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Sommaire
La Chronique Agora
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- Le cycle haussier des matières premières n'est pas terminé - 25/07/2008
** Dans un renversement complet des tendances récentes du marché, le pétrole a baissé. Le brut est tombé sous la barre des 125 $ cette semaine.
- Nous ne voulons pas trop nous fier à cette petite sortie des haussiers du pétrole. Mais nous sommes dans un pays libre. Chacun peut faire ce qu'il veut, pour l'instant.
- Pourtant, gardez bien à l'esprit que ce à quoi vous êtes en train d'assister est un dénouement gigantesque de toutes les positions à effet de levier prises dans le système financier. Les capitaux sont vendus et dévalués tandis que les dettes sont remboursées. Les actifs qui grimpaient durant l'ère de l'argent bon marché sont en train de chuter à mesure que le crédit facile disparaît du système.
** Il faut surtout faire attention à la fuite des liquidités hors du système financier mondial et à ses conséquences sur les actions du secteur des matières premières. Mineweb rapporte que BHP a perdu 75 milliards de dollars de capitalisation boursière ces deux derniers mois.
- L'année dernière, les vingt premières entreprises minières (en termes de capitalisation boursière) ont perdu 542 milliards de dollars de valeur. Ajoutez-y les vingt premières entreprises pétrolières (particulièrement Exxon Mobile et Petro China) et vous obtenez un total de pertes de valeur boursière se montant 1,4 milliers de milliards de dollars sur l'an passé.
- "Sur les marchés des ressources naturelles", nous dit notre ami Rick Rule, "vous êtes soit une victime, soit un contrarien". La grande question est donc de savoir si vous allez être une victime ou un contrarien en continuant à miser sur les actions du secteur des matières premières après une période de douze mois si difficile. Les marchés des ressources naturelles sont cycliques. Et ce qui s'est passé l'année dernière suppose qu'au moins quelques investisseurs pensent que le cycle arrive à son sommet.
- En ce qui nous concerne, nous pensons que le cycle n'a pas encore atteint son plus haut. En réalité, cette période particulière ressemble beaucoup au mois de mai 2006. Souvenez-vous : de mai 2003 à mai 2006, l'action BHP a grimpé de 270%, passant de 8,56 $ à 31,72 $. Cela a été la première grande "réévaluation" d'une valeur minière en tant que valeur de croissance.
- Puis, en mai 2006, le boom des matières premières est entré dans sa première phase de consolidation. BHP n'a plus augmenté de tout le reste de l'année. Il a fallut attendre mai 2007 pour que l'action clôture au dessus de 31,72 $. Mais au cours des douze mois suivants, il a gagné 51%, atteignant presque les 50 $ le 19 mai.
- Se pourrait-il que, depuis deux mois, nous soyons entrés dans une nouvelle période de consolidation ? Cela paraîtrait logique, étant donné la manière dont les marchés du crédit ont rendu les actions effrayantes.
- Mais la possibilité de prix plus élevés pour les matières premières, de plus grands volumes de production et d'un cycle des ressources naturelles historiquement plus fort est-elle encore possible ? Oui. |
- Baisse des ventes des voitures les plus gourmandes en essence : nouveau symptôme de la crise - 25/07/2008
** Lorsque le cycle des rachats de ventes à découvert touche à sa fin, la dynamique haussière doit se trouver de nouveaux moteurs auxiliaires, sinon les cours de bourse retombent comme un soufflé.
L'actualité micro et macroéconomique de la séance d'hier a occasionné un brusque retour à la dure réalité. Ni les trimestriels -- avec pas moins d'une centaine de résultats publiés aux Etats-Unis en l'espace de 24 heures --, ni les statistiques du jour n'ont entretenu l'ardeur des acheteurs. La bourse de Paris a donc entamé une consolidation (-1,4%) qui n'est guère surprenante après un rebond de presque 11% en six séances -- soit un segment haussier qui constitue l'exacte symétrie de la capitulation indicielle survenue du 1er au 15 juillet.
Hier, la volatilité a été une nouvelle fois assez intense avec 110 points d'écart entre les extrêmes du jour. Le CAC a même testé au cours de la séance deux niveaux jugés stratégiques : le seuil des 4 438 points, qui correspond à la résistance testée le 30 juin, puis, quelques heures plus tard, le seuil des 4 333 points -- soit le sommet du gap laissé béant le 22 juillet.
La séance a été relativement active à Paris avec six milliards d'euros échangés. Les trois plus gros volumes négociés à la vente l'ont été sur les valeurs du secteur énergie. Total a perdu 2,8%, EDF 3,2% -- alors que le rachat de British Energy pour 15,5 milliards d'euros semble imminent -- et GDF-Suez 2,35%. Vallourec, très lié à la thématique pétrolière, chutait quant à lui de 6,45% dans le sillage du baril, revenu sous les 124 $ à New York.
** Les titres industriels et ceux du compartiment automobile ont pesé sur l'ensemble des bourses européennes (-1,3% pour l'Eurotop 100). A Paris, le titre Peugeot (-7,2% dans le sillage de Daimler) signait la plus forte baisse du SBF 120 et Renault abandonnait 3,35% après l'annonce d'un plan de suppression de 5 000 à 6 000 postes à travers l'Europe.
Pas de quoi rassurer les salariés/consommateurs européens mais une confirmation éclatante du principe de gestion très apprécié des investisseurs anglo-saxons : il consiste à dégraisser en priorité les effectifs, puis à mettre encore plus la pression sur les sous-traitants (le fameux cost killing). Et tout cela afin d'éviter une éventuelle réduction des dividendes -- un drame social insoutenable !
Si cela "fait sens" aux yeux des actionnaires, cela met aussi littéralement cul par-dessus tête le principe fordien -- et fondateur de l'American way of life -- qui postule qu'un producteur, quel qu'il soit, ne peut espérer vendre que ce que les employés dans leur ensemble sont en mesure d'acheter. Ce qui signifie que la vraie prospérité dépend aussi du niveau des revenus.
Etant donné qu'aux Etats-Unis, 5% des actionnaires possèdent 80% des titres en circulation, cela fait beaucoup d'exclus de la course au pouvoir d'achat si les dividendes devaient être maintenus coûte que coûte en sacrifiant systématiquement la masse salariale, au seul profit d'une catégorie de la population qui est loin d'être dans le besoin -- en témoigne le nombre de Hummer vendus l'an passé, nous allons y revenir.
** En ce qui concerne le groupe Ford, les grands principes qui ont prévalu jusque dans les années 70 ne pèsent pas lourd face à la concurrence asiatique dans le secteur des véhicules d'entrée de gamme, ou européenne dans le haut de gamme. Le segment des gros 4x4 sur lequel les constructeurs américain régnaient en maîtres est littéralement sinistré depuis deux ans.
Ford accuse une perte trimestrielle de 8,5 milliards de dollars et se lance à son tour dans un sévère plan de restructuration. Il prévoit entre autres la reconversion complète de trois des quatre sites industriels produisant les fameux SUV, véhicules tout terrain passant en fait 99,9% de leur temps sur les routes goudronnées et en centre-ville.
Le symbole des "années fric" (2003/2006), le célèbre Hummer, pourrait voir sa production totalement arrêtée par General Motors... à moins de revendre la marque et les usines à un milliardaire saoudien ou un oligarque russe : les rues des beaux quartiers de Moscou en sont encore littéralement encombrées, et il s'agit souvent de la version blindée.
Avec son moteur turbo diesel V8 de six litres de cylindrée, le Hummer est le 4x4 le plus puissant du marché automobile, mais il faut bien cela pour propulser ses trois tonnes de fureur et de frime qui en font le véhicule préféré des rappeurs et des trafiquants de drogue aux Etats-Unis... mais n' y voyez pas d'amalgame inopportun.
Le Hummer est également le 4x4 le plus polluant au monde, avec une consommation allant de 13 à 25 litres aux 100 kilomètres en consommation urbaine ou intensive. Il émet de sept à dix tonnes de gaz à effet de serre par an sur la base moyenne de 40 000 kilomètres parcourus.
Pour tous ces services rendus à la bonne santé atmosphérique de la planète, le Hummer bénéficiait aux États-Unis de l'abattement fiscal de 100 000 $ accordé aux dirigeants de PME ou aux travailleurs indépendants investissant dans leur "outil de travail" : une sorte d'anti-prime écologique en quelque sorte.
Grâce au fisc américain, les ventes de Hummer (à 60 000 $ l'unité) avaient explosé depuis 2002, avec un pic de 70 000 unités écoulées aux États-Unis en 2006.
Avec un gallon de gasoil à 4,50 $ en moyenne, la demande est en forte baisse : elle a été réduite de trois-quarts en quelques mois. Si le Hummer servait d'étalon à la bonne santé de l'économie américaine, le diagnostic serait des plus alarmants.
** Et s'il avait besoin d'être confirmé, les indicateurs économiques américains du jour y suffiraient largement. Les ventes de logements anciens ont reculé de 2,6% en juin à 4,86 millions d'unités, selon le dernier rapport mensuel de la NAR, l'association nationale des promoteurs immobiliers.
Par ailleurs, selon le département du Travail, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté de 34 000 la semaine dernière, une progression bien plus forte que prévu.
Sur le Vieux Continent, l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne a de nouveau baissé au mois de juillet pour s'établir à 97,5, un chiffre également très inférieur aux attentes des spécialistes. La composante "anticipation" recule dans des proportions inattendues à 90 contre 94,6 en juin. Le pessimisme gagne les dirigeants d'entreprises, qui n'ignorent pas qu'une récession entraîne généralement une baisse de 25% des bénéfices sur une période moyenne de 25 mois.
Mais à quelque chose malheur est bon puisque les sombres perspectives européennes dopent le billet vert. Voici le dollar revenu au-dessus des 1,5650 face à l'euro, ce qui devrait contribuer à soutenir la tendance sur les bourses européennes, pourvu que le baril de pétrole n'apparaisse pas comme une alternative bienvenue en cas de net fléchissement de Wall Street.
Philippe Béchade, Paris
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- Avec la récession, les Etats-Unis sont contraints de revoir leur niveau de vie - 25/07/2008
** Qu'est-ce que tout cela signifie ? Pourquoi le pétrole recule-t-il ? Pourquoi les valeurs bancaires remontent-elles ? Comment les Etats-Unis sortiront-ils du piège de l'endettement ?
* Et la "guerre civile" entre l'inflation et la déflation ? Comment finira-t-elle ? Avec une explosion d'hyperinflation... ou avec le chuchotement de la baisse des prix, des faillites et de la récession ?
* Le mieux que nous puissions dire, pour l'instant, c'est que -- comme dans toute guerre civile -- les civils se font tuer. Un jour ils tombent dans l'embuscade de la hausse des prix à la consommation... le lendemain ils se font assommer par la chute des cours des actifs. Le niveau de vie US revient à des niveaux qu'on n'avait plus vus en 40 ans.
* Nous avons souvent fait remarquer que les salaires américains n'ont pas grimpé depuis longtemps. Les derniers chiffres sur le sujet montrent qu'il n'y a pas eu d'augmentation réelle depuis 1968. Depuis, chaque sou de hausse des salaires horaires a été compensé par l'augmentation des prix à la consommation.
* Seuls les riches s'en sont bien tirés, nous a-t-on dit. Ils possédaient des actifs. Et les prix des actions ont grimpé en flèche. Mais si l'on calcule les prix des actions... ou de l'immobilier... en termes de gallons de carburant qu'ils permettent d'acheter, on s'aperçoit que même "les riches" ne sont pas aussi riches qu'ils le pensent. Le Dow permettait d'acquérir environ 2 200 gallons d'essence en 1968. Aujourd'hui, à 4,40 $ le gallon, le Dow en vaut environ... 2 200.
* Evidemment, en termes réels, le Dow a baissé après 1968. Il fera probablement de même aujourd'hui.
** "Eh bien, ça n'a pas l'air de beaucoup vous déprimer", a déclaré un journaliste durant une interview. "En fait, vous avez l'air de bonne humeur".
* "Pourquoi devrais-je être de mauvaise humeur ?" avons-nous répondu. "La plupart des gens ne sont pas plus avancés maintenant que quand j'avais 19 ans. De toute évidence, quelque chose ne marche pas. Si les gens veulent s'enrichir, ils vont devoir faire les choses autrement -- comme par exemple arrêter d'essayer de dépenser jusqu'à devenir riche. Une économie de consommation ne fonctionne pas. Ca n'a jamais fonctionné. Kurt Richebächer -- paix à son âme -- avait raison sur toute la ligne. Le seul moyen fiable de s'enrichir, c'est la méthode à l'ancienne -- il faut dépenser moins qu'on ne gagne. Cela va peut-être choquer votre auditoire, mais c'est vrai. Je leur conseille d'essayer : dépensez moins que vous ne gagnez. Vous aurez plus d'argent. C'est comme de la magie... ou quelque chose comme ça"...
* "Je suis aussi de bonne humeur parce que les choses se passent comme elles le devraient. Lorsque les gens dépensent trop d'argent... lorsque les spéculateurs jouent trop imprudemment... lorsque le gouvernement distribue trop de cash et de crédit -- il doit y avoir des conséquences. Un marché libre n'est pas un système conçu pour offrir des dîners gratuits aux gens. Il est conçu pour les rendre meilleurs -- en les récompensant quand ils font le bon choix, et en les punissant lorsqu'ils font le mauvais choix. Ces 20 dernières années -- au moins -- les gens ont fait des choses que les anciens économistes auraient considérées comme "sans morale". C'est-à-dire qu'ils ont dépensé plus qu'ils ne gagnaient... par exemple. A présent, c'est l'heure du châtiment. Ils sont rééduqués. Et ils finiront plus pauvres... mais plus sages".
* "Franchement, nous préférerions être plus bête et plus riche, mais les marchés ne donnent pas un tel choix. Ils séparent les imbéciles de leur argent. C'est ce qu'ils font en ce moment. Alors pourquoi désespérer ?"
* Dommage pour le malheureux qui a un palais en banlieue... un énorme prêt hypothécaire... et un gigantesque véhicule dévoreur d'essence pour se déplacer. Il doit apprendre sa leçon. Il doit réduire son train de vie... et dépenser moins d'argent.
* Mais cela lui permettra de s'améliorer. Il pourra épargner de l'argent... construire un patrimoine... arriver à l'indépendance -- plutôt que d'être esclave de son 4x4, sa maison, ses créanciers et son périphérique. |
- Le boom de la géothermie commence, (2) - 25/07/2008
Sylvain Mathon (*)
Le boom de la géothermie commence... Je vous l'ai dit et je le répète : en matière d'énergie, il y a de la place pour tout le monde. Face à la pénurie annoncée, la variété du mix devient une question de survie. La seule question à se poser pour évaluer les perspectives d'un secteur, c'est donc la compétitivité à court terme de sa technologie.
Les coûts de construction d'une centrale géothermique sont élevés. Pour les grosses structures, les plus rentables, il faut compter à partir de 3 000 $ environ par kilowatt installé. En contrepartie, le combustible est gratuit... Et l'entretien représente moins d'un tiers des coûts totaux de l'équipement.
Entre cinq et sept cents le prix au kw/h en Californie ! Contre 15 cents pour le nucléaire... Pour le prix au kw/h, on estime qu'il s'échelonne entre cinq et 30 cents selon les conditions géologiques et la technologie employée : ce qui montre, encore une fois, que cette énergie est avant tout une affaire d'opportunité.
En Californie, une des régions pionnières en la matière, on table sur cinq à sept cents pour les centrales récentes. A titre de comparaison, le coût au kw/h du gaz naturel est désormais proche des huit cents aux Etats-Unis, en raison de la flambée des cours ; celui du nucléaire avoisine les 15 cents. Et comme vous le savez déjà, le nucléaire et très compétitif !
Le temps joue pour la géothermie... La géothermie privée, quant à elle, pâtit encore de son coût à l'installation. Je ne veux pas jouer les prosélytes : cette technologie n'est pas non plus la panacée... Mais il ne fait aucun doute qu'elle recèle un sacré potentiel, dont nous n'avons pour l'instant qu'effleuré la surface.
Les années qui viennent devraient voir le boom de la géothermie à l'échelle mondiale... Tout simplement parce que le temps joue pour elle. La flambée des carburants fossiles la rend d'ores et déjà concurrentielle. Elle ne pollue pas et, par rapport à d'autres énergies vertes comme l'éolien, elle offre un approvisionnement continu, garantie de stabilité pour les réseaux électriques.
Le potentiel énergétique terrestre n'est exploité qu'à 6%... Les experts estiment la capacité mondiale totale de production à 149 000 MW. A l'heure actuelle, 9 500 MW sont en exploitation. Le potentiel énergétique terrestre n'est exploité qu'à 6%...
Il faut dire que jusqu'à une date récente, la géothermie -- surtout de très basse énergie -- faisait figure de "luxe écologique".
La crise des carburants fossiles et la montée d'une dramatique pollution urbaine, dans les métropoles émergentes ont changé la donne. J'avais constaté cela en Inde : tout comme j'avais pu voir que le développement des zones rurales isolées nécessitait des équipements énergétiques autonomes de petite taille, à prix modéré... ce que pourraient nous offrir de futures générations de pompes à chaleur.
Les besoins des émergents vont accélérer l'émergence de la géothermie Les émergents n'ont pas le choix. Il leur faudra mettre la géothermie dans leur mix énergétique... La Chine le sait bien : l'Empire du Milieu et l'écologie, cela ne se résume pas au refus du protocole de Kyoto ! La présidence de Hu Jintao, inaugurée en 2002, s'inscrit sous le signe d'une croissance mieux maîtrisée : limiter la dépendance énergétique et réduire la pollution urbaine. Certes, l'accent reste porté sur les fondamentaux socialistes de la croissance industrielle. Mais avec 300 000 morts chaque année pour raisons environnementales (vous avez bien lu !), le pays ne peut plus fermer les yeux.
La croissance du marché chinois des pompes à chaleur : +17% par an ! En octobre dernier, le géant Sinopec s'est associé à des partenaires islandais pour promouvoir de grands chantiers géothermiques. La Chine s'est dotée d'une loi pour atteindre, d'ici à 2020, une part de 10% de renouvelable dans sa production énergétique. La croissance du marché chinois des pompes à chaleur (80% des équipements de climatisation) est estimée à 17% par an.
Si j'insiste sur le rôle nouveau des émergents, c'est qu'ils pourraient bouleverser cette industrie de fond en comble. Demande en explosion, massification des équipements, innovations techniques, baisse des coûts de production, démocratisation des technologies...
Si vous voulez mon avis, la géothermie, après une longue traversée du désert, pourrait bien atteindre la masse critique dans les deux décennies qui viennent.
En attendant, regardez vers les Etats-Unis ! Les Etats-Unis sont un champion de la géothermie : notamment la Californie, terre de geysers et d'écologistes. Or la politique énergétique de l'administration Bush commence à avoir mauvaise presse : d'abord adulées, les sociétés fabriquant de l'éthanol sont accusées d'aggraver la pénurie alimentaire mondiale, tandis que l'empreinte écologique de cette production (eau, engrais, pesticides, produits chimiques) s'avère plus lourde qu'attendu...
L'élection d'un nouveau président pourrait être le prétexte à une inflexion sensible : c'est le pari que font déjà bon nombre d'analystes. Et si l'on reparle d'énergies vertes, la géothermie est un candidat rêvé pour les USA. Or le secteur américain est très fragmenté : voilà pourquoi je vous conseille vivement de jouer un leader, qui pourrait bénéficier à fond des consolidations sectorielles... et du boom de la géothermie.
Meilleures salutations,
Sylvain Mathon Pour la Chronique Agora
(*) Globe-trotter invétéré et analyste averti, Sylvain Mathon, est un peu "notre" Jim Rogers... Après avoir travaillé durant dix ans au service de grandes salles de marché, il met depuis février 2007 toute son expertise en matière de finances et de matières premières au service des investisseurs individuels dans le cadre de Matières à Profits, une lettre consacrée exclusivement aux ressources naturelles... et à tous les moyens d'en profiter. Il intervient régulièrement dans l'Edito Matières Premières. |
- Inflation, déflation : match nul ? - 24/07/2008
** Rappelez-vous, cher lecteur : alors qu'on aurait dit que l'inflation avait le dessus, les forces de la déflation ont lancé une contre-offensive majeure. Le tir de barrage a commencé il y a quelques semaines. Où en sommes-nous aujourd'hui ?
* "L'équilibre des forces économiques penche vers la contraction", écrivait Martin Wolf dans le Financial Times.
* Il note toutefois que l'inflation n'est pas entièrement battue. En première page du journal, on lisait d'ailleurs que "l'inflation a atteint un sommet de 16 ans". Mais tout de même, les dieux de la guerre financière semblent être passés du côté de la déflation.
* Le secteur bancaire souffre. Le toit s'effondre sur le secteur immobilier. Le pétrole corrige.
* Jusqu'à présent, l'or noir rend les économistes perplexes. L'économie mondiale ralentit. Les gens réduisent leur utilisation d'énergie. Aux Etats-Unis, les familles prennent des vacances plus près de chez eux, par exemple.
* La Fed de Bernanke a nettement laissé sous-entendre qu'elle ne baisserait pas plus ses taux -- et qu'elle pourrait même les augmenter. Dans de telles conditions, on s'attendait à ce que le dollar grimpe... et que le pétrole baisse.
* Ca ne s'est pas passé comme ça. Même aujourd'hui -- alors que les cours du pétrole sont en baisse -- on pourrait s'attendre à ce que le dollar grimpe. Mais non. Les spéculateurs parient que les Etats-Unis continueront d'affaiblir le billet vert. En d'autres termes, ils parient sur de nouveaux ennuis... Ils se débarrassent du pétrole, parce qu'inévitablement, il finira par réagir à la baisse d'activité économique.
* "Si le désendettement continu de l'économie américaine venait à affaiblir la consommation US", continue Wolf, "l'économie pourrait s'enfoncer dans une profonde récession. Les déficits budgétaires américains grimperaient en flèche, et les taux intérêts pourraient augmenter. Cela pourrait rendre la dynamique de dette du gouvernement américain extrêmement déplaisante. Une fuite hors du dollars et des obligations en dollars pourrait même s'ensuivre".
** Si l'on décrivait la situation en termes de "guerre" entre l'inflation et la déflation... on pourrait donc dire que c'est match nul. La déflation a gagné du terrain -- mais le front s'est stabilisé. Les actions ont repris le chemin de la hausse. Et l'inflation des prix à la consommation est de retour dans les journaux.
* D'un autre côté, la dégringolade de l'or est une victoire claire de la déflation, non de l'inflation. Et nous avons trouvé un article dans le Wall Street Journal qui nous a rappelé que l'économie américaine n'en était qu'au début d'un recul déflationniste :
* "Les fermetures de magasins atteignent des niveaux record".
* Le commerce au détail a des problèmes. Il n'y a probablement rien de plus certain, cher lecteur. Après une fièvre d'achats qui a vu les Américains dépenser TOUT leur argent... et plus... ils ne vont pas dépenser encore PLUS. C'est impossible. Au lieu de cela, ils dépenseront moins. Ce qui signifie que les commerçants vendront moins. Et cela signifie aussi qu'on aura besoin de moins de vendeurs... et d'espaces de vente.
* Le moment est mal choisi pour détenir les titres de détaillants US... ou des centres commerciaux -- surtout ceux qui sont dans la cambrousse et loin de tout. |
- Le boom de la géothermie commence (1) - 24/07/2008
Sylvain Mathon (*)
Domestiquer la force d'un volcan, une utopie ? Pas tout à fait : en Islande, aux Etats-Unis, en Russie, au Japon, au Mexique, aux Philippines, des centrales géothermiques existent. En Guadeloupe, le site bien nommé de Bouillante exploite deux centrales en espérant, d'ici à quelques années, assurer 10% de la production électrique guadeloupéenne : une force d'appoint non négligeable. L'île de la Réunion a lancé à son tour un chantier d'exploration, notamment autour du redoutable Piton de la Fournaise.
Si vous pensez que les applications de la géothermie se résument à des installations spectaculaires sur une poignée de sites très spécifiques, il est temps de réviser votre opinion. Je vous promets que nous allons parler de technologies beaucoup plus générales que cela... et potentiellement très lucratives.
D'où vient cette chaleur ? Notre planète est une centrale nucléaire à elle toute seule. On savait depuis longtemps qu'elle recèle en son coeur, à quelque 6 000 km sous le niveau de la mer, du magma en fusion ; mais c'est depuis quelques décennies seulement que l'on est en mesure d'estimer l'ampleur des phénomènes à l'oeuvre.
D'où vient cette chaleur ? Pour l'essentiel, de réactions nucléaires : la désintégration des isotopes à vie longue d'uranium, de thorium et de potassium qui abondent à l'intérieur du noyau.
Les capacités énergétiques de cette centrale géologique donnent le vertige. On sait désormais que la terre n'est pas en équilibre thermique : elle refroidit lentement et aurait perdu, jusqu'ici, de l'ordre de 300 à 350°C sur ses trois milliards d'années d'existence... Pour une température, au coeur du noyau, estimée à 4 000°C environ.
Cinquante mille centrales nucléaires sous nos pieds ! Pour vous donner une idée, le flux calorique total de la planète s'élèverait à 42 millions de MW... Soit plus de 110 fois la capacité nucléaire totale en activité dans le monde : nous avons sous nos pieds l'équivalent de près de cinquante mille de nos centrales nucléaires !
Reste à savoir comment en profiter... La tectonique des plaques a suffisamment bouleversé les sous-sols pour faire affleurer, en quelques points de la planète, ces ressources thermiques colossales. Dès le 19ème siècle, les pays qui avaient la chance d'en disposer ont commencé à implanter des équipements, soit pour la génération d'électricité (par vapeur et turbines), soit pour le chauffage.
En termes de capacité électrique, les grands pays de la géothermie sont aujourd'hui les Etats-Unis, les Philippines (cette énergie compte pour un quart de leur production électrique), puis le Mexique, l'Indonésie et l'Italie. Dans le domaine des applications non-électriques, les leaders sont la Chine, le Japon, les Etats-Unis, l'Islande ou la Turquie.
On n'a pas besoin d'un volcan ni de sources chaudes pour exploiter ce potentiel Un véritable trésor énergétique dort sous nos pieds. A l'heure où la flambée des cours et la pénurie des ressources nous obligent à faire "feu de tout bois", ce trésor commence à susciter des appétits bien au-delà des rares endroits où son exploitation est commode...
Car les applications de la géothermie ne se limitent pas aux situations géologiques exceptionnelles. On n'a pas besoin d'un volcan ni de sources chaudes pour exploiter ce potentiel ; et personne n'a dit qu'il fallait forcément des températures extrêmes. Cela ouvre des perspectives prometteuses, bien au-delà des seules régions volcaniques. Je ne vous dis pas qu'on peut ouvrir des centrales géothermiques n'importe où sur la planète, mais les possibilités sont plus larges qu'on pourrait le penser.
La chaleur captée dépend directement de la profondeur du forage Plus on s'enfonce, plus la température augmente. C'est ce qu'on appelle le "gradient géothermique" : on estime que la température de la croûte terrestre augmente en moyenne de 20 à 30 degrés tous les kilomètres.
On peut espérer atteindre 60°C à 2 ou 3 km de profondeur... 100°C à 4 ou 5 km... Et selon ces calculs, passé 10 km, la quantité de chaleur que recèle notre globe vaudrait au moins cinquante fois la totalité de nos ressources en hydrocarbures !
Mais pas besoin de descendre aussi profond pour profiter des bienfaits du sous-sol. Il existe en fait trois façons d'exploiter cette ressource.
La géothermie à haute énergie C'est la plus compliquée à mettre en oeuvre : elle consiste à forer dans des nappes d'eau souterraine très chaudes (plus de 100°C), afin d'alimenter les turbines d'une centrale électrique à l'aide de la vapeur libérée.
La géothermie dite de basse énergie C'est la plus ancienne -- celle des thermes. Il s'agit ici de capter l'eau chaude d'une température supérieure à 30°C des nappes profondes pour la remonter à la surface et l'utiliser directement. Son principal emploi est le chauffage urbain ou industriel.
La géothermie de très basse énergie Elle consiste à exploiter la chaleur emmagasinée à une faible profondeur. Sauf situation particulière, le manteau terrestre ne joue ici guère de rôle. C'est surtout le rayonnement solaire qui compte.
Néanmoins la très basse énergie est sans doute l'application la plus prometteuse, dans la mesure où on peut l'appliquer en tout point de la planète. Vous la connaissez sans doute sous la forme des pompes à chaleur. Leur fonctionnement s'apparente à celui d'un réfrigérateur : elles peuvent chauffer l'hiver ou rafraîchir l'été, en exploitant les différences de température entre deux environnements.
Elles équipent la quasi-totalité des bâtiments neufs en Suède. Ces équipements doivent fonctionner à l'électricité ; mais en mode chauffage, ils restituent plus d'énergie qu'ils n'en consomment. Les pompes à chaleur géothermiques (avec prise de terre) se révèlent plus coûteuses, mais aussi plus efficaces que leurs homologues à prise d'air. La suite dès demain...
Meilleures salutations,
Sylvain Mathon Pour la Chronique Agora
(*) Globe-trotter invétéré et analyste averti, Sylvain Mathon, est un peu "notre" Jim Rogers... Après avoir travaillé durant dix ans au service de grandes salles de marché, il met depuis février 2007 toute son expertise en matière de finances et de matières premières au service des investisseurs individuels dans le cadre de Matières à Profits, une lettre consacrée exclusivement aux ressources naturelles... et à tous les moyens d'en profiter. Il intervient régulièrement dans l'Edito Matières Premières. |
- La Fed et le pétrole sauvent les marchés, en dépit de fondamentaux moroses - 24/07/2008
** En Bourse, que faire quand les fondamentaux économiques ne sont pas terribles, quand les perspectives ne sont pas brillantes, quand la conjoncture est décidément morose ?
La réponse est toute simple : on se concentre sur les résultats des entreprises... et on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. C'est-à-dire pas grand'chose, mais ça a suffi à nourrir les marchés hier -- avec un rebond tout à fait magistral du côté européen, et plus nuancé outre-Atlantique.
Le CAC 40 a ainsi grimpé de 1,88% sur la séance d'hier -- repassant à 4 408 points à la clôture. Comme me le disait Philippe Béchade (qui n'est pas des nôtres aujourd'hui pour cause d'impondérables, mais devrait être de retour dès demain), "on a vu plutôt juste dans le timing du rebond". A Londres, le FTSE 100 faisait presque aussi bien, avec une hausse de 1,6%, tandis qu'à Francfort, le DAX progressait de 1,43%.
Les marchés tenaient donc la forme, avec seulement six valeurs terminant dans le rouge à la clôture pour le CAC 40. Les secteurs de l'automobile et des technologiques ont mené le bal... avec "des résultats conformes aux attentes" pour Yahoo! et "une perte moins importante que prévu" pour STMicroelectronics. Enthousiasmant, non ?
Mais qu'importe : la Fed et les autorités américaines sauveront Fannie Mae et Freddie Mac, le pétrole baisse (le baril de WTI New York est repassé sous la barre des 125 $, à 124,44 $ contre 128,42 $ mardi), le dollar se remet un peu (1,5689/euro, contre 1,5780 la veille)...
Bref, tout va bien, si si ! Regardez les marchés américains : le Dow Jones a grimpé de 0,26% sur la séance de mercredi, à 11 632,38 points, tandis que le Nasdaq s'adjugeait 0,95%, terminant à 2 325,88, et que le S&P 500 grappillait 0,40%, à 1 282,10. C'est la preuve, non ?
** La preuve de quoi, voilà ce qu'il faudrait déterminer. La preuve d'une vraie reprise, ou la preuve de l'aveuglement -- volontaire ? -- des intervenants sur les marchés ? Parce que parallèlement à l'accès de hausse des places mondiales, on apprend par exemple qu'en France, les industriels n'ont décidément pas le moral.
Si l'on en croit l'INSEE, citée dans La Tribune, "Selon les chefs d'entreprise interrogés en juillet, la conjoncture industrielle s'est à nouveau dégradée : l'indicateur synthétique du climat des affaires se situe désormais en dessous de sa moyenne de longue période".
L'indice concerné est passé à 98 points en juillet, contre 101 points en août... et ça ne devrait pas aller en s'arrangeant, comme l'explique La Tribune : "Les entrepreneurs de l'industrie manufacturière constatent une augmentation de leurs stocks, et une baisse de leurs carnets de commandes, ajoute l'INSEE, estimant qu''au vu des perspectives personnelles de production, l'activité continuerait à ralentir au cours des prochains mois'. 'Les perspectives générales, qui représentent l'opinion des industriels sur l'activité de l'industrie dans son ensemble, se dégradent nettement', poursuit l'Insee".
Et que voyons-nous là ? Toujours en France, la consommation des ménages recule : -0,4% le mois dernier pour les produits manufacturés. Pas franchement un ingrédient idéal pour nourrir une croissance saine et solide...
Sans parler des Etats-Unis, où la Fed a publié hier son Beige Book sur les tendances et perspectives du moment -- et on ne peut pas dire que l'humeur soit des plus encourageantes : Bernanke & Co. s'inquiètent en effet d'un ralentissement économique généralisé, dans tout le pays : activité, consommation, industrie, immobilier... tout chute, dégringole, vacille, s'enlise, s'embourbe.
Mais ce qui semble surtout inquiéter la Réserve fédérale, c'est l'inflation : "'toutes les régions ont qualifié les pressions sur les prix de fortes ou en augmentation', avec une hausse des prix des matières premières et du pétrole notamment. Les prix de détail ont ainsi 'augmenté dans plusieurs régions'", cite La Tribune. Une indication quant à une future hausse des taux ?
En attendant, inflation + ralentissement économique (déflation) : on a la recette parfaite pour une belle période de stagflation. A suivre ! |
- Géothermie et aluminium, un état des lieux - 23/07/2008
** Une lectrice de Miami, Jean, nous a envoyé la question suivante :
- "Qu'en est-il d'Ormat et de l'industrie géothermique ?"
- Pour faire court, j'adore le géothermique et j'adore Ormat.
- L'énergie géothermique est basée sur l'idée "d'exploiter la chaleur" de l'intérieur de la Terre. On creuse un puit et on injecte de l'eau, ou on pompe de la vapeur depuis de grandes profondeurs. Puis l'on utilise l'eau chaude ou la vapeur pour faire tourner une turbine et produire de l'électricité. Ensuite, on réinjecte l'eau ou la vapeur condensée. Il n'y a en général AUCUN dioxyde de carbone produit au cours de ces opérations. C'est de la production d'énergie totalement propre et écologique.
- Ormat est une grande entreprise et son titre est cher. Mais c'est parce qu'Ormat est peut-être le meilleur pure play de l'énergie géothermique. Il existe plusieurs autres entreprises plus petites, évidemment. Et il y a également d'importantes entreprises qui produisent différents types d'énergies et qui développent le géothermique. Chevron, par exemple, est, sur le plan mondial, le plus gros producteur privé d'énergie géothermique.
- Mais Ormat est l'une des entreprises géothermiques phares au Etats-Unis, et elle développe très rapidement ses projets dans le monde entier. Ormat a récemment remporté un contrat de 42 millions de dollars pour installer une centrale géothermique en Nouvelle-Zélande. Et en juin, l'entreprise a annoncé un contrat de 16 millions de dollars pour fournir les systèmes géothermiques d'une centrale en Turquie.
- Ce récent contrat avec la Turquie était la quatrième plus grosse opération rien que dans ce pays. Les Turcs sont impressionnés par la technologie de pointe d'Ormat. Plus précisément, Ormat propose des turbines organiques de haute performance et de grande efficacité pour des applications de géothermie et de captation d'énergie.
Quand la nouvelle centrale turque sera installée et en fonctionnement, en 2011, Ormat pourra se vanter de fournir 950 mégawatts d'électricité géothermique dans 20 pays différents. Ormat est donc un acteur clé dans le domaine de la géothermie -- un secteur qui s'étend dans le monde entier. Nous pouvons nous attendre à de grandes choses de la part d'Ormat sur le long terme.
** Un e-mail d'un autre lecteur, Arthur, qui demande :
- "Que se passe-t-il avec Alcoa ? Vous disiez que selon vous, le prix de l'aluminium allait augmenter. Alcoa a pourtant chuté ces derniers temps".
- Nous avons une perspective d'investissement à long terme. Nous cherchons de bonnes opportunités sur le long terme. J'apprécie Alcoa pour plusieurs raisons -- sur le long terme.
- Alcoa fait partie des principaux fabricants d'aluminium dans le monde. Et le monde a besoin d'aluminium. L'entreprise a derrière elle une longue histoire pleine d'innovations, ainsi qu'une véritable bibliothèque de brevets et autres propriétés intellectuelles. La direction a déplacé la production dans des zones où l'énergie est moins chère, comme l'Islande. L'entreprise est prospère, et l'action rapporte même un dividende de près de 2%.
- Mais quand la bourse tremble, cela ébranle tout le monde -- les bons autant que les mauvais. C'est pourquoi le prix de l'action Alcoa a chuté ces derniers temps. La valeur est tombée à 31 $ et des poussières pendant quelques jours. Autant envisager les prix actuels comme une opportunité d'achat. Sur le long terme, je m'attends toujours à de grandes choses de la part d'Alcoa.
- Certains des plus grands rivaux d'Alcoa viennent du marché chinois. La Chine a développé une grande capacité de production d'aluminium au cours de la dernière décennie. Mais le talon d'Achille de la Chine (pour mélanger les métaphores culturelles) est son incapacité à fournir de grandes quantités d'énergie électrique bon marché à ses sites de production d'aluminium.
- En 2007, la Chine ajoutait une nouvelle centrale électrique à son réseau national à peu près tous les quatre jours. Mais la demande chinoise en électricité augmente de tous côtés. Aujourd'hui, seulement sept mois plus tard, la situation électrique en Chine s'est terriblement aggravée. En effet, la Chine restreint la production d'énergie dans les centrales proches de Pékin pour tenter d'assainir l'air à temps pour les Jeux olympiques. Mais c'est temporaire. Les centrales seront de nouveau en activité dès l'automne prochain, quand les foules d'étrangers et de journalistes seront reparties.
- Le vrai problème reste que la Chine souffre d'une grave pénurie de charbon. Ces dernières années, la Chine a fermé des centaines de petites mines pour des raisons de sécurité. Il y a près de 4 800 accidents mortels dans les mines de charbon chinoises chaque année.
- Et vous savez quoi ? La Chine ne peut pas approvisionner toutes ses centrales qui fonctionnent au charbon. Les ports sont bondés, il devient difficile de compenser la pénurie par des importations venues d'Australie. L'un des fournisseurs les plus anciens -- le Vietnam -- a déjà cessé d'exporter du charbon vers la Chine.
- La Chine ne peut donc pas faire face à la demande en électricité des industries, particulièrement pour la fabrication d'aluminium. Les choses ont empiré dans le secteur de l'énergie en Chine depuis le début de l'année, avec les tempêtes de neige de l'hiver dernier et le tremblement de terre du printemps qui a endommagé de nombreux éléments de production d'énergie hydraulique sur les barrages. Les producteurs chinois d'aluminium ont récemment annoncé qu'ils fermaient près de 10% de la capacité totale de production de la Chine en raison d'une pénurie d'électricité.
- Quand la Chine a annoncé la diminution de la production d'aluminium, le prix de l'aluminium a atteint des sommets presque instantanément. Selon le Financial Times, l'aluminium est le métal de base le plus performant en 2008. Parmi ceux qui tirent avantage de cette nouvelle, on retrouve Alcoa. |
- Utilisez les warrants puts pour couvrir votre portefeuille contre les baisses du CAC 40 - 23/07/2008
Par Mathieu Lebrun (*)
Pour aujourd'hui, cher lecteur, je vous propose une stratégie de couverture de portefeuille à base de warrants puts.
Sortez dans l'optique de jouer une poursuite de la baisse du marché Après une bonne dégringolade, le marché ne semble pas vouloir s'arrêter là. En effet, d'après une lecture graphique de l'indice CAC 40, ce dernier devait encore se replier en direction des 3 850 points avant de se stabiliser et rebondir significativement.
D'ici la mi-août, j'attends donc une nouvelle phase de baisse qui devrait ramener le CAC sur le niveau des 3 850 points.
Une stratégie de couverture à base de warrants put Lorsque les marchés ont pris le chemin de la baisse en mai dernier, vous vous êtes peut-être demandé quoi faire des actions que vous aviez en portefeuille en temps de chute -- surtout si vous avez acheté des titres au plus haut de la reprise du printemps dernier, ou sur le sommet de l'année dernière, lorsque l'indice CAC 40 tutoyait encore les 6 150 points.
Après un an de baisse des marchés, la question est douloureuse car votre niveau de perte est conséquent. Voyons donc comment couvrir votre portefeuille avec les warrants put : cela vous permettra de récupérer les pertes que vous faites sur vos actions, avec des gains important sur des put. Plus vos actions vont baisser, et plus vos put vont grimper, mais dans des proportions encore plus grandes !
La décision de sortir d'un marché baissier dépend presque toujours de notre résistance à la douleur Pour tout investisseur raisonnable, la rentabilité d'un investissement ne peut se concevoir que sur le long terme -- voire du très long terme pour ceux qui ont acheté les sommets de marché.
Si les marchés baissent, on ne peut s'empêcher de dire que tôt ou tard les cours finiront par remonter et dépasser à la hausse son prix d'achat. C'est ce que nous espérons tous, n'est-ce pas ? Mais que se passe-t-il vraiment lorsque les marchés baissent durant des mois, voire des années, mettant nos nerfs à rude épreuve ?
Les moins résistants, résignés, souvent découragés ou paniqués, finissent la plupart du temps par vendre leurs titres à perte. Mais pour ceux qui supportent plus facilement le stress et la douleur, et qui ont décidé de poursuivre l'aventure jusqu'au bout, deux attitudes prévalent chez ceux-là. Soit, ils attendent patiemment le retour de la hausse, et cela peut prendre des années effectivement... soit ils décident de se couvrir pour amortir la chute des actions qu'ils détiennent dans leur portefeuille.
La tempête n'est peut-être pas terminée, il est encore temps de se couvrir Sans être pessimiste, de nouveaux nuages noirs se pointent déjà à l'horizon. Tonnerre, coups de vent et tempêtes de grêle peuvent encore tout emporter avant la fin de cet été. Au lieu de tout vendre à perte, et d'être dégoûté pour toujours de la bourse, s'il vous reste un peu de liquidité, une autre possibilité s'offre à vous : couvrir votre portefeuille avec des warrants put.C'est une option que je vous recommande fortement dans la configuration boursière actuelle -- qu'on peut qualifier aisément de marché baissier (de long terme ?).
Comment faire ? Le principe est simple. Prenons l'hypothèse que vous vous êtes constitué un portefeuille avec quelques valeurs du CAC 40 juste avant que le marché ne parte à la baisse.
Imaginons qu'après la clôture de la séance, votre portefeuille soit valorisé à 10 000 euros. Si vous ne faites rien et que le marché continue de baisser, votre perte potentielle ne ferait que s'aggraver. Mais si vous décidez de vous couvrir avec des warrants (de l'indice), vous amortirez la dépréciation de votre portefeuille. Il vous faudra pour cela déterminer le nombre de put warrants CAC 40 que vous devriez acheter pour couvrir votre portefeuille, en appliquant la formule suivante :
(Valeur du portefeuille x parité du warrant) / (cours de l'indice CAC 40 x delta du warrant)
Etudions l'hypothèse suivante, pour un portefeuille valorisé à 10 000 euros après la clôture de mardi soir :
- l'indice CAC 40 cote 4 050 points (cours de clôture hypothétique de la veille) ; - vous choisissez un put warrant CAC 40 déjà dans la monnaie de préférence, d'échéance d'environ 9 à 12 mois, avec un delta proche de -50 ; - le nombre de warrants que vous devez acquérir pour couvrir votre portefeuille est de :
(10 000 x 500) / (4050 x - 0,5) = 2 470 warrants ; soit un investissement de 2 223 euros (2 470 x 0,90 euros)
Si le scénario baissier continue à se réaliser, plus l'indice perdra, plus votre warrant put se valorisera -- et, grâce à l'effet de levier, dans des proportions bien plus importantes !
Meilleures salutations,
Mathieu Lebrun Pour la Chronique Agora
(*) Mathieu Lebrun est un analyste professionnel aguerri. Il a commencé chez Fortis Banque puis a rapidement intégré la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. Pour Mathieu, les warrants sont un véhicule de choix pour "capitaliser" sur les fluctuations de marché, à la hausse comme à la baisse. Désormais analyste du service 100% Warrants, Mathieu suit une méthode et des objectifs simples : sélectionner pour vous les warrants qui auront un potentiel de gain très important pour des risques maîtrisés. Profitez de ses conseils sans plus attendre ! |
- Nouvelle hausse des taux par la Fed en vue : les marchés vont-ils repartir à la baisse ? - 23/07/2008
** Nous anticipions une pause dans le mouvement de rebond des marchés mais le CAC 40 n'a pas souhaité obéir jusqu'au bout au mot d'ordre de consolidation générale. Il a affiché un gain de 0,15% à quelques minutes de la clôture et il s'en est fallu de peu pour qu'il réussisse à inscrire une cinquième séance de hausse consécutive, après 8,5% repris avec la même aisance qu'une hirondelle se laissant aspirer au sein d'un courant d'air ascendant par une fin d'après-midi estivale.
Mais Paris s'est essayé au vol stationnaire au cours de la dernière heure de cotations hier. La journée d'hier s'est terminée sur un score de parfait équilibre (à 4 327,2 points), à l'issue d'une séance nettement moins active que la veille (5,2 milliards d'euros après 10,4 milliards d'euros).
Précisons toutefois que les volumes avaient été artificiellement gonflés par le réaménagement des portefeuilles indiciels à la veille de la fusion de Suez et Gaz de France. Il ne subsiste donc plus que 39 titres au sein du CAC 40, en attendant que le "comité scientifique" d'Euronext désigne d'ici la rentrée un quarantième et nouvel élu.
Les opérateurs deviennent plus sélectifs et l'actualité des entreprises n'était guère porteuse. Le SBF 120 -- peut-être plus représentatif de la tendance -- s'effritait de 0,14%, ce qui reflète assez fidèlement la tendance générale puisque l'Euro Stoxx 50 cédait modestement 0,23%.
La journée avait plutôt mal débuté en Europe dans le sillage des valeurs bancaires et des opérateurs de téléphonie mobile. L'ambiance a été très tôt plombée par le warning de Vodafone puis d'American Express. Les pertes ont rapidement atteint 1,5% à Paris et 2% à Londres. Cependant, les vendeurs n'ont pas poursuivi leur contre-attaque au-delà de la fin de la matinée et les écarts à la baisse se sont stabilisés autour de -0,7% en pré-ouverture à Wall Street.
L'ambiance boursière s'est ensuite nettement réchauffée avec la soudaine remontée du dollar à partir de 16h. Elle s'est même accélérée en fin d'après-midi, provoquant une rechute symétrique du pétrole. Le baril a ainsi perdu jusqu'à 3,75% hier soir et s'est enfoncé sous les 127 $, ce qui confirme notre hypothèse d'une consolidation jusque vers 122 $ (plancher du 4 juin dernier).
** Les cambistes ont reçu 5 sur 5 le message délivré -- sans que personne ne lui ait rien demandé -- par le président de la Fed de Philadelphie, Charles Plosser. Il plaide en faveur d'une remontée des taux afin d'enrayer la spirale inflationniste aux Etats-Unis.
Soit M. Plosser agit de son propre chef, et cela pourrait traduire des impatiences frustrées au sein de la Fed, soit c'est le premier à lancer -- sur injonction de Ben Bernanke -- un ballon d'essai afin de déterminer si les marchés sont prêts à digérer une hausse imminente du loyer de l'argent.
Un tel changement de cap de la politique monétaire (vers un durcissement) constitue rarement une bonne nouvelle... mais dans le cas présent, cela favorise le dégonflement de la spéculation sur le pétrole et un apaisement des craintes de voir les Etats-Unis s'enfoncer dans la stagflation.
A notre avis, l'économie américaine n'échappera pas aux eaux glacées de la stagflation mais elle pourrait disposer du temps nécessaire pour se verser un peu d'eau sur la nuque avant de plonger, ce qui rendra sur le coup le choc thermique moins douloureux. Pour la suite de la baignade, cela ne change pas grand' chose : il faut être capable de ressortir avant que les lèvres ne bleuissent et que les muscles ne tétanisent, sinon c'est la noyade assurée.
American Express vient de prévenir qu'en termes de chiffre d'affaires il n'espérait plus nager une longueur complète d'ici la fin de l'année 2008, vu les conditions météo qui s'annoncent polaires au cours des prochains mois.
Apple voit également un ralentissement de la demande au second semestre, comme si le marché des biens de consommation ressentait les premiers effets d'un engourdissement par le froid.
** Henry Paulson, le secrétaire d'Etat américain au Trésor présentait hier son plan de sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac. Le gouvernement envisage d'emmitoufler ces deux pauvres entités toutes congelées par la crise des subprime dans un frêle manteau de 25 milliards de dollars d'épaisseur.
Compte tenu des 5 200 milliards de dollars d'encours détenus par ces institutions, leur offrir un financement de 25 milliards de dollars équivaut à tenter de les réchauffer en plein blizzard au moyen d'un coton démaquillant !
C'est dérisoire et pourtant Wall Street tente de se persuader que c'est mieux que rien ! Freddie et Fannie voyaient leur température corporelle rechuter de 6% à 10% mais les opérateurs pensent qu'ils en ont vu d'autres et qu'ils s'en remettront.
Le Dow Jones qui n'a pas tardé à effacer ses pertes initiales pour afficher +0,4% à mi-séance alors que le S&P 500 revenait à son tour à l'équilibre. La surprise provenait du Dow Transport qui effectuait un bond de 3,7%. Rassurez-vous, il n'y a en la circonstance nul prodige : c'est la réaction classique, quoi que légèrement excessive, des titres du secteur aérien sur fond de rechute du pétrole.
Les résultats des compagnies aériennes publiés outre-Atlantique ces derniers jours sont globalement en-deçà des attentes. Wall Street a cependant déjà pricé beaucoup de mauvaises nouvelles, et notamment des hypothèses de coût du kérosène (boosté par un baril à 150 $) qui ne se matérialiseront peut-être pas... tout du moins pas dans l'immédiat.
Nous avons fait le pari que le rebond des indices boursiers ne durerait que le temps de la consolidation des prix de l'énergie : nous n'avons pas le timing mais l'expérience des précédents épisodes correctifs nous enseigne que la spéculation se dégonfle en quatre à six semaines.
Cela nous laisse potentiellement l'espoir d'un mois de rebond du CAC 40 ou du Dow Jones mais nous gardons les anoraks et une chapka à portée de main : les orages de grêle sont parfois violents en plein mois d'août.
Philippe Béchade, Paris
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- HBOS, Bank of America et les autres semblent rassurer les marchés boursiers - 22/07/2008
** Ceux qui jugeaient les possibilités de rebond des marchés plutôt limitées au soir du 16 juillet (après que le Paris eut testé le seuil des 4 000 points en milieu de matinée) et qui se sont tenus prudemment à l'écart d'un mouvement de reprise technique (potentiellement éphémère) semblent avoir changé leur fusil d'épaule en ce 21 juillet. Les indices boursiers ont aligné une quatrième séance de hausse consécutive ; le CAC 40 a affiché hier jusqu'à +1,5% en début d'après-midi, soit +9% sur ses planchers de mercredi, une performance inégalée depuis la période du 13 au 20 mars 2003. Alors que les lundis sont traditionnellement les journées les plus creuses de la semaine... pas moins de 10,5 milliards d'euros ont été échangés hier, après huit milliards d'euros jeudi et 7,65 milliards d'euros vendredi. Cela signifie qu'un nouveau contingent d'acheteurs semble s'être mobilisé sur le constat d'un plafonnement du baril de pétrole sous l'ancien support court terme des 131,5 $ -- le WTI rechutait sous 130 $ lundi soir --, tandis que les marchés obligataires subissaient l'appel d'air des actions (le rendement des Bunds s'est tendu de 0,05% et flirtait avec les 4,65%). A Wall Street, tout comme vendredi, les indices américains ont effectué une entame de séance prudente (-0,3% pour le S&P 500, -0,5% sur le Nasdaq) qui ressemble beaucoup au scénario de la matinée en Europe : repli technique sans intensité. Un franchissement des 11 500 points par le Dow Jones reste de l'ordre du possible, même si l'indice historique peinait à préserver les 10 850 points mardi dernier. Le baromètre avancé de la tendance ces derniers jours fut -- et demeure -- le secteur bancaire. Les opérateurs s'attendaient au pire mais Citigroup, Merrill Lynch puis Bank of America ont annoncé successivement des pertes trimestrielles et des montants de provisions inférieures au consensus. ** Il n'en fallait pas davantage pour inciter les vendeurs à découvert à se racheter massivement... d'autant que la mesure d'urgence de restriction des naked short selling (vente à découvert sans couverture/titre en garantie) instituée par la SEC entrait en vigueur ce 21 juillet. Warren Buffett devrait s'en féliciter, lui qui fustige les effets dévastateurs des ventes à effet de levier. Les restrictions ne concernent en fait que les 17 institutions baptisées primary dealers, cotées à Wall Street. Il s'agit des banques qui ont un accès direct au guichet de refinancement de la Fed -- c'est-à-dire qui souscrivent aux émissions de T-Bonds mais peuvent réciproquement les échanger contre leurs propres titres de créance dans le cadre de "prises en pension". Fannie Mae et Freddie Mac sont également concernés : leurs prochaines émissions obligataires, destinées à fluidifier le marché des créances immobilières, pourraient également bénéficier d'une garantie étendue de la Fed, à hauteur de 300 milliards de dollars. Que les amateurs de vente à découvert qui misent sur une tendance baissière des valeurs bancaires à moyen ou long terme se rassurent : le fonctionnement du marché ne se retrouve pas bouleversé du jour au lendemain. La SEC va simplement exiger que les règlements existants soient appliqués à la lettre : les short sellers devront effectivement emprunter les titres avant de les liquider sur le marché. Les spéculateurs bénéficiaient jusqu'à présent d'une "facilité" qui consistait à vendre puis racheter des titres (ou l'inverse) sans aucune formalité ni aucun frais financier, à condition de déboucler les opérations sous trois jours, avant que le mécanisme de "règlement/livraison" ne rentre en application afin de rapprocher les positions des uns et des autres. C'est un peu comme si la banque ne vous comptait pas d'agios pour vos découverts, à condition que vous fassiez repasser votre compte "dans le vert" l'espace de quelques minutes au bout de 72 heures... avant de retomber dans le rouge (et autant de fois que nécessaire) pour les 48 heures suivantes. Compte tenu des masses colossales de titres "shortés" sur fond de rumeurs catastrophistes entre les 9 et 15 juillet dernier, il est fort possible, sinon très probable, que les vendeurs auraient éprouvé les pires difficultés à trouver une contrepartie disposée à leur avancer les dizaines de millions de titres. Ces derniers, tels des rafales de boulets de canon sur une fragile coque en palissandre, ont fait éclater tous les supports graphiques et techniques, déclenchant une véritable réaction en chaîne à la baisse... et le naufrage boursier des deux vaisseaux amiraux de la finance américaine. Mais l'empressement des spéculateurs à repasser flat (fermeture des positions en cours) peut également s'expliquer par l'émergence d'un courant d'opinion visant à convaincre les non-initiés que les résultats des banques étant "moins pires que prévu", il convient d'inverser la vapeur au plus vite.
** Les résultats de Bank of America publiés ce lundi, ont été bien accueillis (après ceux de ses concurrents Citigroup, Lehman et Merrill Lynch la semaine dernière) sous prétexte que le montant des dépréciations d'actifs a été ramené de 2,81 milliards de dollars au premier trimestre à "seulement" 1,22 milliards de dollars au second trimestre. Par ailleurs, le bénéfice a chuté de 41% là où le consensus redoutait -60% -- soit un profit par action de 72 cents au lieu de 48 cents anticipés, compte tenu de l'intégration dans ses comptes de Countrywide, racheté sous forme d'échange de titre à la mi-janvier, pour 10% de sa valeur d'il y a un an. Nous présentons par avance nos excuses à ceux de nos lecteurs que l'épluchage des comptes d'une banque passionne autant que la lecture des résultats de championnat japonais de hockey sur gazon. Cependant, comme certains hésitent à nous croire sur parole lorsque nous affirmons que les "bonnes nouvelles" du jour ne sont que sont que de grossiers trompe-l'œil, voici quelques éléments de preuve qu'il faudra garder bien au chaud dans un coin de sa mémoire lorsque la bouffée d'euphorie des dernières séances sera retombée (disons... d'ici la mi-août). Si Bank of America met la pédale douce sur les dépréciations d'actifs (-60%), la banque a en revanche plus que triplé les provisions pour mauvaises créances, à 5,8 milliards de dollars. Ces provisions n'affectent non plus des paquets subprime, mais bien des portefeuilles de créances commerciales (PME, PMI) ainsi que des emprunts immobiliers classiques considérés comme présentant un "risque moyen". Et si les provisions sont globalement très comparables aux six milliards de dollars attendus, l'anticipation concernant le montant des sinistres (créances perdues à 90% ou 100%) a plus que doublé, pour atteindre 3,6 milliards de dollars contre 1,5 milliards de dollars au premier trimestre 2008. Le bénéfice de la branche "détail" (clientèle des petites entreprises) a plongé de deux tiers, à 812 millions de dollars, tandis que celui de la banque d'entreprise et d'affaires a cru de 3%, à 1,75 milliards de dollars, probablement grâce à un changement de périmètre incluant Countrywide. Du côté des facteurs réellement positifs, nous citerons l'amélioration du ratio Tier 1 (fonds propres sur encours de crédit), qui s'élève désormais à 8,25%, contre 7,5% au premier trimestre, et la croissance de 4% du produit net bancaire à 20,3 milliards de dollars au lieu des 18,25 milliards de dollars anticipés. Compte tenu de la défaillance d'établissements comme IndyMac ou Bear Stearns, il n'est pas étonnant qu'une partie du chiffre d'affaires se déplace vers la concurrence. Ce n'est pas un signe évident de regain de santé du secteur ni la preuve d'une embellie durable du business model des banques dans un contexte de dégradation générale du climat des affaires et de l'immobilier. Les toutes dernières statistiques américaines s'avèrent par ailleurs décevantes : l'indice composite des indicateurs avancés a reculé de 0,1% à 101,7 au mois de juin aux Etats-Unis, selon le Conference Board, après une baisse de 0,2% -- après révision -- par rapport à avril. ** Et si vous n'étiez pas tout à fait convaincu -- comme nous le sommes -- que le système financier est sur la très mauvaise pente faute de liquidités et de confiance dans l'avenir, il suffit de vous intéresser au cas HBOS : son augmentation de capital de quatre milliards de livres sterling (un montant qui n'a pourtant rien à voir avec les 75 milliards de dollars dont pourraient avoir besoin Fannie Mae et Freddie Mac, ni avec les 100 milliards de dollars déjà levés par UBS et Citigroup) n'a été souscrite qu'à hauteur de 8,3% -- à peine 125 millions de livres -- depuis le 29 avril dernier. Le réflexe presque patriotique des clients et actionnaires de la banque régionale Northern Rock, emblème de la réussite made in Newcastle, n'a clairement pas joué en faveur de HBOS ! Morgan Stanley et Dresdner Kleinwort, les deux banques chef de file pour cette opération (qui aurait été discrètement annulée au bout de quelques jours si elle n'avait été aussi vitale) se retrouvent avec la bagatelle de 1,375 milliard de titres à 275 pence sur les bras... Ils n'auront d'autre choix que de les brader (10% plus bas, ou pire) pour attirer d'autres investisseurs institutionnels. Mais qui aurait envie de prendre le risque du marché immobilier britannique dans les circonstances actuelles ? Les prix s'effondrent dans la plupart des banlieues -- sans attrait particulier -- de la capitale britannique puis dans des quartiers de Londres, où les prix ont gonflé comme un soufflé, par contagion avec la folie spéculative qui s'est emparée des rives nord-ouest de la Tamise, de Kensington, Buckingham et Belgravia. La dure réalité, c'est que les fonds souverains commencent à se lasser des recapitalisations à répétition, surtout lorsque les problèmes ne font que commencer, à l'image de l'Angleterre et de l'Espagne. Avancer de l'argent pour trois ou cinq ans avec des rendements de 8% à 10%, cela fonctionne encore assez bien... mais participer à une opération diluant le capital de 33% ou de 50% avec zéro dividende garanti avant 2012, ce n'est même plus du bénévolat, cela devient de la pure niaiserie !
Philippe Béchade, Paris
PS : L'ECONOMIE COMME VOUS NE L'AVEZ JAMAIS VUE ! Tous les matins dans votre boîte e-mail, découvrez un regard vif, décalé et impertinent sur l'actualité financière et boursière, avec :
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- Immobilier commercial et bourse pakistanaise - 22/07/2008
** "Trop de locaux, pas assez d'occupants..." rapporte le Wall Street Journal. Oui, cher lecteur, nous avions vu venir les choses. Les problèmes de l'immobilier individuel deviennent les problèmes de l'immobilier commercial. Les consommateurs n'ont pas assez d'argent. Ils dépensent moins... et les détaillants souffrent.
* "De plus en plus d'Américains puisent dans leurs épargne retraite", continue le Wall Street Journal. Même logique. Les gens ont moins d'argent à dépenser ; ils regardent sous les coussins du canapé... utilisent plus de cartes de crédit... et cassent leur tirelire-retraite.
* "Les mises aux enchères de maisons ont grimpé de 47% depuis 2003", ajoute USA Today. Là encore, l'histoire sous-jacente est la même. Les gens mettent simplement les choses en ordre. Ils ont trop dépensé durant les années de fête. Bon nombre d'entre eux ont acheté des maisons qu'ils ne pouvaient pas vraiment se permettre. A présent, ils doivent réduire leurs dépenses et se débarrasser de leurs demeures aussi démesurées que leurs dépenses. Mais lorsqu'on trouve tant de gens dans la même situation, le marché pour les maisons démesurées se fait quelque peu encombré. Les acheteurs se retrouvent avec bien plus de choix qu'ils n'avaient il y a quelques années de ça. Et puisque les prix chutent, pourquoi se presser ? Mais bon nombre de vendeurs ont besoin de se débarrasser de leur maison -- même à perte. Ils divorcent, par exemple... ou déménagent dans une autre région du pays... ou sont tout simplement incapables d'assurer le paiement. Que peuvent-ils faire ? Ils mettent leur domicile aux enchères et touchent du bois.
** "Fannie et Freddie ont dépensé 170 millions de dollars en lobbying", rapporte l'agence Associated Press.
* Qu'est-ce qu'on croyait ? Fannie et Freddie ne sont pas des anges. Ils savaient qu'avoir des amis bien placés ne peut pas faire de mal -- surtout quand on a des relations si compromettantes. Avoir des amis à Washington coûte cher... mais les deux sociétés de crédit hypothécaire avaient les poches les plus profondes du pays -- payant généreusement les honoraires et les dépenses d'une longue liste d'anciens membres du Congrès et de ronds-de-cuir de Capitol Hill. Les 170 millions versés aux lobbyistes n'étaient qu'un début. Les cadres des deux sociétés faisaient également partie des plus gros contributeurs aux campagnes électorales, aux programmes préférés des politiciens et à leurs bonnes œuvres de complaisance.
* Quelle magnifique arnaque ! Les deux firmes prétendaient être des parts importantes de la libre entreprise... participant au grand cycle risque/rendement avec toutes les autres sociétés capitalistes... alors qu'elles avaient le plus grand gouvernement au monde derrière eux ; ce n'était que récompense sans le moindre risque, dès le départ. Fannie et Freddie pouvaient canaliser des millions de dollars de profits, les faisant passer des propriétaires aux politiciens... puis, lorsque les ennuis arrivaient, mettre les pertes sur le dos des actionnaires et des contribuables.
** Qui est le plus bête : l'électeur ou l'actionnaire ? Nous n'en savons rien, mais les deux sont amusants à regarder -- surtout quand ils sont nouveaux venus. Les néophytes prennent tout ça très au sérieux. Au Pakistan, par exemple, les investisseurs se sont révoltés la semaine dernière -- brisant les vitres de la Bourse de Karachi et accueillant les officiels avec des jets de pierres.
* Le déclencheur de ce soulèvement populaire était le 15ème jour de baisse des cours -- qui met la perte totale des investisseurs pakistanais à 35%. Cela nous semble plutôt léger, comme perte. Sur les grands marchés, les baisses peuvent laminer jusqu'à 80%-90% des positions boursières des investisseurs. Mais les Pakistanais sont relativement inexpérimentés, en termes de marchés modernes. Ils ne semblent pas réaliser que les prix baissent aussi bien qu'ils grimpent. Ils ne semblent pas non plus comprendre que les marchés sont censés être hors de portée des autorités publiques.
* "Nous exigeons que tous les cours boursiers soient gelés à leurs niveaux actuels", a déclaré un représentant de l'Association des petits porteurs -- s'exprimant peut-être au nom de tous les investisseurs individuels de la planète. Bien entendu, il ne parlait pas pour les vendeurs à découvert -- qui se sont régalés en début de semaine dernière.
* "On ne va pas tarder à entendre parler de suicides", continuait le porte-parole des investisseurs individuels, sans tout à fait comprendre le but du jeu -- et puis les écailles ont semblé lui tomber des yeux :
* "Les législateurs privilégient toujours les gros courtiers et les grands investisseurs".
* Evidemment. Que pensait-il ? Combien d'investisseurs individuels invitent les législateurs à déjeuner ? Combien de capitalistes miniatures leur offrent des emplois... et leur glissent des enveloppes sous la table ? Combien d'individus louent des lobbyistes et de grands cabinets juridiques pour frayer avec les grands de ce monde, les flatter et leur passer la brosse à reluire ? |
- Crise du crédit, crise immobilière : après les Etats-Unis, l'Espagne et l'Asie - 23/07/2008
Par Frédéric Laurent (*)
Les châteaux en Espagne tombent en ruine... La crise du crédit actuelle a des conséquences également sur les autres places financières : la crise immobilière espagnole a fait sa première grande victime, le promoteur Martinsa-Fadesa qui s'est placé en cessation de paiement faute de pouvoir obtenir un prêt de 150 millions d'euros. C'est le premier grand groupe immobilier à se placer sous la protection de la loi depuis le début du retournement du marché immobilier espagnol en 2008. Retournement auquel s'ajoute la crise financière qui rend difficile l'accès au financement pour ces entreprises.
Après des années de très forte demande, d'envolée des prix et de construction à tout crin -- alimentée par de l'argent bon marché en raison de taux d'intérêt bas --, la pierre espagnole est en train de s'effondrer avec des ventes en chute libre et des prix qui marquent le pas.
L'Asie : un tsunami immobilier risque de déferler Les Etats-Unis, l'Europe, à qui le tour ? Eh bien... l'Asie. La semaine dernière, les principales bourses d'Asie ont chuté, effrayées par la santé des institutions financières américaines après le sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac, en se demandant même si les banques chinoises ne recèleraient pas quelque part de ces provisions douteuses.
Les chiffres étaient plutôt inquiétants, jugez plutôt : Tokyo -1,96%, Shanghai -3,43%, Hong Kong -3,81%, Séoul -3,16%, Taipei -4,51%, Bombay -3,70%. Toutes les places sont concernées par l'ampleur de la crise.
Un été pluvieux est annoncé sur la bourse Nous en sommes réduits à attendre les résultats des grandes banques américaines en espérant qu'elles redonnent un signal positif aux marchés. Mais avec les déclarations de Citigroup qui s'attend à devoir passer des dépréciations "substantielles", et Lehman Brother qui envisage de sortir de la cote pour éviter les spéculations à la baisse des traders afin de racheter des participations à très bas prix, laissez-moi vous dire que l'été ne s'annonce pas joyeux !
Le tout sur fond de rumeurs de la solvabilité de l'établissement. Ajoutez à cela le secteur technologique qui pourrait à son tour être contaminé par le ralentissement de la croissance mondiale. Au final, on est condamné cet été à observer les publications des résultats des entreprises qui seront prétexte à aggravation de la chute ou rebond providentiel.
Cac 40 vainqueur par K.-O contre Wall Street Sur les derniers jours, Wall Street, désarçonné par ces problèmes financiers a perdu 3,70%. C'est beaucoup me direz-vous. Oui, mais malheureusement, l'indice parisien a battu ce chiffre avec un "beau" 7% ! Les Américains exportent leurs problèmes en tout genre, de ce côté-ci de l'Atlantique, et nous le payons cher. Enfin, on pourra essayer de se consoler avec notre euro fort...
Docteur, un EPO pour les marchés ! Si les marchés faisaient le Tour de France, ils auraient un sacré col à remonter vu la descente qu'ils ont connue jusque-là. C'est un peu comme s'ils devaient grimper l'Everest à vélo ! Face à une telle performance, ils vont avoir besoin d'un petit remontant. A l'insu de leur plein gré, naturellement...
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent Pour la Chronique Agora
(*) Frédéric travaille depuis plus de 20 ans dans la gestion de patrimoine. Il a fait ses débuts dans une société d'assurance avant de s'intéresser de plus près à la finance et aux marchés. Il a alors travaillé pendant quelque temps pour Merrill Lynch, puis s'est exilé au Luxembourg, où il a appris jusqu'aux moindres détails de la gestion de fortune et de patrimoine.
Frédéric a ensuite fondé sa propre société de gestion de patrimoine. Cela lui permet de mener ce qu'il considère comme une véritable mission : aider les investisseurs comme vous à prendre réellement soin de leur patrimoine -- le protéger, le faire croître quoi qu'il arrive... sans prendre de risques. C'est ce qu'il fait semaine après semaine dans le cadre du service Protection & Rendement : n'attendez pas pour profiter de ses conseils, vos finances pourraient s'en trouver transformées ! |
- Le cobalt, nouvel espoir pour l'industrie aéronautique - 21/07/2008
** L'industrie aéronautique a aujourd'hui une grosse crise sur les bras. Dans le pourcentage des coûts aériens, le carburant atteint désormais près de 35% du total -- près de 13% de plus qu'au début de la décennie. C'est le principal poste de dépenses de l'industrie aéronautique. Le prix du carburant impose une pression énorme sur le secteur. Dans le même temps, les législateurs demandent des avions plus propres, qui émettent moins de produits polluants.
- "Le prix du carburant a changé la réalité de l'industrie aéronautique et lui pose de gros problèmes", a dit Tim Clark, président d'Emirates, une compagnie aérienne basée à Dubaï. "C'est la crise la plus importante de toute l'histoire de l'aviation -- plus grave que les guerres du Golfe, le 11 septembre, le SRAS et les crises pétrolières précédentes".
- Si le prix du pétrole de bouge pas et que rien ne change, l'industrie aéronautique va perdre près de six milliards de dollars cette année, comparé à des bénéfices de 5,6 milliards de dollars l'année dernière. De nombreuses compagnies aériennes vont prendre le chemin désormais familier du dépôt de bilan. D'un point de vue global, 24 compagnies aériennes ont déjà déposé le bilan ces sept derniers mois.
- L'industrie essaye -- et va continuer à essayer -- différentes tactiques pour tenter de repousser la faillite. L'une d'entre elles consiste à construire des avions plus économiques en matière de carburant. C'est aussi une opportunité pour les investisseurs de placer leur argent pour profiter de cette crise.
- Cela commence par le turboréacteur. La semaine dernière, le Wall Street Journal publiait "Les fabricants de turboréacteurs déclarent la Nouvelle Guerre" -- un article sur la ruée vers les réacteurs moins gourmands en carburant. L'article remarque que les compagnies aériennes du monde entier veulent remplacer la totalité de leurs avions, des modèles qui demandent des quantités faramineuses de carburant, par des appareils nouvelle génération. L'objectif des fabricants de turboréacteurs -- ou plutôt, la demande imposée par les consommateurs -- est de présenter un bénéfice à deux chiffres en ce qui concerne l'économie de carburant.
- Comme le rapporte le Wall Street Journal : "développer des réacteurs économiques demande des alliages exotiques et des revêtements céramique qui peuvent supporter la température interne des réacteurs -- laquelle dépasse le point de fusion des composants métalliques non-traités".
** C'est là que le cobalt fait son entrée. C'est un métal solide avec un point de fusion très haut, au-delà des 1 480° Celsius. Ce point de fusion très élevé lui permet de maintenir sa solidité à des températures que les autres métaux ne supportent pas. Les alliages de cobalt ont des points de fusion plus élevés que les alliages de nickel ou de fer.
- Résultat, le cobalt est principalement utilisé pour les superalliages dont les fabricants de turboréacteurs ont besoin. En réalité, la fabrication de superalliages a consommé près d'un quart de la production mondiale de cobalt, dont 75% ont servi à l'aéronautique.
- Le cobalt semblerait avoir de bonnes perspectives en ce qui concerne la demande à long terme. Mais ça ne s'arrête pas là. Les dépenses militaires sont également en augmentation sur le plan mondial. Un rapport du Financial Times sur l'aérospatiale mentionne que l'Inde, la Chine, le Brésil et certains pays du Moyen-Orient ont augmenté leurs dépenses militaires. L'Inde pourrait dépenser 40 milliards de dollars à elle seule en 2009.
- Le cobalt en représente également une part importante. Les Etats-Unis et l'Union soviétique faisaient autrefois des réserves de cobalt à des fins militaires. Ces réserves sont depuis longtemps épuisées, mais le cobalt joue toujours un rôle important dans la défense.
- Aussi excitant que puisse être le secteur de l'aérospatiale, les batteries pour les voitures hybrides pourraient être un marché potentiellement plus important. Une batterie de voiture hybride contient en moyenne entre 2,5 et 5 kilos de cobalt. Les ventes de voitures hybrides vont probablement atteindre les 500 000 véhicules cette année. Et le chiffre augmente rapidement.
- Kitco a récemment remarqué que le cobalt maintient la charge électrique mieux que n'importe quel autre métal. Ce qui le rend difficile à remplacer, même à 50 $ le demi-kilo. "Et les batteries actuelles fonctionnent tellement bien", explique Kitco, "qu'il y a peu de raisons d'en changer la structure (et les prix des autres métaux ont eux aussi atteint des sommets, tout comme le cobalt -- plus rien n'est bon marché)".
- Avec la faillite des banques et les problèmes des grandes structures financières comme Fannie Mae, le cobalt semble être un secteur prometteur. |
- Le marché obligataire reflète les craintes d'inflation - 21/07/2008
** Les nouvelles de la semaine n'étaient guère réconfortantes pour les investisseurs... et n'avaient rien pour réjouir le cœur des économistes -- s'ils avaient un cœur.
* Les marchés ont grappillé quelques points. Mais le marché obligataire s'est enfin donné la peine de regarder plus loin que le bout de son nez... et n'a pas aimé ce qu'il a vu.
* "Les craintes inflationnistes se propagent aux obligations longues", déclare le Wall Street Journal.
* Le rendement sur le bon du Trésor US à 10 ans est repassé au dessus des 4%... et le rendement des obligations longues -- le T-Bond à 30 ans -- a grimpé à 4,63%.
* "L'inflation atteint des sommets douloureux en Europe et aux Etats-Unis", déclare le International Herald Tribune. En dépit de la ligne dure adoptée par la Banque centrale européenne contre l'inflation -- le taux directeur de la BCE est près de deux fois supérieur à celui de la Fed -- l'inflation atteint quasiment les mêmes niveaux en Europe qu'aux Etats-Unis.
* Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation a grimpé de 1,1% en juin, alimenté par les prix de l'énergie, qui ont grimpé de 53% sur les 12 mois précédents.
* Pendant ce temps, le pétrole a baissé. Et l'or a regagné du terrain. S'ils réagissaient tous les deux simplement aux forces économiques -- ils baisseraient. S'ils réagissaient simplement aux forces monétaires -- ils grimperaient.
** C'est bien là le problème des investisseurs et des économistes : nous sommes tous pris entre deux forces opposées... entre la force inéluctable de l'inflation d'un côté et l'objet inamovible de la déflation de l'autre.
* M. le Marché ne sait pas trop quoi en penser ; il ne sait pas s'il doit reculer ou avancer. L'or grimpe parce que l'inflation menace la valeur de la monnaie papier. Le pétrole baisse parce que la déflation risque de réduire la demande d'énergie.
* Les actions grimpent parce que l'inflation pousse les consommateurs à se débarrasser de leur argent. Ensuite, les actions baissent parce que les investisseurs craignent un resserrement de la politique de la Fed dans la lutte contre l'inflation. Puis elles regrimpent lorsqu'elles pensent que la Fed va en fait se consacrer à la déflation.
* Mais tous ces va-et-vient ne sont qu'une distraction. Ce qui se passe réellement, c'est que la fête est finie... et qu'il faut faire le ménage. Il y a des cadavres de bouteilles partout. Des traces de brûlures de cigarette sur le tapis. Et sur le divan se trouve un banquier qui a tellement bu qu'il n'a pas pu rentrer chez lui.
* Tous les jours, les titres des journaux apportent de nouveaux détails :
* Pertes subprime, Bear Stearns, Fannie, Freddie, Northern Rock, indice immobilier Case-Shiller, saisies... dans le salon, la scène est devenue si familière que c'est à peine si les journaux se donnent encore la peine d'en parler.
* Nous passons désormais à la cuisine et à la bibliothèque... et nous n'allons pas tarder à trouver des ivrognes dans les placards à balais. |
- Fannie Mae et Freddie Mac menacent de faire couler le marché du refinancement hypothécaire - 21/07/2008
Par Frédéric Laurent (*)
Ces derniers jours, tous les yeux étaient rivés -- et ils le sont de plus en plus --, sur les deux compères spécialistes du refinancement hypothécaire du crédit immobilier américain, Fannie Mae et Freddie Mac. De fortes secousses ont déjà eu lieu, ces deux sociétés ayant perdu des dizaines de pour-cents.
Or ces deux groupes sont déterminants pour le marché immobilier américain. Pourquoi ? Parce qu'ils ont pour fonction de racheter des prêts immobiliers aux sociétés financières. Ces dernières peuvent ainsi en accorder de nouveaux, ce qui permet de soutenir l'offre de crédit. Une fonction essentielle en ces temps de crise du crédit...
Fannie Mae et Freddie Mac regroupent ensuite les prêts dans des portefeuilles qu'elles conservent ou revendent à des investisseurs institutionnels sous la forme de titres qu'elles garantissent contre le risque de défaut des emprunteurs.
A l'heure actuelle, elles détiennent ou garantissent près de la moitié des 12 000 milliards de dollars des dettes hypothécaires émises. Elles se refinancent ensuite sur le marché à des taux avantageux car l'Etat américain leur accorde une ligne de crédit garantie
Les financiers tentent l'opération de la dernière chance L'ouverture de lundi dernier était sous le signe (temporaire) de l'euphorie, grâce à l'annonce du plan de soutien des autorités américaines aux deux sociétés de refinancement. En effet, les responsables politiques et financiers se sont finalement décidés à intervenir après la dégringolade boursière des deux sociétés qui a pesé sur l'ensemble du marché.
Cela a donc permis à nos deux protagonistes d'ouvrir avec des hausses de 20%. Cependant, cela n'a pas suffi à compenser les pertes de 40% de la semaine précédente... Dans le cadre de son plan de soutien, le Trésor américain a indiqué que la ligne de crédit ainsi consentie va être "temporairement" augmentée. Elle est actuellement de 2,25 milliards de dollars pour chaque institution, mais pourrait être portée à 300 milliards de dollars pour les deux sociétés, selon le New York Times.
Mais cela ne rassure pas du tout les investisseurs qui redoutent que les mesures annoncées par la Réserve fédérale et le département du Trésor se révèlent finalement insuffisantes. La hausse s'est stabilisée à 5% pour chacune, mais le doute est toujours présent dans l'esprit des marchés. De ce fait, les rumeurs continuent sur une poursuite de la crise de l'immobilier jusqu'à la mi-2009, ce qui ne fera que continuer à peser sur les performances des deux groupes...
Faillites bancaires : poussez pas, y'en aura pour tout le monde ! J'avais largement averti mes lecteurs de Protection & Rendement de l'imminence de nouvelles faillites dans le monde bancaire américain. Malheureusement, la prédiction se réalise, avec l'annonce de la banque IndyMac, basée en Californie, qui a été mise sous contrôle par les autorités fédérales de régulation au terme de l'une des plus grosses faillites bancaires de l'histoire américaine.
Pas étonnant que l'humeur soit sinistre !
Depuis cette annonce, Wall Street s'attend à de nouvelles défaillances de banques. Et croyez-moi, le pire est à venir dans le secteur financier. Dans le sillage d'IndyMac, entre 100 et 150 banques pourraient mettre la clé sous la porte dans les 12 et 18 mois à venir, selon des estimations américaines.
Nous verrons la suite dès demain...
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent Pour la Chronique Agora
(*) Frédéric travaille depuis plus de 20 ans dans la gestion de patrimoine. Il a fait ses débuts dans une société d'assurance avant de s'intéresser de plus près à la finance et aux marchés. Il a alors travaillé pendant quelque temps pour Merrill Lynch, puis s'est exilé au Luxembourg, où il a appris jusqu'aux moindres détails de la gestion de fortune et de patrimoine.
Frédéric a ensuite fondé sa propre société de gestion de patrimoine. Cela lui permet de mener ce qu'il considère comme une véritable mission : aider les investisseurs comme vous à prendre réellement soin de leur patrimoine -- le protéger, le faire croître quoi qu'il arrive... sans prendre de risques. C'est ce qu'il fait semaine après semaine dans le cadre du service Protection & Rendement : n'attendez pas pour profiter de ses conseils, vos finances pourraient s'en trouver transformées ! |
- Bouleversements sur les marchés : correction du cours du pétrole, remontée du dollar et des marchés actions - 21/07/2008
** Le trou d'air de mercredi matin dernier -- sur fond de rumeurs de faillite de grandes institutions financières américaines -- a bel et bien été le dernier épisode de la phase de capitulation des cours amorcée, dans sa phase la plus aiguë, le 9 juillet dernier.
Le test du seuil psychologique des 4 000 points à Paris, des 6 000 points à Francfort, des 11 000 points à Madrid et des 1 200 points sur le S&P 500 a véhiculé le sentiment que d'importants objectifs avaient été atteints, d'autant plus que le baril de pétrole avait commencé à consolider dès mardi sous les 145 $. Les scénarios économiques (et boursiers) étaient si sombres que la flambée de l'or du week-end dernier a fini par apparaître comme complètement anachronique.
A moins de 2% des 150 $ le baril (un objectif majeur selon Goldman Sachs), les prises de profit ont stoppé la spirale haussière tandis que le dollar reprenait appui sur son plancher annuel de mars situé vers 1,6030/euro.
Le billet vert rebondit assez timidement (+1% en quatre séances à 1,585 euro) en regard de la correction du pétrole -- la plus forte chute hebdomadaire en pourcentage (-11%) -- et en valeur absolue (-15 $) depuis 1991. Mais, au moins, la glissade en direction des 1,80/euro ou des 100 yens est enrayée.
** Grâce à la conjonction de ces éléments positifs, le CAC 40 engrange un gain hebdomadaire de 4,85%. C'est le plus spectaculaire observé depuis la mi-mars 2007 (+4,7%) mais également le plus important depuis fin mars 2003 (+5,5%).
En d'autres termes, Paris vient d'afficher la seconde plus forte hausse observée au cours des 66 derniers mois et il affiche +7% en "ligne droite" depuis le plancher des 4 002 points, testé le mercredi 16 juillet en fin de matinée : une performance sans précédent depuis début avril 2003.
Avec un gain de 1,75% vendredi dernier, le CAC 40 a bien failli refermer le gap baissier du 9 juillet dernier (4 301 points) et les volumes (7,6 milliards d'euros échangés) constituaient une preuve de détermination des acheteurs à la veille du week-end, après les huit milliards d'euros négociés la veille. L'Euro Stoxx 50 a fait un bond de 2% (+3,9% en hebdo) et la bourse de Madrid a enregistré le plus gros écart du jour (+2,17%) devant Francfort (+1,78%).
Les rachats de découverts se poursuivent à un rythme soutenu bien que de nombreux résultats trimestriels déçoivent, notamment ceux de l'Oréal à Paris et de Delhaize à Bruxelles. Les opérateurs accordent la priorité au dégonflement de la bulle pétrolière qui soulage grandement des titres comme EADS (qui s'est envolé de +19% cette semaine), Air France (+16%), Renault (+13,5%) ou encore Saint-Gobain (+15% repris sur les -50% annuels).
La tendance haussière moyen terme ayant été invalidée dès le mercredi 16 juillet dernier sous les 135 $, si la consolidation du baril devait se poursuivre jusque vers 125 $ ou 122 $, le rebond des indices boursiers pourrait se prolonger en direction des précédents planchers annuels de la mi-mars (soit 4 400/4 430 points à Paris).
** A Wall Street, le Dow Jones reprend 3% sur la semaine. Il se montrait pourtant hésitant, vendredi, écartelé entre les +10% de Citigroup -- avec des pertes moins lourdes que prévu mais qui se chiffrent tout de même à 2,5 milliards de dollars et près de 50 milliards de dollars de dépréciations d'actifs en neuf mois -- et les -7,5% de Microsoft, pessimiste pour le troisième trimestre de l'année en cours.
IBM (+2,5%) restait bien orienté après ses trimestriels car, dans un contexte de mondialisation accéléré, les services informatiques apparaissent comme beaucoup plus porteurs que les ventes de licences pour les PC et la publicité. Google chute donc de 10% à 483 $. A Paris, Cap Gemini a terminé en hausse de 3,3%, grâce à IBM, et engrangeait 14,5% en cinq séances.
** Du point de vue sectoriel, les valeurs financières ont enregistré des rebonds à l'échelle des pertes abyssales observées depuis l'entame du second semestre. Crédit Agricole figurait en tête du palmarès des valeurs françaises et gagnait 7,6% (soit +21% hebdo), BNP Paribas et Dexia suivaient de près avec un gain de 6,7%, devant Société Générale (+6%).
Les plus fortes baisses du CAC 40 concernaient des titres fortement corrélés à l'évolution du pétrole et qui s'étaient inscrits en hausse du 2 au 15 juillet derniers. Vallourec chutait de 4,4% (-7,5% en hebdo), EDF perdait 3,3%, ArcelorMittal 2,8% (-9% en hebdo) et Total 5%.
Le tandem GDF/Suez échappait à la purge qui frappe le secteur énergie/produits de base : les deux titres grimpaient respectivement de 5% et 4,3%.
Cette semaine demeurera marquée par les records historiques de volatilité des indices sectoriels bancaires et des compagnies aériennes. Mercredi soir à Wall Street, les écarts moyens dépassèrent les +15%, avec des pics intraday au-delà de +30% sur Wachovia, Wells Fargo, US Airways, AMR et Continental Airlines. Du jamais vu... mais nous parions que cette année olympique sera propice à l'inscription de nouveaux records tout à fait inédits !
Philippe Béchade, Paris
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- Après le peak oil, le peak gold ? - 18/07/2008
** Et l'or, que fait-il dans tout ça ? C'est la question qui m'occupe aujourd'hui -- après une semaine agitée, où il n'y en a eu que pour Freddie Mac, Fannie Mae et autres IndyMac... mais qui s'est finalement soldée par un rebond général ou presque.
Le métal jaune, naturellement, a fait l'inverse des places boursières, comme de coutume : après être grimpé en flèche, il s'est un peu calmé. Cela n'empêche pas notre collègue américain Ed Bugos de se poser une question cruciale, sur le site BullionVault : est-ce la dernière chance de se positionner sur l'or à moins de 1 000 $ ?
"Après avoir franchi les 920 $, le marché a pulvérisé le sommet de mai, à 940 $, venant toucher le point de renversement à 950 $ - 960 $", explique Ed. "L'orientation chartiste est devenue haussière, et je m'attendrais à voir le soutien tenir au-dessus des 900 $ - 920 $ si le marché devait reculer dans les jours prochains -- validant mes perspectives bullish".
"Mais ce n'est pas simplement une évolution technique. Le marché de l'or suit sa route, en termes fondamentaux. Il s'est rendu compte que la Fed ne pensait pas vraiment ce qu'elle disait sur une hausse des taux d'intérêt américains plus tard dans l'année. Et même si elle le faisait, cela ne suffirait de toute façon pas à récompenser les détenteurs de dollars".
"Le coeur des débats aborde des domaines qui mettent la Fed mal à l'aise : le Dow n'a pas franchi les 13 200 points et l'inflation continue de chauffer, en dépit des signes de faiblesse donnés par l'économie".
"Tous ces facteurs poussent l'or actuellement", conclut Ed. "Et les marchés haussiers sont bien connus pour leur capacité à aller bien plus loin que l'imaginaient les prophètes de la première heure. Tel est le message des cours du pétrole. En tant que haussier de l'or, je le note".
Bref, il est temps d'agir pour l'or... parce qu'en plus de ces facteurs conjoncturels, une autre tendance viendra nourrir la hausse du métal jaune dans les années qui viennent. C'est Simone Wapler qui nous en parlait la semaine dernière dans L'Investisseur Or & Matières + a_IOM Gold pack 0807 complet :
"La capitalisation des mines d'or a été multipliée par 10 entre 1995 et aujourd'hui. Pas si mal quand on sait que l'industrie produit moins d'or et que les bénéfices sont moindres qu'en 1995. Le président de Randgold Resources, Mark Bristow, a mis les pieds dans le plat il y a deux jours. Il a cité une étude faite sur quarante grosses minières. Elles ont levé 20 milliards de dollars de fonds et se sont endettées à hauteur de 10 milliards de dollars de fonds depuis 2001. Mais leur dette nette se monte aujourd'hui à milliards de dollars de fonds. Elles n'ont donc créé aucune véritable richesse".
"Mark Bristow rappelle que la seule façon de créer de la vraie richesse est d'investir dans l'exploration et de découvrir des gisements viables. Certaines se sont donné du mal pour y parvenir... mais sans succès. Quand on vous dit qu'il existe un Peak Gold (épuisement des réserves) en parallèle du Peak Oil"...
Autant de choses qui pointent toutes dans la même direction : achetez de l'or ! Maintenant ! N'attendez pas une énième catastrophe sur les marchés financiers... le prochain renflouage de la Fed... une explosion géopolitique quelconque... ou tout autre soubresaut économique qui fera passer le métal jaune au-dessus des 1 000 $, puis des 1 500 $... et ainsi de suite.
Pour vous aider, quoi de mieux qu'un service qui vous permet d'acheter de l'or physique directement, simplement et à un coût plus que compétitif ? En un clic, vous pouvez vous constituer votre stock d'or pur, de haute qualité, conservé pour vous en toute sécurité dans des coffres à Zurich, Londres ou New York... Un stock que vous pouvez revendre à tout moment, tout aussi simplement.
Personnellement, je ne connais pas de moyen plus facile et surtout plus sûr de se positionner sur l'or physique : 50 000 investisseurs lui on déjà fait confiance -- n'attendez pas pour en profiter vous aussi !
Meilleures salutations,
Françoise Garteiser Pour la Chronique Agora
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- Crise des subprime : le Japon aussi - 18/07/2008
** On entend enfin parler des banques asiatiques. Jusqu'à maintenant, les plaintes et les lamentations dues à la crise du crédit ne résonnaient qu'en Europe et en Amérique du Nord. Mais il y a également des banques importantes au Japon. Et ce mardi, trois d'entre elles ont admis posséder un total de 45 milliards de dollars de titres adossés à la dette émis par Fannie Mae et Freddie Mac.
- Mitsubishi UFJ, Mizuho Financial et Sumitomo Mitsui Financial ont chuté de près de 5% durant la séance à Tokyo tandis que les investisseurs digéraient la triste nouvelle. Le journal japonais Nikkei a annoncé que Mitsubishi possédait près de 31 milliards de dollars d'obligations GSE (government-sponsored enterprises, sociétés financées par le gouvernement US) tandis que l'exposition au risque de Mizuho se montait à 11,3 milliards de dollars et à 1,9 milliard de dollars pour Mitsui.
- "Nous devons être plus prudents en ce qui concerne ce problème", a dit Yoshimi Watanabe, directeur de l'Agence japonaise des services financiers. Bonne idée. Les investisseurs japonais, comme beaucoup d'autres investisseurs dans le monde, ont traité la dette GSE comme une dette gouvernementale. Et nous savons tous qu'une dette gouvernementale est toujours remboursée, c'est bien ça ?
- Eh bien... en principe. Après tout, les gouvernements obtiennent leurs revenus par la menace. Vous risquez d'aller en prison si vous ne payez pas vos impôts. Donc en théorie, un gouvernement devrait toujours pouvoir verser les intérêts sur ses obligations. En théorie.
** En pratique, la mauvaise gestion des finances d'une nation est une chose bien plus courante qu'on pourrait le penser. Quand le gouvernement russe n'a pas pu payer sa dette gouvernementale en 1998, il s'en est pris à ce pauvre John Meriwether et à son équipe de prix Nobel d'économie chez Long Term Capital Management.
- Le model LTCM prévoyait que les spreads de taux d'intérêt entre la dette à long terme et la dette à court terme devaient converger. Le modèle ne comprenait pas l'éventualité d'un défaut de paiement des obligations gouvernementales. Le modèle a explosé et Alan Greenspan a organisé un renflouement de 3,5 milliards de dollars, ce qui semble désuet à la lumière de l'énorme dette GSE actuelle (6 000 milliards de dollars).
- Incidemment, Bear Stearns avait refusé de participer au plan de Greenspan, à l'époque, et avait demandé à récupérer son argent de LTCM, lui valant ainsi l'hostilité de ses partenaires de Wall Street... qui ont probablement tiré un certain plaisir de la fin de Bear en mars. Bear Stearns a refusé d'aider un frère, et n'a reçu aucune aide quand sa chance a tourné.
** Serait-ce lancer une rumeur que de dire que les obligations GSE pourraient subir des défauts de paiement ? Tout dépend de la personne à qui vous posez la question. La Securities & Exchange Commission (SEC) américaine a décidé de mettre fin aux ventes à découvert sur Fannie Mae et Freddie Mac. Un analyste nommé David Trone, qui prétend que les financiers sont maintenant victimes de spéculateurs peu scrupuleux et de rumeurs, approuve.
- Selon Trone : "puisqu'il est impossible de gérer les fausses rumeurs, la meilleur solution pour protéger les institutions financières fragiles serait de mettre un terme à la vente à découvert pendant un certain temps". Trone a également affirmé que la malheureuse société Lehman Brothers est victimes de fausses rumeurs blessantes et que son PDG, Richard Fuld, devrait racheter sa banque pour la protéger des spéculateurs. Peut-être faudrait-il arrêter de lancer des rumeurs selon lesquelles Lehman, Fannie et Freddie sont suffisamment capitalisés.
- On ne peut qu'admirer l'audace de ceux qui affirment que la crise financière actuelle est due aux rumeurs et à la spéculation. Cela prouve que mentir n'est pas si compliqué que ça. Il suffit seulement d'avoir l'air convaincu.
- Il faut être soit un idiot soit un menteur pour suggérer que les problèmes de Lehman découlent des rumeurs. D'où viennent les problèmes de Lehman ? D'une mauvaise gestion du risque, d'un énorme effet de levier, d'une volonté de prendre des risques avec l'argent des actionnaires, et de parier sur le marché subprime.
- On n'a entendu personne à Wall Street se plaindre des actionnaires quand ils offraient des stock options généreuses. Maintenant que le marché rend l'industrie financière responsable de ce qui a été fait avec les capitaux des actionnaires, les inconvénients à être coté en Bourse dépassent largement les avantages. De plus, quand l'action s'effondre, à quoi servent les stock options ? Maintenant qu'il y a des bénéfices à récupérer, les dirigeants semblent bien moins enclins à avoir des actionnaires.
- Les banques d'affaires existent pour enrichir les banquiers d'affaires. N'oubliez pas une chose : l'industrie de la finance a pour mission de vous vendre des nouveaux produits d'investissement. Et plus elle vous en vend, mieux elle se porte. |
- Le pétrole à 95 $ ? - 18/07/2008
** Le prix du pétrole baisse. Il est encore proche de son sommet historique, bien entendu -- mais il glisse...
* "Le pétrole est une bulle prête à éclater", déclarent certains analystes. "Pas du tout, le pétrole réagit simplement à l'offre et à la demande", affirment d'autres.
* Quel est le fin mot de l'histoire ?
* Comme d'habitude, vous pouvez compter sur vos rédacteurs de la Chronique Agora pour vous le révéler -- net, propre et sans bavures.
* Le problème, c'est que le monde réel est toujours un peu faussé. Il y a des taches. Et les bavures, c'est bien connu, sont fréquentes.
* Sur le marché pétrolier, nous voyons à la fois une bulle... et une matière première utile réagissant aux forces économiques. Si vous voulez voir une "bulle pure", regardez la folie des tulipes en Hollande, l'affaire du Mississippi en France ou la débâcle des dot.com à New York. C'étaient des bulles "pures" parce que ni les tulipes, ni les actions du Mississippi, ni les dot.com n'avaient de véritable valeur économique. Leurs prix étaient basés à 100% sur la spéculation -- et non sur l'offre et la demande. Et il n'est donc rien resté lorsque la spéculation a disparu. Leurs cours pouvaient revenir à zéro, en d'autres termes.
* Le prix du pétrole arrivera-t-il à zéro ? Non... aucune chance. Si le marché du pétrole est dans une bulle, c'est une bulle nuancée de trois conditions très importantes : 1) le pétrole est peut-être la ressource naturelle la plus utile au monde ; 2) de plus en plus de gens en veulent ; 3) il est évalué en grande partie en dollars dont la valeur, par rapport à tout le reste, est en train de baisser.
* Normalement, on peut mettre de côté les deux premières conditions. Tout le monde sait que le pétrole est utile. Tout le monde sait que les Chinois, les Indiens et tous les autres étrangers en deviennent dépendants -- tout comme les Occidentaux ces 50 dernières années. Ces conditions ne surprennent personne... et les marchés peuvent en faire abstraction. Elles étaient évidentes sur les places pétrolières il y a deux ans... elles sont évidentes aujourd'hui.
* Bien entendu, même si elles sont évidentes, cela ne signifie pas pour autant que les investisseurs s'en sont aperçus. Et sur le marché pétrolier actuel, on dirait que les investisseurs réalisent soudain quelque chose qu'ils auraient dû comprendre il y a bien longtemps. Mais nous pensons que la véritable surprise, pour la plupart des investisseurs, est la troisième condition. Au cours des 15 dernières années -- une période connue sous le nom de Grande Modération -- l'inflation semblait faire une longue sieste. L'orchestre jouait fort. On faisait circuler les boissons. Tout le monde était à la fête -- sauf l'inflation. Peut-être n'est-elle pas en ville, se sont dit certains. Ou peut-être qu'elle est morte. En tout cas, l'inflation était absente.
* Et puis la vieille rabat-joie est arrivée -- et les gens ont commencé à chercher leurs manteaux et à se dire au revoir.
* "Les prix à la consommation subissent leur hausse la plus élevée de ces 26 dernières années", titrait un article révélateur mercredi. Même le Wall Street Journal annonçait une hausse des prix -- à 2 $ le numéro.
** Si vous êtes un nabab du pétrole dont le seul actif consiste en 100 milliards de dollars de pétrole enfouis sous les sables du désert, vous faites attention. Le dollar a perdu environ 25% de son pouvoir d'achat -- selon la mesure utilisée -- au cours des cinq dernières années. Si les taux d'inflation restent les mêmes, notre malheureux nabab risque de perdre plus de 25 milliards de dollars d'ici 2013. S'il ne pense pas faire de bonnes affaires aux cours actuels, il est susceptible de réduire un peu le débit de son pipe-line -- diminuant la production jusqu'à ce que le prix grimpe.
* D'un autre côté, si le prix du pétrole grimpe assez, il pensera probablement qu'il devrait en profiter tant que ça dure. Il augmentera alors la production -- faisant baisser le cours.
* Nous avons tendance à penser que le marché a probablement eu une réaction excessive par rapport aux circonstances. Lorsque les investisseurs ont réalisé à quel point la demande augmentait... ils ont fait grimper les prix. Quand ils ont vu à quel point l'inflation augmentait... ils ont encore fait grimper les prix. Enfin, lorsque les spéculateurs ont vu les prix grimper à ce point, ils les ont poussés plus haut encore.
* A présent, le pétrole est mûr pour une correction. Il y a dix ans, une once d'or achetait environ 10 barils de pétrole. Aujourd'hui, elle n'en achète plus que sept. Comme le pétrole, l'or a réagi à l'augmentation du taux d'inflation. Quant au reste, il y est probablement indifférent. Donc si l'on ajuste le prix du pétrole à l'inflation, il devrait probablement se vendre 95 $ le baril environ.
* En ce qui concerne les forces de l'offre et de la demande -- M. le Marché en sait plus long que nous. Mais M. le Marché, en dépit de toute son expérience, a tendance à en faire un peu trop. Sa réaction a probablement été excessive face à l'augmentation de la demande mondiale. Désormais, la croissance décline partout dans le monde ; là aussi, sa réaction risque d'être excessive.
* Alors où ira le prix du pétrole ? Nous aimerions pouvoir vous le dire. Il pourrait tout à fait passer sous les 100 $. Mais il ne sombrera jamais aussi bas qu'une dot.com effondrée ou un bulbe de tulipe écrasé. |
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