?

      Non, cher lecteur, nous ne nous soucions pas de têtes couronnées, à la Chronique Agora. Ce qui a retenu notre attention cette semaine, c'est l'or -- désormais bien installé au-dessus des 1 500 $, il bat record sur record, dans une configuration de marchés plutôt inhabituelle, comme l'expliquait Philippe Béchade hier :

      "Demandez-vous seulement s'il s'est produit une seule fois au cours des 50 dernières années cette combinaison prodigieuse et totalement contre nature d'une once d'or qui pulvérise record sur record (1 539 $ jeudi soir) tandis que le VIX enfonce plancher sur plancher. Le VIX, c'est le baromètre de la sphère du virtuel carburant à la monnaie de singe. Le métal précieux, c'est exactement l'inverse. Devinez lequel préfigure la teneur des mois à venir ?"

      Nous prendrions bien les paris... mais l'issue semble si certaine qu'ils ne seraient guère intéressants à suivre.

      ▪ Jean-Claude Périvier, rédacteur en chef de Défis & Profits, rapproche quant à lui la hausse de l'or aux phénomènes exceptionnels qui se sont produits ces dernières semaines.

      "S'il y avait un prix Nobel de la catastrophe globale, nul doute qu'il pourrait être attribué à ce début d'année", explique-t-il. "Alors que les économies avancées relevaient péniblement la tête à grands coups d'artifices, le monde a assisté à une révolte sans précédent de populations exprimant leur détresse et leur soif de profiter des fruits de la croissance mondiale. Emeutes ici, guerres civiles ailleurs, des pays habitués aux seconds rôles sont sur le devant de la scène : Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Yémen, Côte d'Ivoire"...

      "Puis, tandis que les Etats et les financiers se penchaient au chevet des pays endettés redoutant une réaction en chaîne de défauts de paiement dans l'Union européenne, la catastrophe japonaise ravageait une partie de la troisième économie mondiale. Conséquences : le prix de l'once d'or atteint un record historique à plus de 1 500 $ l'once et le prix du baril de pétrole est ramené sur des niveaux oubliés depuis près de trois ans, menaçant ainsi la timide reprise économique des pays industrialisés et l'expansion des émergents, en insufflant partout dans le monde une inflation que l'on croyait oubliée".

      Mais maintenant, le métal jaune commence à faire les gros titres dans la presse -- je me rappelle avoir vu des articles à son sujet dans Les Echos et Le Monde, notamment. Existe-t-il encore vraiment des possibilités de hausse pour l'or ? Et pour nous qui nous sommes positionnés au tout début de l'envolée... est-ce le moment de vendre ?

      Bill Bonner avait quelques éléments de réponse :

      "Maintenant que l'économie se remet lentement et sûrement -- c'est Bernanke qui l'a dit ! -- de nombreux investisseurs commencent à se demander si l'or n'a pas lui aussi atteint (et dépassé) un sommet historique".

      "Espérons que les gens en soient convaincus. Plus ils seront nombreux à la penser, mieux nous nous porterons. Oui... qu'ils vendent l'or... s'il vous plaît ! Qu'ils le vendent lors d'une panique. Qu'ils le vendent bon marché. Qu'ils le vendent au rémouleur ! Qu'ils le mettent au clou ! Qu'ils le fourguent lors de soirées organisées par petites annonces ! Qu'ils le vendent sur eBay ! Vendez... vendez... vendez...

      "Vous savez quoi faire dans ce cas, n'est-ce pas, cher lecteur ?"

      Achetez !

      Meilleures salutations,

      Françoise Garteiser
      La Chronique Agora

      Autres articles sur le même thème :
    • Le rôle de la Fed et de Bernanke a évolué -- et c'est le dollar qui trinque - 29/04/2011

      ▪ Bernanke s'est exprimé. Il a tenu une conférence de presse. Pourquoi le monde voudrait-il une conférence de presse de la part d'un banquier central ? Ah... bonne question. Parce que c'est une célébrité. Il est puissant. Il a le bras long. Il est aussi populaire que William et Kate combinés.

      Par le passé, un banquier central était censé être anonyme... silencieux... caché quelque part... si fondu dans la masse qu'un citoyen ordinaire ne connaîtrait ni son nom ni son visage.

      Un bon banquier central était un banquier central dont on n'avait jamais entendu parler. Il faisait son travail. Il s'assurait que le pays avait assez d'or pour couvrir ses dettes extérieures et ses émissions de devises au niveau national. Il ne s'inquiétait pas du plein emploi. Il ne se souciait pas non plus de la "croissance". Son travail, c'était de s'assurer que la devise était saine. C'est tout. S'il le faisait correctement, il n'était personne.

      S'il s'en sortait mal, en revanche, il risquait de finir castré. Ou déshonoré, à tout le moins.

      Les temps ont changé. Alan Greenspan a transformé les banquiers centraux en célébrités. Il figurait aux côtés d'Hillary Clinton lors du discours de son mari sur l'état de l'Union... signifiant ainsi l'alliance entre l'argent et le pouvoir, un peu comme le pape et le saint empereur romain apparaissant tous les deux sur le balcon du Vatican.

      Aujourd'hui, qui ne reconnaîtrait pas la trombine de Ben Bernanke ?

      En fait, on le tient pour largement responsable du sauvetage de la civilisation occidentale. Oui, il est allé là où les idiots hésitaient à s'aventurer -- et il a sauvé toute l'affaire.

      Et maintenant ?

      Eh bien, ses efforts se sont révélés être un échec retentissant. TARP, TALF, QE1, QE2... les autorités américaines ont mis en danger plus de 10 000 milliards de dollars pour renverser la situation. Les déficits fédéraux à eux seuls représentent 4 500 milliards de dollars sur les trois dernières années.

      Et pour quoi ? L'immobilier continue de chuter. Le taux de chômage dépasse encore les 10%... sauf si l'on cesse de compter les gens qui n'ont pas pu trouver de travail. Plus de 40 millions d'Américains reçoivent des bons d'alimentation. Et toute augmentation du prix du carburant ou des denrées alimentaires mettent les budgets des ménages sous pression comme une augmentation d'impôt.

      ▪ Aujourd'hui, non seulement le banquier central joue un rôle bien plus grand dans la vie d'une économie moderne, mais il en va de même pour le gouvernement. Un rapport paru en début de semaine nous apprenait que plus de la moitié de la "croissance des revenus" ces 10 dernières années aux Etats-Unis provenait des autorités !

      Attendez une minute. Où le gouvernement obtient-il de l'argent ? Comment les autorités peuvent-elles donner à plus de la moitié des ménages américains plus de la moitié de leurs augmentations de revenus ? Qui paie pour cela ?

      Cet argent n'appartient-ils pas à quelqu'un d'autre, en réalité ? Ne déshabillent-ils pas Pierre pour habiller Paul ?

      Si, bien entendu. Mais Pierre n'est pas en âge de voter, alors qui s'en soucie ?

      Le Fiscal Times rapportait que les électeurs américains -- dans leur ensemble -- reçoivent plus en allocations gouvernementales qu'ils ne paient d'impôts.

      Les autorités ont transformé la moitié de la population en zombies débutants... qui se nourrissent de l'autre moitié de la population... et de leurs enfants... et des enfants de leurs enfants.





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    Dernière mise à jour : 12/10/2007
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